En mission à Chisinau

Les Sénateurs Valérie De Bue et Alain Destexhe ont passé quelques jours en Moldavie, la semaine dernière. Non pas pour faire du tourisme mais en tant qu’observateurs du premier tour de l’élection présidentielle. Retour avec la Sénatrice nivelloise sur cette mission à l’intérêt manifeste.

Valérie De Bue, vous venez de passer quelques jours en Moldavie. Quelle était la raison de ce voyage ?
J’ai, en tant que Sénatrice, eu l’opportunité de faire partie de la délégation de l’OSCE chargée de l’observation de l’élection présidentielle, du moins du premier tour de celle-ci. Mon collègue Alain Destexhe était également présent dans le même but, mais il représentait pour sa part le Conseil de l’Europe. Le Parlement européen avait, lui aussi, envoyé certains représentants pour le même travail.

Pourquoi avoir accepté ce voyage ?
Quand on m’a proposé de partir, j’ai accepté pour deux grandes raisons. J’ai d’abord estimé que cela faisait partie du travail d’élue politique, que cela risquait d’être intéressant à plus d’un titre. Parallèlement, comme cela se passait principalement pendant la semaine de Toussaint, ça n’allait pas trop perturber mes activités parlementaires en Belgique.

Concrètement, en quoi consiste ce genre de mission ?
Nous fonctionnons par équipe de deux (sans oublier l’interprète). Il s’agissait d’être présent avant l’ouverture des bureaux de vote (6 h 30) pour vérifier la procédure d’installation de celui-ci, les présences, le respect des horaires, l’accessibilité des personnes à mobilité réduite, le nombre de bulletin, si les urnes étaient bien scellées ou non, le processus d’identification des électeurs… Sur la journée, nous avons dû contrôler une dizaine de bureaux. J’étais pour ma part à Chisinau, la capitale. Alain Destexhe, lui, se trouvait plus à l’est, à proximité de la Transnistrie.

Pas question de vacances, donc.
Absolument pas : le jour des élections, par exemple, nous sommes restées sur le pont jusqu’à minuit. Car les bureaux fermaient à 21 h. Suivaient alors le dépouillement, les comptages, les vérifications d’une série de choses, le pv de clôture… ainsi que le remplissage d’une série de formulaires matérialisant nos diverses évaluations.

Ont-elles été bonnes… ou pas ?
Globalement, oui. En ce qui me concerne, je n’ai rendu que des avis positifs, sauf dans un cas où il y avait tellement de monde qui voulait voter que certains le faisaient sans se signaler aux responsables du bureau, mais aussi pour une question de confidentialité des votes qui était plutôt imparfaite.

Au-delà de l’aspect électoral, ces quelques jours vous ont-ils permis de vous faire une idée de la Moldavie ?
Oui, notamment grâce au briefing très complet que l’OSCE nous a présenté durant deux jours, avant le scrutin. Ont été abordés la situation politique et économique du pays, la situation de la presse, le contexte de ces élections (notamment le grave scandale financier de 2015 qui a vu disparaître 15% du PIB de la Moldavie)… Nous avons, en outre, pu rencontrer des candidats, quelques médias, des ONG… Plus largement, j’ai pu me rendre compte qu’il s’agissait d’un pays pas encore totalement remis du communisme, ne disposant pas d’une administration forte, subissant encore la corruption, connaissant beaucoup de pauvreté…

Ca vous a changé de la Belgique.
Ca m’a surtout rappelé que nous avons de la chance de vivre en Belgique, avec sa tradition démocratique, ses libertés qui ne sont pas remises en question, ses perspectives économiques… Bref, il faut parfois savoir relativiser.