Santé publique : réduire les risques du cancer du sein

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En séance plénière du Sénat, Viviane Teitelbaum est intervenue au nom du groupe MR sur la résolution visant à mieux prendre en compte les facteurs environnementaux dans la lutte contre le cancer du sein.

Dans son intervention, Viviane Teitelbaum a rappelé que, si certains cancers sont d’origine génétique, une grande part résulte de notre environnement et de nos modes de vie. Réduire les substances nocives, informer les citoyennes, dès la grossesse, et impliquer les professionnels de santé : tels sont les leviers d’une vraie politique de prévention.

Retrouvez ici son intervention complète

Chers Collègues,

Tout d’abord, nous remercions nos collègues du parti socialiste de nous avoir permis de nous pencher, en cette assemblée, sur un sujet de société qui touche particulièrement les femmes. Encore une fois, le sénat, par ses débats et ses auditions, a  permis une prise de conscience de chacun à l’égard d’ un défi de santé publique majeur.

La cancer du sein en Belgique, c’est 11.255 nouveaux cas dépistés chaque année (sur un total de 37.255 cancers dépistés). C’est chaque jour, 31 personnes qui reçoivent un diagnostic de cancer du sein et  chaque jour, 6 personnes qui décèdent de cette maladie.

La question centrale à nos débats en commission des affaires générales communautaires, était : est-ce que le cancer du sein est lié à une exposition à des facteurs environnementaux ?

Les auditions nous ont démontré que la réponse est oui, tout simplement parce qu’une grande partie des cancer du sein ne sont pas héréditaires. Seuls 5 à 10% de ces cancers sont liés à des mutations génétiques, ce qui signifie que l’environnement mais aussi notre mode de vie jouent un rôle important.

En effet, les expositions aux polluants chimiques, aux pesticides, aux rayonnements ionisants, à la pollution de l’air, mais aussi au tabac et à l’alcool, influencent ce risque en modifiant l’ADN et en perturbant les  hormones. Ce n’est donc pas uniquement l’agriculture souvent injustement pointée du doigt, mais une multitude de facteurs qui interagissent.

Le point positif de cette situation est que, contrairement aux facteurs génétiques, les facteurs environnementaux peuvent être réduits ou évités, même cette exposition toxique commence tôt dans nos vies. Elles concernent en outre différentes périodes sensibles de notre existence, telles que la grossesse, l’enfance et la puberté. C’est donc un enjeu de santé publique que de réduire ces expositions environnementales par des campagnes de sensibilisation d’envergure pour réduire le nombre de cas, réduire le nombre de traitements lourds et limiter l’impact sur l’économie et la sécurité sociale.

Par le dépôt de nos amendements, nous avons souhaité insister sur l’impératif d’une réduction des substances à la source, dès la fabrication et la mise sur le marché, conformément aux principaux enseignements des études disponibles.

Le caractère multiple, cumulatif et souvent invisible des expositions nuisibles pour l’être humain nécessitent des recherches scientifiques d’envergure. Cette situation invite également l’Europe à revoir les règles de traçabilité,  à évaluer et renforcer lorsque cela est nécessaire ses normes relatives à l’exposition, aux composants,  à la qualité du sol, de l’air et de l’eau.

Nous souhaitons que , dès la période pré conceptionnelle et durant la grossesse, une information complète et transparente soit de mise auprès des mères sur l’exposition aux substances nocives.

Cet accompagnement est à poursuivre  à chaque étape du développement de l’enfant, de la petite enfance à l’adolescence.

La population dans son ensemble doit d’ailleurs faire l’objet de mesures préventives pour éviter l’exposition aux substances néfastes grâce à des informations accessibles au plus grand nombre et des directives pratiques, avec également une approche par groupe cible fondée sur une communication et un accompagnement spécifiques.

Les professionnels de santé de première ligne (médecins généralistes, infirmières, pharmaciens) ont également un rôle essentiel à jouer pour réduire l’impact d’une exposition globale aux substances nocives.

Les employeurs sont aussi des acteurs de premiers plans dans le cadre de la prévention environnementale, sachant que certaines professions exposent davantage le personnel à des substances nocives, que certains vivent dans des environnements plus pollués, et que d’autres disposent d’un accès plus limité à l’information et à la prévention.

Pour répondre à tous ces défis, nous soutenons le ministre fédéral de la Santé publique dans son projet de nouveau plan cancer interfédéral en cours d’élaboration. Ce plan dotera enfin  notre pays d’une dimension conjointe avec les Régions avec une stratégie transversale claire et ambitieuse.

Chers Collègues,

Le cancer du sein ne touche pas que le corps des femmes principalement touchées. Il impacte leurs relations sociales, leur travail, leur santé mentale et leurs projets de vie . Je vous propose dès lors de profiter de cette journée pour marquer de notre soutien toutes ces femmes qui développent une grande résilience, qui trouvent un autre sens à leur vie malgré la maladie.

En l’honneur de toutes ces femmes , le sénat, invite le pays par cette résolution à faire de la prévention du cancer, notamment du cancer du sein, une grande cause nationale notamment grâce à la journée mondiale contre le cancer du 4 février, à celle du 19 octobre dédiée au cancer du sein, ainsi qu’au mois d’Octobre Rose  pour rappeler, encore et encore, les conseils de prévention, de détection et de lutte contre la stigmatisation.

Je vous propose aujourd’hui de les applaudir comme il se doit.

Merci pour votre attention