Notre résolution sur le don d’organes approuvée à l’unanimité !
Ce vendredi, lors d’une séance plénière en plein air, le Sénat a adopté à l’unanimité la résolution du groupe MR relative au don d’organes, défendue par les sénateurs Gaëtan Van Goidsenhoven, Viviane Teitelbaum et Stéphanie Thoron.
Cette résolution, issue d’un long travail en commission des affaires transversales et communautaires, formule 43 recommandations concrètes destinées au gouvernement fédéral et aux entités fédérées. L’objectif ? Mieux informer, sensibiliser et encourager le don d’organes en Belgique, afin de sauver davantage de vies.
Malgré un cadre légal fondé sur le consentement présumé, seuls 4 % des Belges sont enregistrés comme donneurs ; 1 500 personnes sont actuellement en attente d’un organe, et 77 sont décédées en 2024 faute de greffe à temps. Pour le MR, il est essentiel de rompre les tabous et d’engager une réflexion collective autour de ce geste de solidarité.
« Le Sénat a montré sa capacité à se rassembler autour d’un enjeu commun : sauver des vies et renforcer la confiance dans le don d’organes. Merci à tous les collègues pour ce travail collectif et constructif. » Stéphanie Thoron, sénatrice MR.
Découvrez ci-dessous l’intervention complète de Stéphanie Thoron, prononcée en séance plénière au nom du groupe MR.
Monsieur le Président,
Chers Collègues,
Le Sénat a encore une fois montré sa capacité à se rassembler autour d’une thématique qui concerne tous les citoyens de ce pays. C’est en effet à l’unanimité que la proposition de résolution relative aux dons d’organes que nous avons mise sur la table a été votée en commission des affaires transversales et communautaires.
Je tiens à remercier les collègues actifs dans cette commission pour les riches débats menés lors des auditions. En effet, la pertinence des interventions des personnes de terrain et la qualité des questions qui leur ont été posées, ont permis d’apporter une vrai-plus-value au texte initial avec le dépôt de 67 amendements par les différents groupes.
Ensemble, avec nos collaborateurs, nous avons abouti à pas moins de 43 recommandations concrètes à l’attention du gouvernement fédéral et des entités fédérées.
Ce sont 43 recommandations, pas nécessairement couteuses, qui encouragent le don d’organes au sein de la population, qui associent davantage les proches dans la démarche du don,
qui renforcent les équipes médicales et la recherche scientifique qui permettront d’assurer un meilleur encadrement de la phase post-transplantation, pour donner à la greffe un maximum de chances de réussite.
Le travail des services de la commission est également à souligner. Les rapports des auditions, la relecture des amendements déposés, la compilation des votes dans le tableau récapitulatif sont des atouts incontestables qui ont permis la réussite et l’aboutissement de notre travail parlementaire.
Le don d’organes, c’est encore aujourd’hui, à l’heure où nous parlons, des chiffres interpellants :
Seulement 4% de la population belge sont inscrits comme donneurs potentiels.
1500 personnes sont encore en attente d’un don dans notre pays cette année.
En 2024, 77 personnes sont mortes faute d’un organe reçu dans les temps.
Plus de 200.000 personnes ont expressément fait la démarche de refuser tout don de leurs organes dans notre pays.
Les personnes qui par contre expriment préalablement et formellement leur volonté de faire dons de leurs organes, enlève, on le sait, un poids pesant pour les familles. En effet, dans ce cas de figure, la décision vient de la personne directement concernée. Elle en prend dès lors l’entière responsabilité. Malgré cela, à l’heure actuelle, aucun médecin ne va légitimement à l’encontre de l’avis de la famille. De ce fait, ce sont 25% des donneurs potentiels qui sont perdus à cause d’ une opposition des proches. C’est beaucoup trop. Cette situation traduit l’indispensable accompagnement des familles puisque ces refus sont souvent liés à un contexte de décès brutal ou au temps trop bref nécessaire entre la mort et le prélèvement qui génère beaucoup de stress.
Il est donc essentiel de sensibiliser davantage la population à cette thématique pour augmenter les dons et ainsi répondre davantage à la demande.
Comment ? En tapant sur le clou encore et encore, grâce aux journées dédiées, par la diffusion à la télévision, en radio, sur les réseaux sociaux et dans la presse écrite, de témoignages de médecins et de patients au sujet de dons réussis.
Les communes ont un rôle à jouer à ce niveau. Un recensement sur un portail des politiques menées au niveau des pouvoirs locaux serait très utile, tout comme une sensibilisation des citoyens via leur bulletins communaux et site internet, tout comme par une formation des agents communaux des services population pour une action au quotidien et le jour des élections.
Dans le domaine médical, la nécessaire collaboration des médecins généralistes, souvent en première ligne, a été à plusieurs reprises soulevée. Elle pourrait être très efficace via la check list du dossier médical globalisé et par une meilleure communication à l’égard des familles.
Il est important aussi de reconnaitre la formation des infirmiers coordinateurs des transplantations, de renforcer la collaboration entre les hôpitaux et les équipes spécialisées dans la transplantation, tout comme de sensibiliser de manière ciblée les services d’urgence dans les hôpitaux.
Une attention particulière doit être portée sur les responsables religieux influants, les femmes et les populations allochtones, sachant que les caractéristiques des organes varient d’un sexe et d’un continent à l’autre.
Les écoles sont en outre des partenaires privilégiés pour informer les jeunes avec des supports percutants et adaptés à leur âge grâce à des moyens de communication modernes. A ce propos, les jours blancs notamment, constituent une excellente occasion de les impliquer.
Le secteur associatif actif en la matière est lui aussi un relais qui pourrait s’avérer très utile au SPF Santé publique.
La Belgique pourrait en outre développer sa collaboration avec les autres pays pour les dons croisés et développer les techniques de transplantations grâce à des programmes de recherche scientifique ambitieux et internationaux.
Autre aspect qui a retenu notre attention : le suivi post transplantation du patient pour en assurer la pleine réussite, tout comme une prévention en matière de santé publique qui joue également un rôle essentiel pour réduire le besoin d’organes. Bouger plus, manger mieux, ne pas fumer. Les campagnes sont en effet à renforcer là aussi.
Et enfin, sachant que le cout d’une transplantation varie entre 30.000 et 100.000 euros, nous sollicitons le KCE d’analyser la possibilité d’une prise en charge de certains examens complémentaires liés à l’âge avancé du patient, et d’un accompagnement multidisciplinaire, parce qu’une greffe est une épreuve qui peut s’adoucir si elle est accompagnée par un psychologue ou un kiné.
Chers collègues, le don d’organes, c’est un acte de solidarité et d’altruisme qui fait encore trop l’objet de tabous. C’est sauver des vies, réduire les listes d’attente, améliorer la qualité de vie des malades dans un cadre médical très strict et rassurant. Parce qu’un jour, n’importe qui d’entre nous pourrait avoir besoin d’une greffe : un ami, un proche ou soi-même.
Encourager et mieux encadrer le don, c’est se protéger collectivement. C’est cette dynamique transversale que le sénat a voulu insuffler et nous vous remercions de l’avoir soutenue avec nous.


