Notre sénatrice Anne-Charlotte d’Ursel est intervenue pour notre rapport d’information sur la mobilité interrégionale des travailleurs et la coopération des services publics de l’emploi. Ce rapport met en lumière les disparités de chômage entre Flandre, Wallonie et Bruxelles, tout en alertant sur les pénuries de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs.
Elle souligne que pour relever ces défis, il faut miser sur la formation, la maîtrise des langues nationales et l’adaptation des transports. Les 60 recommandations proposent de rapprocher les politiques de formation, faciliter le permis de conduire et améliorer la coopération entre institutions régionales.
Le rapport a été approuvé aujourd’hui au Sénat.
Retrouvez son intervention complète ici :
Monsieur le Président, Chers Collègues,
Au nom de mon groupe, je prends la parole pour défendre mais aussi pour vous rappeler la genèse du « Rapport d’information visant à renforcer la mobilité interrégionale de l’emploi et la coopération entre les services publics de l’emploi ».
S’inscrivant dans la continuité des différents débats sur l’efficacité du marché du travail belge, ce rapport est né d’une demande du groupe MR en février dernier. Sous la conduite de trois co-rapporteurs MM. Diallo et De Roo ainsi que moi-même, la commission des matières transversales – compétences régionales – a auditionné experts, services publics, partenaires sociaux et représentants institutionnels de toutes les Régions de notre pays.
Ce travail de longue haleine, conduit pendant près d’un an, a permis de dresser un état des lieux circonstancié et partagé, aboutissant à l’élaboration de plus de 60 recommandations, fruit d’un dialogue constant et d’une volonté sincère de coopération.
Les nombreuses auditions menées nous ont permis dégager un diagnostic sous formes de constatations à l’aide de l’éclairage d’experts de divers horizons tant du monde académique que du tissu économique de notre pays. Permettez-moi de vous en présenter un condensé
Notre pays reste marqué par des écarts persistants de taux de chômage et d’activité, non seulement entre Régions, mais aussi au sein des bassins d’emploi : des zones urbaines touchées par le chômage sont parfois voisines de zones rurales relativement dynamiques, et l’on observe même, dans un même bassin, des poches où la précarité persiste.
Les derniers chiffres montrent que la Flandre demeure autour de 3,8% de chômage, la Wallonie à 7,5%, et Bruxelles à 11,9%, alors que le taux national est de 6,2%. Si le contraste régional est patent, on observe aussi des fractures internes à chaque entité, ainsi qu’une disparité entre l’offre et la demande locale de compétences.
Une autre réalité saute aux yeux : les pénuries de main-d’œuvre sont généralisées et frappent toutes les régions. Le chevauchement des métiers en tension atteint 61% entre Flandre et Wallonie : construction, industrie, santé, transports, logistique, ce sont les mêmes secteurs qui peinent à recruter de part et d’autre de la frontière linguistique. Or, cette pénurie sera exacerbée dans les années à venir en raison du vieillissement démographique, surtout en Flandre et en Wallonie, où l’on prévoit une vague de départs à la retraite d’ici 2030 dans les métiers techniques, une tendance qui fragilisera encore davantage l’offre de main-d’œuvre qualifiée.
Les auditions menées au sein de la commission ont confirmé que les profils des candidats wallons et bruxellois restent, pour nombre d’entre eux, insuffisamment qualifiés pour intégrer le marché du travail flamand. Ce dernier requiert dans 90% des cas non seulement des compétences techniques, mais surtout une bonne connaissance du néerlandais. Le manque de formation linguistique adaptée constitue dès lors une barrière majeure à la fluidité des parcours professionnels entre nos Régions.
Il est, selon les experts, illusoire de croire que la mobilité interrégionale serait motivée par un différentiel salarial : l’évolution des salaires reste globalement homogène entre Régions. C’est bien la structuration du marché de l’emploi – pénurie des profils adéquats, qualifications techniques, maîtrise des langues – et non l’attractivité des salaires qui façonne la faible mobilité entre bassins.
Les flux de navetteurs se maintiennent à des niveaux élevés, surtout de la Wallonie ou de Bruxelles vers la Flandre, mais leur part dans l’emploi global ne progresse pas. Ces flux, s’ils s’intensifient en nombre absolu depuis 2015, n’entraînent donc pas de reconfiguration majeure du marché de l’emploi ; la rigidité territoriale persiste. Ainsi, les navetteurs wallons sont principalement concentrés dans les couloirs frontaliers tels que Hal-Vilvorde, Courtrai, Louvain, et proviennent de Nivelles, Tournai, Mouscron, Liège – principalement dans l’industrie, le nettoyage, la logistique.
Les navetteurs bruxellois, quant à eux, sont surtout présents dans la périphérie nord (Vilvorde, Machelen, Zaventem), majoritairement dans des métiers de la logistique et du commerce nécessitant une qualification moindre mais un néerlandais opérationnel ; d’autres accèdent à des métiers dans les services administratifs, les professions libérales et l’industrie. On note, par ailleurs, que leurs profils diffèrent selon la destination : vers la Flandre, ils sont plus jeunes, moins qualifiés, parfois issus de l’immigration récente, tandis que vers la Wallonie, ils occupent des fonctions plus qualifiées et techniques.
L’attractivité extérieure de la Belgique évolue, notamment dans ses flux transfrontaliers liés à l’emploi : avec recul des mouvements vers l’Allemagne, mais une croissance très rapide des flux vers le Luxembourg, principalement encouragée par la fiscalité et la demande accrue de travailleurs qualifiés. Depuis la crise sanitaire, ce mouvement tend à ralentir, mais il reste structurant pour certains métiers et bassins d’emploi.
Il a également été souligné que la définition différenciée des métiers en pénurie d’une Région à l’autre demeure un obstacle majeur à la fluidité professionnelle, même si des convergences récentes ont été amorcées entre le Forem, le VDAB et Actiris. Les obstacles ne sont pas que culturels ou linguistiques ; ils sont aussi administratifs et institutionnels, du fait de l’éclatement des compétences et de la multiplication des dispositifs régionaux, qui complexifient indûment le parcours des personnes en situation de mobilité interrégionale.
Néanmoins, la Belgique n’est pas restée inactive : la coopération entre services publics de l’emploi s’incarne depuis près de vingt ans dans des accords interrégionaux concrets. Ceux-ci permettent l’échange d’offres, l’orientation, l’organisation de formations et de cours de langues, sans oublier l’accompagnement des demandeurs d’emploi qui, souvent, entreprennent des démarches transrégionales à leurs risques et périls dans un paysage institutionnel et administratif difficilement lisible. Plusieurs chapitres du rapport détaillent également les collaborations bilatérales intensives – dans certains cas pionnières – entre Services Publics Régionaux de l’Emploi issus de chacune des entités fédérées, pierre angulaire d’un modèle coopératif qui ne demande qu’à être renforcé.
En définitive, ce diagnostic approfondi met au jour un marché du travail belge morcelé où la mobilité reste freinée par des obstacles multiples – institutionnels, administratifs, territoriaux, linguistiques mais aussi socioculturels et informationnels.
Cette réalité doit guider nos choix politiques et inspire le panel étendu de recommandations élaborées par la commission, que je vais maintenant vous exposer.
Sur le plan de la gouvernance, il est essentiel de renouveler les accords de coopération entre les services publics régionaux de l’emploi, en y incluant des objectifs opérationnels concrets en matière de mobilité, de monitoring et de rapportage régulier aux parlements régionaux. Il convient également d’optimiser l’interopérabilité technique avec une meilleure fluidité dans l’échange des données entre plateformes, y compris les offres de stages, ce qui suppose la mise en place d’une base juridique claire pour l’échange des données personnelles liées à l’accompagnement et à la formation.
La création d’équipes interrégionales et de points de contact uniques le long de la frontière linguistique, inspirés des bassins d’emploi, est recommandée, tout comme le renforcement de Synerjob pour piloter collectivement la numérisation et coordonner des projets communs.
Le rapport invite aussi à s’inspirer du projet « Compétences sans frontières » pour bâtir des collaborations sectorielles transrégionales robustes, ainsi qu’à favoriser les partenariats entre services publics et acteurs de proximité, privés et sectoriels, afin de mieux relier formation et insertion professionnelle.
Concernant les métiers en pénurie, le rapport appelle à poursuivre le rapprochement des définitions entre FOREM, VDAB et Actiris, afin d’assurer une meilleure comparabilité et une lecture commune. Il préconise d’ouvrir les dispositifs de formation accessibles pour les métiers en tension, quel que soit le lieu de résidence des candidats, ainsi que de mieux aligner les politiques de formation sur les besoins territoriaux, grâce à un partage d’information dynamique et une cartographie précise des métiers critiques .
Sur le volet de la formation et des compétences, la mise en place d’un accord de coopération intercommunautaire et interrégional devra également permettre de faciliter les formations et stages interrégionaux. Le renforcement de la formation en alternance et de l’apprentissage en entreprise figure au premier plan, ainsi que la garantie d’un soutien linguistique en début de parcours.
Le rapport insuffle également la nécessité d’harmoniser l’accès aux stages interrégionaux pour tous les publics en formation et de reconnaître automatiquement les compétences acquises.
Les horaires de formation doivent être flexibilisés, notamment par des modules du soir, et l’investissement dans les compétences numériques, à travers des plateformes d’apprentissage à distance, est considéré comme prioritaire.
La reconnaissance des diplômes et compétences est un autre chantier majeur. Le rapport plaide pour une harmonisation des titres, certifications et formations entre Régions afin que leur validité soit reconnue sur tout le territoire. L’acquisition de compétences doit pouvoir être validée par des certificats et microcertifications reconnues, et des parcours conjoints de formation qualifiante, avec des passerelles ouvertes entre Régions et Communautés, devraient, selon nous, être mis en place.
Enfin, il est crucial de faciliter l’articulation entre opérateurs de formation régionaux tels que Syntra, ou encore l’IFAPME pour orienter efficacement les candidats.
La question des langues reçoit une attention particulière parmi ces recommandations. Le rapport appelle à stimuler l’apprentissage du néerlandais dès le plus jeune âge, ainsi que du français dans l’enseignement néerlandophone, en imposant l’apprentissage d’une deuxième langue nationale dans l’enseignement obligatoire. L’offre de formations linguistiques doit être intensifiée, incluant programmes d’immersion et coaching sur le lieu de travail. Des modules adaptés aux spécificités sectorielles doivent être développés, et les employeurs doivent être aidés à calibrer leurs exigences linguistiques au plus près des besoins réels.
Enfin, pour lever les obstacles matériels, le rapport insiste sur la nécessité d’un soutien concret à la mobilité : un accompagnement élargi pour l’obtention du permis de conduire B, inspiré des dispositifs Passeport Drive ou Mobil4Job, s’impose.
L’intégration et l’amélioration des transports publics sont également essentielles, comprenant la constitution d’un réseau cohérent, l’adaptation aux horaires atypiques, la mise en place d’un ticket unique et l’harmonisation tarifaire. Le développement des infrastructures dédiées, telles que parkings et desserte des bassins d’emploi en périphérie, est crucial. Pour cela, l’association des employeurs et la mutualisation des dispositifs de mobilité, comme le covoiturage ou les plans d’accès pour les industries isolées, doivent être encouragée.
Monsieur le Président, Chers collègues, je tiens à remercier, une fois encore, les co-rapporteurs, Messieurs Diallo et De Roo pour leur excellente collaboration. De plus, je tiens à rappeler que ce travail important et essentiel n’aurait pas pu être réalisé sans le concours des services du Sénat tant au sein de la commission que les services de traduction et d’interprétation. Je tiens à les remercier tout particulièrement.
Ces derniers mois de travail sur cette thématique se sont révélés des plus éclairants sur la situation de notre pays. J’appelle l’ensemble de mes collègues à soutenir l’adoption de ce document car il est le reflet d’un diagnostic partagé de l’état du marché par de nombreux experts issus de multiples horizons. Ce document, et tout particulièrement ses recommandations, donnera les moyens et les pistes nécessaires afin d’agir de manière solidaire et cohérente pour placer la mobilité professionnelle au cœur de toutes les politiques de développement économique et de relance afin d’en faire un véritable atout. Adopter ce rapport constitue également, pour notre groupe, le choix d’une Belgique du plein emploi et de la coopération institutionnelle plutôt que de la fragmentation et de la défiance.
Je vous remercie.
https://www.mrsenat.be/wp-content/uploads/2023/09/Logo-senat.jpg00Olaf Vanhttps://www.mrsenat.be/wp-content/uploads/2023/09/Logo-senat.jpgOlaf Van2025-11-21 16:05:482025-11-21 16:05:48Anne-Charlotte d’Ursel : Approbation du rapport d'information sur la mobilité professionnelle
Ce mercredi, Valérie De Bue, Vice-Présidente du Sénat, a ouvert la rencontre entre les mouvements Women Wage Peace et Women of the Sun au Parlement fédéral. Ensemble, ces femmes, israéliennes et palestiniennes, incarnent le courage de tendre la main et de s’unir pour la paix, la dignité et la justice, malgré les épreuves et les douleurs du conflit.
Par sa présence et ses mots, Valérie De Bue a rappelé l’importance de soutenir et d’amplifier la voix de celles qui, chaque jour, choisissent la lumière de l’espoir plutôt que l’ombre de la violence. Son intervention souligne aussi le rôle essentiel de la Belgique et de l’Europe : encourager toutes les initiatives de dialogue qui ouvrent des chemins de coexistence.
Retrouvez ci-dessous l’intégralité de son discours qui invite chacune et chacun à devenir, à son tour, ambassadeur de l’espoir
Women Wage Peace et Women of the Sun Mme Valérie De Bue, Vice-Présidente du Sénat
Mesdames, Messieurs, chères amies,
C’est pour moi un honneur profond d’ouvrir cette rencontre, organisée par Women Wage Peace et Women of the Sun, deux mouvements qui portent une lumière rare dans l’une des régions du monde où l’ombre semble parfois la plus épaisse.
Ces associations rassemblent des femmes israéliennes et palestiniennes qui, malgré la douleur, malgré les pertes, malgré l’inquiétude quotidienne, ont choisi de donner une voix à l’espérance, à la coexistence et à l’avenir de leurs enfants.
Nous les accueillons aujourd’hui en Belgique, alors qu’elles sont à Bruxelles pour un évènement au Parlement européen. Leur présence parmi nous n’est pas seulement symbolique. Elle est un acte de courage. Elle nous rappelle que, même dans la tourmente, il existe des femmes déterminées à ouvrir des chemins que d’autres n’osent plus emprunter.
Le conflit israélo-palestinien dévaste depuis trop longtemps des familles entières. Mais ce sont les femmes et les enfants qui, bien souvent, en subissent les conséquences les plus cruelles : les mères qui enterrent leurs fils, les fillettes qui grandissent dans la peur, les femmes qui tentent de bâtir une normalité dans l’anormal, celles dont la voix est réduite au silence par la violence, la perte ou l’exil.
Les femmes ici présentes, israéliennes et palestiniennes, pourraient être séparées par la douleur, par la colère ou par les récits que leurs sociétés respectives leur transmettent. Et pourtant, elles ont choisi de se tendre la main. Elles ont choisi de se dire : notre humanité commune est plus forte que les murs qui nous séparent.
C’est avec cette conviction, chèrement acquise et douloureusement portée, que nous sommes réunis pour écouter aujourd’hui.
Au cœur de cette rencontre se trouve L’appel des mères. Ce texte n’est pas un document politique parmi d’autres. Il est l’expression d’un courage qui refuse la fatalité, d’une ferme intention de ne jamais laisser taire la voix de la paix, même si les nuages de poussière de la violence semblent tout recouvrir.
C’est un appel aux dirigeants de faire preuve de courage et de vision, c’est un appel aux peuples des deux nations, palestinienne et israélienne et c’est un appel aux femmes du monde entier et aux personnes de paix dans le monde entier : un appel pour un avenir de paix et de sécurité, de prospérité, de dignité, de justice et de liberté.
Mesdames, Messieurs, si nous sommes réunis ici, c’est parce que la paix ne peut être portée uniquement par celles et ceux qui vivent sous les bombes ou sous l’occupation. Elle doit être soutenue, encouragée, relayée. La Belgique et l’Europe ont un rôle essentiel : celui d’amplifier les voix civiles, de soutenir les initiatives de dialogue, de refuser toute logique qui exclut, déshumanise ou rend impossible la coexistence.
Et ce rôle est aussi celui des femmes politiques présentes ici aujourd’hui, de tous les partis démocratiques et de tous les niveaux de pouvoir. C’est aussi celui des associations féministes, qui ont toujours, partout dans le monde, joué un rôle essentiel dans les luttes pour la dignité humaine.
En ajoutant nos noms au leur, nous ajoutons nos voix à la leur. Et ensemble, nous faisons exister une force morale que personne ne pourra ignorer.
Que cette soirée soit un moment de rencontre, d’écoute et de solidarité.
Qu’elle soit aussi un point de départ : celui d’une mobilisation durable pour soutenir celles qui, chaque jour, affrontent la douleur mais choisissent pourtant la paix.
Merci. Merci aux femmes de Women Wage Peace. Merci aux femmes de Women of the Sun. Merci à vous toutes et tous d’être ici pour construire, ensemble, une lueur d’avenir.
https://www.mrsenat.be/wp-content/uploads/2025/11/Valerie-women-of-peace.jpg10801080Olaf Vanhttps://www.mrsenat.be/wp-content/uploads/2023/09/Logo-senat.jpgOlaf Van2025-11-19 20:26:002025-11-19 21:36:49Mothers' Call : Valérie De Bue accueille des artisanes de la paix au Sénat
Boualem Sansal est libre ! Dans le texte ci-dessous, notre sénatrice Viviane Teitelbaum raconte ce combat, partage son engagement et explique pourquoi ce dossier va bien au-delà d’un seul homme :
Un an, après son arrestation, l’écrivain Boualem Sansal est libre ! C’est un soulagement.
Arrêté à Alger, ce romancier a été privé de liberté, pour avoir exercé son droit le plus élémentaire : celui de s’exprimer librement. Tout au long de sa vie, Boualem Sansal a incarné le courage de la vérité : celui de dénoncer la censure, l’obscurantisme et les dérives totalitaires, qu’elles soient religieuses ou politiques.
Ses romans et essais, traduits dans de nombreuses langues, ont alerté le monde sur les dangers de la dérive totalitaire de l’islamisme, tout en appelant à la réconciliation et au dialogue entre les peuples.
Boualem Sansal, par son œuvre, a défendu la démocratie, la laïcité, les droits humains, le féminisme, la lutte contre l’antisémitisme, l’homophobie, et toutes les formes de haine. Il a défendu une conception exigeante et universelle de la dignité humaine.
Au Sénat comme ailleurs nous nous sommes élevés contre sa détention arbitraire et honteuse. Le 3 novembre la commission institutionnelle a voté à l’unanimité une résolution exigeant sa libération immédiate.
Aujourd’hui il est libre. Nous en sommes heureux.
Au-delà de son cas, le sort de Boualem Sansal est emblématique d’une répression plus large qui vise la liberté d’expression, la presse, les droits des femmes et les militantes et militants.
Ces reculs des libertés, où qu’ils aient lieu ne peuvent être ignorés.
Je suis fière d’avoir porté cette exigence de liberté et réaffirmé notre solidarité et les valeurs universelles de la liberté sans compromission.
Je l’ai dit en commission, le droit à la parole libre et à la création ne doit jamais être limité par la peur ni par l’injustice.
https://www.mrsenat.be/wp-content/uploads/2025/10/Boualem-Sansal-est-libre-.png10811080Olaf Vanhttps://www.mrsenat.be/wp-content/uploads/2023/09/Logo-senat.jpgOlaf Van2025-11-13 09:09:342025-11-13 09:26:12Boualem Sansal est libre !
À l’initiative de la sénatrice Anne-Charlotte d’Ursel, notre groupe MR au Sénat dépose une proposition de résolution visant à une prise en charge spécialisée pour les patients atteints de Covid long.
Selon les dernières données de Sciensano, près de 1 Belge sur 25 âgé de plus de 15 ans souffre de symptômes du Covid long, avec plus de 200 manifestations identifiées : fatigue chronique, douleurs, troubles cognitifs, anxiété, etc. La maladie impacte lourdement la vie sociale et professionnelle de milliers de personnes.
En Belgique, il n’existe aucun centre spécialisé dédié à la prise en charge du Covid long, contrairement à d’autres pays européens comme les Pays-Bas. Les patients sont souvent confrontés à l’absence d’un parcours de soins coordonné.
Notre proposition de résolution vise à :
Reconnaître le Covid long comme un enjeu majeur de santé publique.
Créer des parcours de soins multidisciplinaires et personnalisés, intégrant des professionnels formés, une meilleure coordination et des outils d’information fiables.
Renforcer le soutien à la recherche scientifique et l’accès aux traitements innovants.
Améliorer la collecte de données.
Informer et accompagner les patients, en particulier les femmes, public plus à risque, et les jeunes.
https://www.mrsenat.be/wp-content/uploads/2025/10/anne-charlotte.jpg10801080Olaf Vanhttps://www.mrsenat.be/wp-content/uploads/2023/09/Logo-senat.jpgOlaf Van2025-10-29 09:27:242025-11-13 09:27:46Anne-Charlotte d’Ursel s’engage pour les personnes touchées par le Covid long
Lors de la séance plénière du 20 juin 2025, notre sénatrice Valérie De Bue est intervenue pour défendre une proposition de loi interprétative visant à clarifier les articles 1er, 3, 8, 10 et 13 de la loi du 3 mai 1880 sur les enquêtes parlementaires.
Cette proposition fait suite à un arrêt de la cour d’appel de Bruxelles qui remettait en cause le caractère confidentiel des travaux réalisés à huis clos par les commissions d’enquête. Pour Valérie De Bue, il était essentiel de répondre à cette insécurité juridique par un texte clair, respectueux de l’intention initiale du législateur et conforme aux avis du Conseil d’État.
La proposition adoptée précise qu’aucune pièce ni procès-verbal relatif à une réunion non publique d’une commission d’enquête ne peut être saisi par un juge, à moins que la commission elle-même ait levé l’obligation de secret. Cette précision n’est pas un privilège, mais une garantie du bon fonctionnement démocratique. En maintenant le contrôle du secret entre les mains du Parlement, la loi protège la séparation des pouvoirs, mais aussi la parole donnée aux témoins. « Ce texte ne nie pas la justice. Il réaffirme simplement que le judiciaire et le législatif ont des sphères d’autonomie qui ne doivent pas se confondre », a souligné Valérie De Bue dans son intervention.
L’enjeu est avant tout institutionnel. Lorsqu’un témoin accepte de parler à huis clos, c’est souvent à condition que ses propos restent confidentiels. Rompre cet engagement après coup reviendrait à fragiliser la parole du Parlement et à remettre en cause la confiance dans l’institution. C’est pourquoi le groupe MR a soutenu sans réserve cette proposition de loi interprétative, qui ne modifie pas le droit, mais en réaffirme la portée avec clarté et responsabilité.
Le texte voté préserve l’équilibre entre efficacité parlementaire, respect du secret et sécurité juridique.
Lire l’intervention complète de Valérie De Bue
Monsieur le Président,
Chers collègues,
Nous examinons aujourd’hui un texte juridiquement modeste mais institutionnellement fondamental. Cette proposition de loi interprétative vise à rétablir la clarté nécessaire sur un point central du droit parlementaire : le respect du secret des commissions d’enquête lorsqu’elles siègent à huis clos.
L’objet est clair : rappeler que, conformément à la volonté du législateur initial, aucun juge ne peut saisir les documents d’une commission d’enquête tenue à huis clos, sauf si celle-ci a décidé de lever le secret. Il ne s’agit pas d’un privilège, mais d’un principe de séparation des pouvoirs, destiné à protéger la capacité du Parlement à exercer pleinement ses missions de contrôle et d’évaluation politique.
Cette nécessité s’est imposée à la suite d’un arrêt de la chambre des mises en accusation de la cour d’appel de Bruxelles, rendu en 2022, qui affirmait que l’article 1er de la loi de 1880 ne faisait pas obstacle à la saisie judiciaire de procès-verbaux confidentiels. Une lecture qui, à notre sens, trahit à la fois la lettre et l’esprit de la loi.
En réponse, nous proposons une clarification interprétative, conforme à la Constitution et à l’intention du législateur initial, comme l’a reconnu le Conseil d’État. Il s’agit de garantir la souveraineté des commissions d’enquête : elles seules peuvent décider, en toute indépendance, de lever ou non le secret sur leurs travaux. Ce pouvoir cesse dès leur dissolution.
Mais au-delà de la technique juridique, ce débat touche à la confiance que les citoyens, et en particulier les témoins, peuvent avoir dans nos institutions. Lorsqu’un témoin est entendu à huis clos, il le fait souvent avec la garantie expresse que ses propos resteront confidentiels. Cette promesse engage le Parlement.
Et comme l’ont souligné le Conseil d’État et l’Avocat général auprès de la Cour de cassation dans leurs avis ce secret constitue un contrat moral et institutionnel fondamental. Il ne peut être trahi après coup, sans porter atteinte à la crédibilité même du travail parlementaire.
Selon ces avis, tout mécanisme de déclassification des documents confidentiels ne peut s’envisager que pour l’avenir, à condition que les témoins soient informés à l’avance. Vouloir imposer rétroactivement une levée du secret reviendrait à briser la parole donnée. Et une institution qui ne tient pas ses engagements est une institution qui se fragilise.
Enfin, cette proposition n’empêche pas, bien au contraire, une réflexion approfondie sur l’avenir des archives parlementaires. Il nous reviendra donc, peut-être en concertation avec la Chambre, de mener à terme une réflexion spécifique sur le devenir des archives des commissions d’enquête parlementaires passées dans une optique de transparence historique. Mais dans un cadre juridiquement clair, historiquement rigoureux et institutionnellement responsable.
Ce texte que nous nous apprêtons à voter vise donc à préserver un équilibre fondamental entre transparence et efficacité, entre contrôle démocratique et sécurité juridique.
Ce texte ne nie pas la justice, mais il réaffirme que le judiciaire et le législatif ont des sphères d’autonomie qui ne doivent pas se confondre. Il consolide notre cadre légal sans le modifier, en garantissant que notre parole, celle du Parlement, reste fiable et digne de confiance.
Pour toutes ces raisons, le groupe MR soutient pleinement cette initiative. Nous voterons en faveur de cette proposition de loi interprétative.
Je vous remercie.
https://www.mrsenat.be/wp-content/uploads/2025/06/valerie.jpg10801080Olaf Vanhttps://www.mrsenat.be/wp-content/uploads/2023/09/Logo-senat.jpgOlaf Van2025-06-20 15:09:042025-06-20 15:22:22Valérie De Bue défend la protection du secret des commissions d’enquête parlementaire
Ce vendredi 23 mai, le Sénat a adopté à l’unanimité la révision de l’article 151, §6, de la Constitution. Cette modification historique permet enfin l’évaluation des chefs de corps dans la magistrature, répondant à une attente de longue date des acteurs du monde judiciaire et du grand public.
Cette réforme vient combler un vide juridique persistant depuis l’annulation partielle de la loi de 2006 par la Cour constitutionnelle. Elle était redevenue centrale dans le débat public à la suite de l’affaire Julie Van Espen, dont l’assassin, connu pour des faits de violence, aurait dû se trouver en prison au moment des faits. Une enquête parlementaire avait notamment mis en lumière l’absence de mécanismes d’évaluation des chefs de corps, pourtant responsables du bon suivi des dossiers pénaux.
Comme l’exige la procédure lors d’une révision constitutionnelle, le gouvernement fédéral était représenté par Mathieu Bihet, ministre de l’Énergie.
La séance a été présidée par Valérie De Bue, première vice-présidente du Sénat, en l’absence du président actuellement en déplacement à l’étranger.
Lors de la séance, Gaëtan Van Goidsenhoven, chef de groupe, a pris la parole pour réaffirmer le soutien sans équivoque du groupe MR à cette réforme : « Cette révision permet d’aligner les responsabilités managériales dans le pouvoir judiciaire sur les standards de toute haute fonction publique. Il s’agit d’une avancée équilibrée, raisonnable et attendue, qui renforce la confiance dans nos institutions sans remettre en cause l’indépendance du pouvoir judiciaire. »
L’intervention complète de Gaëtan Van Goidsenhoven est disponible ci-dessous :
Madame la Présidente,
Monsieur le Ministre,
Chers collègues,
Le groupe MR votera résolument en faveur de cette révision de l’article 151, §6, de la Constitution, qui vise à permettre l’évaluation des chefs de corps de la magistrature.
Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’une réforme nécessaire, raisonnable et attendue depuis longtemps. Elle corrige une incohérence institutionnelle, renforce la gouvernance judiciaire et répond aux attentes légitimes en matière de transparence et de responsabilité.
Aujourd’hui, seuls les magistrats du siège et du parquet – à l’exception des chefs de corps – sont évalués. Ce traitement différencié n’a pas de justification solide, ni sur le plan juridique, ni sur le plan institutionnel. Il est d’autant plus difficile à défendre dans un système démocratique où l’exemplarité est exigée à tous les niveaux de l’autorité publique.
Soyons clairs : cette réforme ne remet nullement en cause l’indépendance du pouvoir judiciaire. Elle ne vise pas les décisions juridictionnelles, mais bien l’exercice de responsabilités managériales. Être à la tête d’une juridiction ou d’un parquet implique des fonctions de coordination, de gestion des ressources humaines, d’organisation du travail, d’animation d’équipe. Ces responsabilités, comme dans toute haute fonction publique, doivent faire l’objet d’un suivi, d’un accompagnement, d’une évaluation.
Ce texte offre enfin une base constitutionnelle claire pour légiférer sur ce point. Il vient combler un vide juridique persistant depuis l’annulation partielle de la loi de 2006 par la Cour constitutionnelle, faute de fondement constitutionnel suffisant.
Cette révision est aussi porteuse d’améliorations concrètes. L’évaluation permettra de soutenir plus efficacement la formation continue, et d’objectiver les décisions liées au renouvellement des mandats. Elle contribuera, à terme, à un meilleur fonctionnement de notre justice.
Nous saluons également le large consensus politique qui s’est construit autour de ce projet. L’adoption à l’unanimité en séance plénière à la Chambre et Commission au Sénat ce lundi témoigne d’un vrai sens des responsabilités.
Enfin, il est important de souligner que cette réforme est soutenue par les plus hautes autorités judiciaires du pays : le Conseil supérieur de la Justice, le Collège des procureurs généraux, le Collège des cours et tribunaux. Ce soutien démontre que cette réforme n’est pas imposée de l’extérieur, mais répond à une demande interne du corps judiciaire lui-même.
Dans un contexte où la confiance dans les institutions est fragile, cette réforme va dans le bon sens. Elle rappelle que l’indépendance judiciaire va de pair avec l’exigence de responsabilité.
Pour toutes ces raisons, le groupe MR soutient pleinement cette initiative. Nous voterons en faveur de cette révision constitutionnelle.
Je vous remercie.
https://www.mrsenat.be/wp-content/uploads/2025/05/499470506_1135187705315924_7214147350006764103_n-e1748030681648.jpg9881080Olaf Vanhttps://www.mrsenat.be/wp-content/uploads/2023/09/Logo-senat.jpgOlaf Van2025-05-23 22:04:592025-05-23 22:06:22Le Sénat adopte à l’unanimité la révision de l’article 151 §6 de la Constitution : une avancée pour la transparence judiciair
À l’initiative du groupe MR au Sénat, une proposition de résolution relative à la prise en charge de la maladie d’Alzheimer et des autres maladies apparentées a été adoptée. Un texte fort, attendu par les familles, les associations et les professionnels de santé, face à un défi sanitaire et humain croissant.
Aujourd’hui, près de 200.000 belges sont atteints de démence, dont 140.000 de la maladie d’Alzheimer. Et ces chiffres pourraient doubler d’ici 2070. Pourtant, il n’existe toujours aucune coordination efficace entre les niveaux de pouvoir, comme le dénonce régulièrement la Ligue Alzheimer.
La résolution portée par l’ensemble des sénateurs MR réclame l’élaboration urgente d’un plan national interfédéral Alzheimer, afin de structurer les soins, soutenir les aidants proches, former les soignants, renforcer la prévention et intégrer les nouvelles technologies.
« Investir dans Alzheimer, ce n’est pas une dépense. C’est un choix de société. C’est dire que nous ne laisserons personne sur le bord du chemin. C’est croire en une société humaine et digne. Ce combat, il est plus que temps de le mener pour le gagner » souligne Gaëtan Van Goidsenhoven.
« Ce combat est aussi un combat des femmes : deux tiers des aidants proches sont des femmes, souvent isolées, parfois en situation précaire. », rappelle Viviane Teitelbaum.
« Nous avons voulu un texte ambitieux, mais pragmatique, fondé sur les réalités de terrain exprimées par les patients, les familles et les soignants eux-mêmes », insiste Stéphanie Thoron, très investie dans les auditions parlementaires.
Le texte voté en commission a été enrichi par plus de 120 amendements, dont 32 déposés à l’initiative du groupe MR, intégrant les apports des auditions, des experts et du monde associatif.
Le Groupe MR appelle désormais les gouvernements fédéral et fédérés à s’emparer de cette base de travail transpartisane pour passer aux actes.
Retrouvez ici le discours complet de Gaëtan Van Goidsenhoven
Monsieur le Président,
Chers Collègues,
Je me tiens devant vous aujourd’hui pour évoquer au sein de notre hémicycle un fléau silencieux lié à un type de pathologies qui touche près de 192.000 personnes en Belgique et des millions à travers le monde.
En effet, les formes de démence augmentent significativement depuis plusieurs années. En 2050, le nombre de malades dans le monde pourrait s’élever à 152,8 millions, soit une augmentation de 166% depuis 2019. En cause, essentiellement le vieillissement de la population auquel notre pays n’échappe pas. L’âge est en effet le principal facteur. Il n’est pas le seul, puisque les facteurs environnementaux, socioculturels et génétiques font partie des éléments mis en cause.
Derrière chaque diagnostic, après souvent un long parcours du combattant pour qu’il soit confirmé, il y a une femme, un homme, un parent, une famille, un collègue, un voisin ou un ami. Il y a des souvenirs qui s’effacent, des noms qui s’oublient, des repères qui se brouillent, des familles qui s’inquiètent, s’épuisent, et trop souvent encore, se retrouvent seules.
Aujourd’hui, nous devons regarder cette réalité en face : notre système de santé n’est pas suffisamment armé et à la hauteur du défi que représente la maladie d’Alzheimer. Le manque de moyens, le retard dans le diagnostic lié à l’hétérogénéité de la maladie, l’errance médicale des patients avant de mettre le doigt sur la maladie, les structures d’accueil inadaptées, le manque de soutien aux aidants proches, le coût social énorme lié à la dépendance du malade à l’égard de ses proches, l’impact sur les budgets des soins de santé, le manque de gériatres et de neuropsychologues , leur manque de formation adaptée, la pression de mise sur le personnel soignant dans les maisons de repos, la douche froide que représente souvent l’annonce de la maladie, la dispersion des sources d’information – tout cela doit changer. Et cela peut changer, si nous unissons nos forces, si nous en faisons une priorité concertée à tous les niveaux de pouvoir.
C’est pourquoi, notre groupe politique a décidé de poser le débat dans notre haute assemblée en faveur d’une stratégie globale associant tous les acteurs politiques et de terrain concernés, parce que c’est ici au sénat que ce genre de débat de société important a toute sa place.
Je remercie à ce propos mes collègues de la commission des affaires transversales-matières communautaires pour les riches débats que nous avons eus, pour tous ces amendements qui améliorent le texte afin qu’il colle encore davantage aux réalités de terrain du secteur médical, mais aussi à celles des personnes malades et de leur famille comme cela nous a été exprimé à de multiples reprises lors des auditions.
Il ressort, sans aucun doute, des interventions des personnes entendues en commission, un consensus très large en faveur d’un appel à la mobilisation générale pour un plan national relatif à la prise en charge de la maladie d’Alzheimer et autres maladies apparentées.
L’objectif serait bien sûr d’y associer les associations représentatives de patients et des aidants proches, les soignants, les services de soins à domicile, les représentants des maisons de repos, tout qui est de près concerné par la thématique.
Evidemment, il s’agit d’élaborer des pistes concrètes de travail à l’attention des différents gouvernements. Un tel projet a un coût, on le sait. Il faudra se mettre tous autour de la table, avec détermination et conviction au-delà des traditionnels clivages politiques, pour discuter, évaluer, trancher, prioriser et construire cette stratégie nationale.
Bien sûr il faudra une estimation de l’impact financier des mesures proposées, en concertation avec le KCE pour définir un plan certes ambitieux, mais surtout réaliste dans un cadre budgétaire strict et parfaitement maîtrisé.
Bien sûr, il faudra aussi un calendrier de mise en œuvre pour lisser les dépenses avec des échéances claires pour éviter de perdre le cap que nous nous serons fixé.
Il nous faut agir maintenant, sans attendre.
Que nous disent les médecins, les associations, les familles ?
Nous pouvons mieux faire :
Il faut un registre des cas d’Alzheimer comme pour le cancer.
Il faut un cadastre, pourquoi pas avec l’aide des provinces, pour évaluer ce qui existe déjà comme structures ou aides, détecter les doublons, où sont les manques et assurer ainsi une juste répartition des ressources pour assurer à chacun une prise en charge adéquate.
Il faut un accompagnement des aidants proches sachant que 70% des personnes atteintes vivent à leur domicile. Cette piste peut avoir un impact significatif et positif sur la sécurité sociale. Les aidants familiaux sont les héros de l’ombre. Ils ont besoin de répit, de soutien psychologique, de formation, et d’une reconnaissance concrète de leur rôle. Nous devons tout faire pour leur offrir des droits, et non simplement des mots.
Il faut soutenir davantage la recherche scientifique pour comprendre la maladie et éviter qu’elle ne progresse.
Il faut sensibiliser et réorienter la formation des acteurs de la santé au sein de nos universités qui n’ont actuellement que quelques heures de cours sur les formes de démence mais également tout au long de leur carrière, que ce soit dans le secteur médical ou paramédical.
Il faut axer les politiques de prévention existantes en faveur de l’activité physique, l’alimentation, l’activité cognitive et sociale.
Il faut remettre le médecin généraliste au centre du processus aidé par des médecins référents ou des case managers spécialisés comme en Flandre.
Il faut revoir la présentation des dossiers médicaux pour une perception plus humaine des résidents en maison de repos.
Il faut réduire la prescription excessive des médicaments dans les maisons de repos pour maintenir le plus longtemps possible le droit à l’autodétermination et l’autonomie du patient. Il faut également repenser nos maison de repos pour en faire des lieux de vie conviviaux qui rappellent la maison où on a vécu pour garder les repères qui rassure, où on oublie la blouse blanche, où le dialogue avec le patient reprend ses droits pour qu’il reste acteur de sa destinée, et où on utilise un vocabulaire plus positif par rapport aux situations de démence pour éviter toute déshumanisation ou de surfer sur la peur.
Il faut des parcours de soins coordonnés.
Il faut explorer les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle pour le dépistage, l’accompagnement et la guérison.
Il faut que les informations relatives à la maladie soient recentrées en un seul endroit pour en faciliter un accès simple et complet par tout un chacun.
Il faut sensibiliser, en collaboration avec le secteur associatif, les communes, les musées, les banques, les coiffeurs, les commerçants, les zones de police, les avocats en faveur d’une meilleure inclusion des patients atteints de démence, tout comme les employeurs en faveur d’une politique de l’emploi adaptée à ces situations particulières.
Il faut enfin oser discuter et analyser la possibilité d’étendre la déclaration anticipée de la loi sur l’euthanasie aux personnes atteintes de démence de manière irréversible.
Il y a tant de choses à faire, et pas nécessairement coûteuses. Il ne faut pas nécessairement faire plus, il faut surtout faire mieux et ensemble ! C’est là l’essentiel de notre message aujourd’hui.
Chers Collègues, investir dans la prise en charge d’Alzheimer, ce n’est pas une dépense, c’est un choix de société. C’est affirmer que nous ne laisserons personne sur le bord du chemin. C’est croire en une société solidaire, humaine et digne. Je vous le dis avec conviction : le combat contre Alzheimer est un combat qu’il est plus que temps de mener pour le gagner.
Je terminerai mon intervention par un merci tout particulier adressé à tous les professionnels médicaux et paramédicaux investis auprès des personnes atteintes de démence, mais aussi à toutes les associations Ligue Alzheimer et autres qui tentent de faire bouger les choses depuis des années. Je tire enfin et surtout mon chapeau à tous les aidants proches pour la force et le courage qu’ils déploient au quotidien. Merci pour votre attention.
https://www.mrsenat.be/wp-content/uploads/2025/04/Copie-de-Copie-de-Copie-de-Commission-des-affaires-institutionnelles-1080-x-1350-px.png10801080Olaf Vanhttps://www.mrsenat.be/wp-content/uploads/2023/09/Logo-senat.jpgOlaf Van2025-04-25 18:31:322025-04-25 18:32:13Alzheimer : grâce au MR, un plan national enfin adopté !
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Ce vendredi 28 mars, à l’occasion du triste anniversaire des trois ans de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, le groupe MR au Sénat a fait adopter une proposition de résolution affirmant son soutien indéfectible à l’Ukraine et à sa population.
Ce vendredi 28 mars, à l’occasion du triste anniversaire des 3 ans de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, le groupe MR au Sénat a fait adopter une proposition de résolution marquant son soutien indéfectible à l’Ukraine et à sa population. Plus de naïveté. Plus de demi-mesure. L’Europe doit assumer un rapport de force avec la Russie.
Portée par notre chef de groupe Gaëtan Van Goidsenhoven et nos sénateurs Valérie De Bue et Jean-Paul Wahl, cette résolution insiste sur la nécessité de renforcer l’aide militaire, économique et humanitaire à l’Ukraine, d’intensifier les sanctions contre la Russie et ses alliés, et de garantir une réponse diplomatique forte pour faire face aux menaces qui pèsent sur la sécurité européenne.
« La guerre en Ukraine n’est pas une guerre lointaine. C’est une guerre contre nos valeurs. Elle nous impose de sortir d’un confort géopolitique illusoire : la paix durable passe par la victoire ukrainienne » déclare Gaëtan Van Goidsenhoven.
Voici quelques chiffres qui ne traduisent pas seulement l’ampleur du conflit, mais aussi le basculement historique d’une Europe qui refuse de subir :
Depuis le début de l’invasion russe, plus de 11 000 civils ont perdu la vie, tandis que 8 millions d’Ukrainiens ont été contraints de fuir leur pays, dont une partie vers la Belgique.
L’économie ukrainienne a été frappée de plein fouet, avec une chute brutale de 30 % de son PIB dès 2022.
Face à cette tragédie, l’Union européenne s’est mobilisée de manière inédite : 134,5 milliards d’euros ont été débloqués pour l’aide humanitaire, tandis que 43 milliards d’euros ont été consacrés à l’effort militaire, renforçant notamment l’interopérabilité avec les forces de l’OTAN.
Pour répondre à l’urgence, 500 millions d’euros ont été investis via le programme ASAP afin d’accélérer la production de munitions en Europe. Parallèlement, 15 trains de sanctions ont été imposés à la Russie, afin d’affaiblir ses capacités économiques et militaires.
Le Président du Mouvement réformateur Georges-Louis Bouchez l’affirmait à l’issue du sommet de la Démocratie : « L’Europe ne peut plus être la passagère naïve du monde d’hier. Elle doit se doter d’une véritable puissance stratégique ».
Notre résolution condamne explicitement les crimes de guerre, les attaques contre les civils et les infrastructures, ainsi que l’utilisation du viol comme arme de guerre, tout en rappelant l’urgence de documenter ces crimes et de poursuivre leurs auteurs, notamment à travers la Cour pénale internationale et un tribunal spécial pour le crime d’agression.
« Nous ne pouvons fermer les yeux sur les violences sexuelles massives, les déportations forcées, et les violations systématiques des droits humains. Les femmes, premières victimes invisibles de ce conflit, doivent être au cœur des préoccupations de la justice internationale. » souligne Valérie De Bue.
Avec cette résolution, le MR demande au gouvernement fédéral de :
Renforcer l’aide militaire, économique et humanitaire à l’Ukraine ;
Intensifier les sanctions contre la Russie et ses soutiens ;
Renforcer la cybersécurité face aux ingérences et intox russes ;
Faire de l’Ukraine un acteur central de toute négociation de paix ;
Stimuler la production d’armement européenne pour garantir notre autonomie stratégique ;
Renforcer la coopération militaire au sein de l’UE et de l’OTAN.
Le MR, plus que jamais, assume son rôle de force progressiste et responsable, en Belgique comme en Europe.
Retrouvez ici l’intervention complète de Gaëtan Van Goidsenhoven
Monsieur le Président,
Chers collègues,
Trois ans.
Trois ans que l’Ukraine résiste, seule en première ligne, contre l’une des armées les plus brutales de notre époque. Trois ans que les Ukrainiens paient de leur sang et de leur liberté. Trois ans que nous regardons la Russie détruire des villes entières, assassiner des civils, violer des femmes, kidnapper des enfants. Trois ans que nous disons : « Nous soutenons l’Ukraine. »
Mais aujourd’hui, il faut aller plus loin. Parce que si nous soutenons vraiment l’Ukraine, alors nous devons l’aider à gagner. Si nous soutenons vraiment l’Ukraine, alors nous devons dire clairement que tout accord de paix qui légitimerait l’agression de Moscou est inacceptable. Si nous soutenons vraiment l’Ukraine, alors nous devons cesser de mesurer notre engagement à l’aune de notre lassitude.
Aujourd’hui, nous ne sommes pas ici pour commenter l’histoire, mais pour peser sur son cours. Aujourd’hui, nous avons un choix à faire : céder aux voix du renoncement, aux sirènes de la résignation, ou affirmer, avec force et clarté, que nous ne trahirons ni l’Ukraine, ni l’Europe, ni nous-mêmes.
Ce conflit est un test. Un test pour nous, Européens. Un test pour notre détermination, pour notre solidarité, pour notre capacité à comprendre que ce qui se joue là-bas décidera de notre avenir ici.
Car ne nous y trompons pas : ce n’est pas seulement l’Ukraine que la Russie cherche à soumettre. C’est l’Europe tout entière qu’elle veut voir s’effondrer sous le poids de ses divisions et de sa faiblesse.
Soyons clairs : l’agression russe n’est pas une guerre comme une autre. Ce n’est pas un conflit entre États, une dispute de frontières. C’est une tentative brutale et méthodique de démantèlement d’un État souverain. C’est une déclaration de guerre aux principes mêmes qui fondent l’Europe et l’ordre international. Laisser Poutine gagner, c’est valider la loi du plus fort. C’est dire à chaque dictateur qu’il peut envahir son voisin s’il a assez de chars et de missiles. C’est condamner l’Europe à l’instabilité, à l’insécurité et, tôt ou tard, à la guerre.
Chers collègues,
Nous nous sommes trop souvent raconté des histoires.
En 2014, après l’annexion de la Crimée, nous avons pensé que Poutine se contenterait de ce territoire et que quelques sanctions suffiraient à le dissuader d’aller plus loin.
En 2022, lorsqu’il a lancé son offensive contre Kiev, nous avons espéré qu’il se heurterait à un échec rapide ; que l’Ukraine tiendrait et qu’en quelques semaines, quelques mois tout au plus, la Russie se retirerait, humiliée.
En 2023 et 2024, nous avons cru que les contre-offensives ukrainiennes allaient définitivement inverser le cours de la guerre.
Et nous sommes là, en 2025, à constater que la guerre continue. Que les lignes bougent peu, que les morts s’accumulent, que le soutien international vacille. Que les États-Unis hésitent. Que l’Europe, qui promet beaucoup, tarde parfois à livrer.
Nous sommes là, en 2025, à entendre des voix nous dire qu’il faut maintenant négocier, qu’il faut trouver un accord avec Moscou, que la guerre coûte trop cher, que l’Ukraine doit faire des concessions.
Mais je vous le demande : quelles concessions ?
L’Ukraine devrait-elle abandonner Donetsk et Louhansk ? Devrait-elle accepter que des millions de ses citoyens vivent sous une occupation russe brutale ? Devrait-elle tourner la page sur les massacres de Boutcha, d’Irpin, de Marioupol ?
Soyons sérieux.
Nous savons tous ce qui arriverait si nous poussions l’Ukraine à un « compromis » aujourd’hui. Ce serait un Minsk 3, une trêve temporaire, un gel des positions qui ne ferait que préparer la prochaine offensive russe, dans un an, dans cinq ans, dans dix ans.
Nous avons déjà vécu cela. Nous avons vu ce que les accords de Minsk ont produit après 2014 : un conflit larvé, des violations incessantes, puis une invasion totale.
Alors aujourd’hui, je vous le dis avec gravité : si nous laissons l’Ukraine perdre, nous préparerons notre propre défaite.
Chers collègues,
Nous sommes à un tournant. L’Europe n’a plus le droit d’être naïve.
L’histoire nous regarde. Ce que nous ferons – ou ne ferons pas – dans les mois à venir décidera de l’avenir de l’Ukraine, mais aussi du nôtre. Car ne nous y trompons pas : ce conflit n’est pas un affrontement lointain entre deux pays. Il est une épreuve pour l’Europe, pour l’Occident mais aussi pour la Belgique.
Car que nous apprend l’histoire ? Qu’aucune dictature ne s’arrête d’elle-même. Que chaque concession faite à un agresseur nourrit sa prochaine agression. Que chaque faiblesse nourrit sa prochaine audace.
Nous avons déjà trop tardé. Il a fallu l’horreur de Boutcha pour que nous comprenions qu’aucune négociation avec Poutine n’est possible. Il a fallu l’attaque contre la centrale de Zaporijjia pour que nous saisissions la gravité de la menace nucléaire. Il a fallu le sabotage des infrastructures énergétiques européennes pour que nous réalisions que nous étions aussi en guerre – même si nos villes ne brûlent pas.
Aujourd’hui, nous devons aller plus loin.
Dès lors, nous devons renforcer immédiatement notre soutien militaire. Pas demain, pas dans six mois, mais maintenant. L’Ukraine a besoin de munitions, de systèmes de défense aérienne, d’avions de combat. Elle a besoin d’armes pour tenir, et d’armes pour avancer.
Nous devons durcir nos sanctions. Non, la Russie n’est pas « à bout de souffle ». Non, le régime de Poutine ne vacille pas. Oui, il a subi des pertes colossales, mais il compense par la terreur et par une économie de guerre soutenue par la Chine, l’Iran et la Corée du Nord. Tant que Moscou pourra financer son effort de guerre, tant que ses entreprises pourront contourner nos sanctions en passant par des pays tiers, la guerre continuera.
Nous devons garantir à l’Ukraine son adhésion à l’Union européenne. Parce que l’Europe ne peut plus se permettre de rester à mi-chemin. Parce qu’un pays qui se bat pour défendre nos valeurs doit être accueilli parmi nous. Parce que c’est le seul signal de long terme qui puisse dire à la Russie : « Vous avez perdu. »
Enfin, nous devons nous préparer.
Car si l’Ukraine tombe, personne ne sait où s’arrêtera la Russie.
Certains pensent que l’OTAN suffira à dissuader toute nouvelle aventure militaire de Moscou. Peut-être. Mais peut-être pas.
Si demain, des « séparatistes » pro-russes apparaissent en Estonie, en Lettonie, en Moldavie, en Géorgie, que ferons-nous ?
Si demain, Moscou teste notre solidarité en provoquant une crise aux frontières de la Pologne ou de la Roumanie, serons-nous prêts à répondre ?
Nous devons comprendre une chose essentielle : nous sommes entrés dans une ère où la guerre n’est plus une hypothèse lointaine, mais une possibilité tangible.
Cela signifie que l’Europe doit se réarmer, et vite.
Cela signifie aussi que nous devons renforcer notre industrie de défense, mutualiser nos efforts, cesser d’attendre que les États-Unis fassent le travail à notre place.
Cela signifie, enfin, que la Belgique aussi doit prendre ses responsabilités. Augmenter notre budget militaire n’est pas un luxe, c’est une nécessité. Contribuer à la défense de l’Ukraine, c’est investir dans notre propre sécurité.
Chers collègues,
Je sais que certains d’entre vous se disent que ce discours est trop alarmiste ; que ce type de résolution n’a pas sa place dans cet hémicycle.
Mais demandez-vous ceci : si nous avions tenu ces propos en 2014, en 2015, en 2016, peut-être que nous n’en serions pas là aujourd’hui. Demandez-vous comment les familles assiégées depuis trois, les soldats se sacrifiant au front accueilleront la nouvelle de notre soutien, celui du Sénat de Belgique. Est-ce réellement si inutile ?
Nous n’avons pas le droit de répéter les erreurs du passé.
Nous devons être lucides. Nous devons être fermes.
Nous devons soutenir l’Ukraine non pas par charité, non pas par émotion, mais parce que c’est notre intérêt stratégique. Parce que ce combat est celui de la liberté contre la dictature. Parce que nous n’avons pas d’autre choix si nous voulons préserver la paix sur notre continent.
C’est pourquoi la résolution que je dépose aujourd’hui est une nécessité. Elle est un engagement ferme, sans ambiguïté. Elle condamne, avec la plus grande fermeté, l’agression russe et ses crimes de guerre. Elle appelle à intensifier notre soutien à l’Ukraine – militairement, économiquement, diplomatiquement. Elle exige que la Belgique et l’Union européenne renforcent les sanctions contre la Russie et ses alliés. Elle affirme que la paix ne peut pas être un marché de dupes où l’Ukraine serait contrainte de céder ses territoires pour acheter un cessez-le-feu temporaire. Enfin, elle s’inscrit dans la droite ligne des 3 résolutions déjà adoptées par notre assemblée lors de la législature précédente et souligne, par la même occasion notre constance.
Alors je vous le dis, avec force : adoptons cette résolution. Renforçons notre engagement. Restons aux côtés de l’Ukraine jusqu’à la victoire.
Et que plus jamais, l’histoire ne puisse dire de nous que nous avons manqué à notre devoir.
https://www.mrsenat.be/wp-content/uploads/2025/03/IMG_1112.jpg19201920Olaf Vanhttps://www.mrsenat.be/wp-content/uploads/2023/09/Logo-senat.jpgOlaf Van2025-03-28 16:33:412025-03-28 16:43:30Le Sénat adopte la résolution du MR : soutien total à l'Ukraine, pression maximale sur la Russie
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Ce vendredi 28 mars en séance plénière, le groupe MR au Sénat a fait adopter une résolution dénonçant avec fermeté la situation dramatique des femmes en Afghanistan sous le régime des talibans.
« Les talibans ont transformé l’Afghanistan en prison pour la moitié de sa population. Invisibles et désormais silencieuses, les femmes sont victimes d’une régression alarmante et intolérable qui répond à la définition d’apartheid fondé sur le sexe », explique Viviane Teitelbaum. Il ne s’agit pas de discrimination, mais d’ un système de gouvernance fondé sur l’effacement des femmes.
Les faits sont accablants :
– 1,1 million de filles exclues de l’enseignement secondaire ;
– 0 femme dans les institutions publiques ou judiciaires ;
– 18 % des Afghanes n’ont rencontré aucune femme en dehors de leur famille depuis trois mois ;
– 68 % d’entre elles déclarent une santé mentale « mauvaise » ou « horrible » ;
– En 2023, près de 30 % des filles de moins de 18 ans étaient déjà mariées, dont près de 10 % avant l’âge de 15 ans
Les talibans interdisent désormais aux femmes de se déplacer seules, de travailler, de se rendre dans des lieux publics, elles ne peuvent plus faire entendre leur voix en public, chanter ou lire à voix haute, ni même entendre d’autres femmes dans l’espace public.
Par cette résolution, le MR demande au gouvernement fédéral de :
– D’exiger des Nations unies la reconnaissance de l’apartheid sexuel ou de genre comme crime contre l’humanité;
– Renforcer les sanctions diplomatiques et économiques ciblant les talibans ;
– Conditionner l’aide internationale au respect des droits des femmes
– Renforcer l’accueil et la protection des militantes afghanes
Viviane Teitelbaum : « Reconnaître et combattre l’apartheid fondé sur le sexe est un combat pour les droits humains universels, un combat pour la justice et la dignité. Ne laissons pas éteindre leur voix, disparaître leurs visages ».
Gaëtan Van Goidsenhoven, chef de groupe MR au Sénat, conclut : « Refuser d’agir, c’est consentir à la barbarie. Cette résolution est un signal fort : la Belgique ne détournera pas le regard ».
Le Mouvement réformateur réaffirme que les droits des femmes ne sont pas négociables, et que la lutte pour la dignité humaine ne s’arrête pas à nos frontières.
Retrouvez ici l’intervention complète de Viviane Teitelbaum :
Monsieur le Président, Cher.e.s collègues,
Il y a trois ans, en août 2021, le monde regardait avec effroi les talibans reprendre Kaboul, s’emparer du pouvoir, entraînant une régression rapide et alarmante des droits humains et des droits des femmes. Depuis, la situation des femmes afghanes continue de se détériorer sous les yeux du monde entier.
Le régime des talibans ne s’est pas contenté de restreindre les droits des femmes. Pour les femmes et les filles de ce pays, il ne s’agit pas d’une simple régression mais d’un véritable système organisé et institutionnalisé d’oppression fondé sur le sexe, qui vise à exclure les femmes et les filles de la vie publique, à les priver de leurs droits fondamentaux et, in fine, à les effacer de la société.
Elles ne peuvent plus aller à l’école, à l’université. Elles ne peuvent plus travailler. Elles ne peuvent plus se soigner, ni soigner les autres. Elles ne peuvent plus se déplacer seules, ni même se rendre dans un parc. Elles doivent se couvrir entièrement lorsqu’elles quittent leur domicile, jusqu’à mettre un masque sur la bouche. Elles ne peuvent plus faire entendre leur voix en public, chanter ou lire à voix haute. Le gouvernement taliban a transformé l’Afghanistan en une immense prison pour la moitié de sa population. Invisibles et désormais silencieuses.
Il faut une réponse internationale. Nous devons nommer ce crime pour ce qu’il est : un apartheid sexuel ou de genre.
L’apartheid, tel que défini par le droit international, n’est pas limité à la race. La Convention internationale de 1973 sur la répression du crime d’apartheid et le Statut de Rome de la Cour pénale internationale définissent l’apartheid comme un système institutionnalisé de domination et d’oppression systématique d’un groupe sur un autre, dans l’intention de maintenir ce système.
Pour Annie Sugier, présidente de la ligue internationale des droits des femmes, le parallèle entre l’Afrique-du-Sud et l’Afghanistan ou l’Iran s’impose : il y a dans les deux cas « un système institutionnalisé qui se fonde sur une séparation et une inégalité », la définition de l’apartheid.
L’ONU, des juristes internationaux, des organisations de défense des droits humains reconnaissent aujourd’hui que ce qui se passe en Afghanistan correspond exactement à cette définition.
Ce n’est pas une simple série de lois misogynes. C’est un système de gouvernance fondé sur l’effacement des femmes. Le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation en Afghanistan, Richard Bennett, l’a clairement exprimé : « L’institutionnalisation de l’oppression des femmes en Afghanistan n’est pas une simple discrimination, c’est un apartheid de genre. Un système conçu pour exclure, dominer, terroriser les femmes. »
L’interdiction d’étudier touche aujourd’hui plus de 80 % des filles du pays. L’accès à l’université leur est interdit. L’interdiction de travailler a contraint les femmes à quitter les administrations, les entreprises et les organisations humanitaires, les condamnant ainsi à la dépendance économique et à l’invisibilité. L’interdiction de circuler est tout aussi implacable : elles ne peuvent pas voyager sans un homme de leur famille, ni prendre un vol intérieur sans tuteur, ni même marcher seules dans la rue. L’interdiction de parler et d’être entendue est un pas de plus vers leur effacement. En octobre 2024, une nouvelle directive leur a même interdit d’entendre d’autres femmes dans l’espace public.
Enfin, l’interdiction d’exister est devenue une réalité implacable. Elles sont emmurées vivantes chez elles. Un système qui réduit une moitié de la population à l’état de fantôme n’est pas par ignorance, et ce n’est ni une déficience, ni même une carence ou une absurdité, c’est une barbarie.
Ces interdictions ne sont pas seulement des atteintes aux droits fondamentaux. Elles ont des conséquences tragiques et immédiates. L’explosion des mariages forcés et précoces est l’une des plus dramatiques. En 2023, près de 30 % des filles de moins de 18 ans étaient déjà mariées, dont près de 10 % avant l’âge de 15 ans et parfois elles sont vendues dès l’âge de 6 ans à des hommes plus âgés pour nourrir leurs familles.
Privées d’éducation, ces jeunes filles sont enfermées dans des foyers où elles deviennent des servantes ou des esclaves sexuelles. L’interdiction de l’accès aux soins et les mariages forcés font exploser le nombre de grossesses précoces. D’après ONU femmes, d’ici 2026, les grossesses forcées augmenteront de 45 % et la mortalité maternelle de 50 %.
De plus, 68% pour cent des femmes afghanes déclarent souffrir de détresse mentale sévère. Cent quarante suicides de femmes ont été recensés en 27 mois. Et combien de suicides que nous ne saurons jamais, car dans une société où les femmes n’ont plus de voix, même leur mort passe sous silence. Nous assistons à un véritable féminicide d’État, un crime dont la seule finalité est l’effacement d’un sexe du corps social.
Parce que nous ne pouvons pas rester spectateurs, spectatrices, notre résolution demande au gouvernement fédéral d’exiger des Nations unies la reconnaissance de l’apartheid sexuel ou genre comme crime contre l’humanité. Nous devons durcir les sanctions contre les talibans, et faire du respect des droits des femmes et des filles une condition essentielle à notre niveau d’engagement avec les talibans dans tous les domaines, y compris dans le cadre de l’aide humanitaire. Nous devons renforcer l’accueil et la protection des militantes afghanes en danger.
Et surtout, nous devons être cohérent.e.s. Pas une once de légitimité, pas un compromis avec un régime qui asservit les femmes.
Chères, chers collègues,
N’ayant plus nulle part où se réfugier, victimes de viols collectifs et de tortures si elles sont emprisonnées, et les talibans ont dissous tous les mécanismes destinés à protéger les femmes contre un taux extrêmement élevé de violences domestiques. L’Afghanistan est aujourd’hui la situation la plus extrême pour les femmes.
A l’instar du courage des Afghanes, qui dans la foulée de la promulgation de la loi qui leur impose de cacher leur visage et éteindre leur voix, se sont filmées en train de chanter, nous devons agir.
A l’instar de Richard Bennet, le rapporteur spécial de l’ONU sur l’Afghanistan qui a déclaré devant le Conseil des droits de l’homme que le système institutionnalisé d’oppression fondée sur le genre des talibans serait constitutif d’un crime contre l’humanité, et rappelant qu’en Iran aussi la répression contre les femmes est systémique, nous devons agir.
Nous devons poser un acte fort. Refuser à notre niveau d’être complices de cette situation, et exiger que ce crime soit reconnu et combattu.
Il faut reconnaître et mettre fin à l’apartheid fondé sur le sexe. Ce combat pour les droits des femmes Afghanes, et au-delà, pour les femmes iraniennes aussi, et partout, est un combat pour les droits humains universels, un combat pour la justice et la dignité.
Je vous remercie.
https://www.mrsenat.be/wp-content/uploads/2025/03/IMG_1079.jpg19201920Olaf Vanhttps://www.mrsenat.be/wp-content/uploads/2023/09/Logo-senat.jpgOlaf Van2025-03-28 16:21:542025-03-28 16:21:54Viviane Teitelbaum porte la voix des femmes afghanes au Sénat : Adoption d’une résolution contre l’apartheid fondé sur le sexe ou le genre imposé par les talibans en Afghanistan
Alors que se clôturait le Colloque sur l’autonomie et la déficience mentale : comment favoriser l’inclusion ?, la sénatrice Viviane Teitelbaum a aussi rendu hommage à l’initiateur de ce colloque, son collègue Philippe Dodrimont. Pour des raisons de santé, ce dernier n’a malheureusement pas pu être présent au Sénat ce 21 mars. Mais son engagement en faveur d’une société plus inclusive, porté notamment à travers la résolution adoptée le 17 mai 2024, a été le moteur de cette initiative. Viviane Teitelbaum a donc pris la parole pour lire un message qu’il a souhaité adresser à l’ensemble des participants.
Courrier de Philippe Dodrimont – Conclusion du colloque
Madame la Vice-Présidente du Sénat,
Madame et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les orateurs,
Chers participants,
C’est avec une grande émotion que je m’adresse à vous aujourd’hui, bien que ce soit à distance et non depuis cette tribune où j’aurais tant aimé être présent à vos côtés. Croyez bien que mon absence est indépendante de ma volonté, et que je partage en pensée chaque échange, chaque témoignage, chaque engagement qui ont marqué cette journée.
Il y a quelques mois, lorsque j’ai eu l’honneur de déposer la proposition de résolution pour améliorer l’intégration des personnes porteuses d’une déficience mentale, c’était avec la conviction profonde qu’un changement était nécessaire et possible. Cette conviction, je ne l’ai pas portée seul. Elle est née des rencontres que j’ai faites sur le terrain, avec des familles, des associations, des éducateurs, des sportifs, des artistes, mais surtout avec ces hommes et ces femmes qui, malgré les obstacles, nous démontrent chaque jour qu’ils ont leur place pleine et entière dans notre société.
Ce colloque en est la preuve vivante : les idées avancent, les consciences évoluent, et la volonté d’agir est bien réelle. En unissant nos forces, nous avons le pouvoir de traduire cette volonté en actions concrètes.
L’inclusion ne doit pas être une promesse sans lendemain. Elle ne doit pas être une faveur accordée, mais un droit garanti. Et elle ne doit pas être vue comme un défi uniquement pour les personnes concernées, mais bien comme une richesse collective qui profite à toute notre société.
Aujourd’hui, nous avons posé des bases solides. Mais ce qui compte maintenant, c’est ce que nous allons en faire.
Je forme le vœu que les débats de cette journée nourrissent des engagements durables. Que les décisions politiques qui suivront s’inspirent des propositions formulées ici. Et que chacun d’entre nous, à sa manière, continue à porter cette cause.
Parce qu’au-delà des lois et des institutions, c’est par nos choix quotidiens, par notre manière de considérer l’autre, de lui donner sa place, que nous construirons une société réellement inclusive.
Je tiens à remercier chaleureusement les intervenants, le personnel du Sénat et toutes celles et ceux qui, aujourd’hui, ont partagé leurs idées et leurs expériences. Je vous assure que, même si je ne suis pas parmi vous aujourd’hui, mon engagement demeure total. La période de maladie que je traverse me permet aussi de mesurer ô combien il est nécessaire de pouvoir compter sur les autres pour affronter toute situation invalidante.
Les personnes les plus fragiles doivent être au cœur de nos préoccupations. Elles doivent savoir à quel point nous pensons à elles, en ce moment.
Et je vous donne rendez-vous, non pas dans un an, non pas dans dix ans, mais dès demain, pour continuer ensemble à transformer nos ambitions en réalités.
Avec toute mon amitié et ma reconnaissance,
Philippe Dodrimont
https://www.mrsenat.be/wp-content/uploads/2024/05/dbbaeba2-9c3b-40bf-8f86-5d6634515ca6.jpg888888Olaf Vanhttps://www.mrsenat.be/wp-content/uploads/2023/09/Logo-senat.jpgOlaf Van2025-03-24 22:07:472025-03-24 22:07:47Colloque sur l'autonomie et la déficience mentale : comment favoriser l’inclusion ? - Courrier de Philippe Dodrimont
Anne-Charlotte d’Ursel : Approbation du rapport d’information sur la mobilité professionnelle
/dans Georges-Louis Bouchez, Gaëtan Van Goidsenhoven, Actualités /par Olaf Van.
Notre sénatrice Anne-Charlotte d’Ursel est intervenue pour notre rapport d’information sur la mobilité interrégionale des travailleurs et la coopération des services publics de l’emploi. Ce rapport met en lumière les disparités de chômage entre Flandre, Wallonie et Bruxelles, tout en alertant sur les pénuries de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs.
Elle souligne que pour relever ces défis, il faut miser sur la formation, la maîtrise des langues nationales et l’adaptation des transports. Les 60 recommandations proposent de rapprocher les politiques de formation, faciliter le permis de conduire et améliorer la coopération entre institutions régionales.
Le rapport a été approuvé aujourd’hui au Sénat.
Retrouvez son intervention complète ici :
Monsieur le Président, Chers Collègues,
Au nom de mon groupe, je prends la parole pour défendre mais aussi pour vous rappeler la genèse du « Rapport d’information visant à renforcer la mobilité interrégionale de l’emploi et la coopération entre les services publics de l’emploi ».
S’inscrivant dans la continuité des différents débats sur l’efficacité du marché du travail belge, ce rapport est né d’une demande du groupe MR en février dernier. Sous la conduite de trois co-rapporteurs MM. Diallo et De Roo ainsi que moi-même, la commission des matières transversales – compétences régionales – a auditionné experts, services publics, partenaires sociaux et représentants institutionnels de toutes les Régions de notre pays.
Ce travail de longue haleine, conduit pendant près d’un an, a permis de dresser un état des lieux circonstancié et partagé, aboutissant à l’élaboration de plus de 60 recommandations, fruit d’un dialogue constant et d’une volonté sincère de coopération.
Les nombreuses auditions menées nous ont permis dégager un diagnostic sous formes de constatations à l’aide de l’éclairage d’experts de divers horizons tant du monde académique que du tissu économique de notre pays. Permettez-moi de vous en présenter un condensé
Notre pays reste marqué par des écarts persistants de taux de chômage et d’activité, non seulement entre Régions, mais aussi au sein des bassins d’emploi : des zones urbaines touchées par le chômage sont parfois voisines de zones rurales relativement dynamiques, et l’on observe même, dans un même bassin, des poches où la précarité persiste.
Les derniers chiffres montrent que la Flandre demeure autour de 3,8% de chômage, la Wallonie à 7,5%, et Bruxelles à 11,9%, alors que le taux national est de 6,2%. Si le contraste régional est patent, on observe aussi des fractures internes à chaque entité, ainsi qu’une disparité entre l’offre et la demande locale de compétences.
Une autre réalité saute aux yeux : les pénuries de main-d’œuvre sont généralisées et frappent toutes les régions. Le chevauchement des métiers en tension atteint 61% entre Flandre et Wallonie : construction, industrie, santé, transports, logistique, ce sont les mêmes secteurs qui peinent à recruter de part et d’autre de la frontière linguistique. Or, cette pénurie sera exacerbée dans les années à venir en raison du vieillissement démographique, surtout en Flandre et en Wallonie, où l’on prévoit une vague de départs à la retraite d’ici 2030 dans les métiers techniques, une tendance qui fragilisera encore davantage l’offre de main-d’œuvre qualifiée.
Les auditions menées au sein de la commission ont confirmé que les profils des candidats wallons et bruxellois restent, pour nombre d’entre eux, insuffisamment qualifiés pour intégrer le marché du travail flamand. Ce dernier requiert dans 90% des cas non seulement des compétences techniques, mais surtout une bonne connaissance du néerlandais. Le manque de formation linguistique adaptée constitue dès lors une barrière majeure à la fluidité des parcours professionnels entre nos Régions.
Il est, selon les experts, illusoire de croire que la mobilité interrégionale serait motivée par un différentiel salarial : l’évolution des salaires reste globalement homogène entre Régions. C’est bien la structuration du marché de l’emploi – pénurie des profils adéquats, qualifications techniques, maîtrise des langues – et non l’attractivité des salaires qui façonne la faible mobilité entre bassins.
Les flux de navetteurs se maintiennent à des niveaux élevés, surtout de la Wallonie ou de Bruxelles vers la Flandre, mais leur part dans l’emploi global ne progresse pas. Ces flux, s’ils s’intensifient en nombre absolu depuis 2015, n’entraînent donc pas de reconfiguration majeure du marché de l’emploi ; la rigidité territoriale persiste. Ainsi, les navetteurs wallons sont principalement concentrés dans les couloirs frontaliers tels que Hal-Vilvorde, Courtrai, Louvain, et proviennent de Nivelles, Tournai, Mouscron, Liège – principalement dans l’industrie, le nettoyage, la logistique.
Les navetteurs bruxellois, quant à eux, sont surtout présents dans la périphérie nord (Vilvorde, Machelen, Zaventem), majoritairement dans des métiers de la logistique et du commerce nécessitant une qualification moindre mais un néerlandais opérationnel ; d’autres accèdent à des métiers dans les services administratifs, les professions libérales et l’industrie. On note, par ailleurs, que leurs profils diffèrent selon la destination : vers la Flandre, ils sont plus jeunes, moins qualifiés, parfois issus de l’immigration récente, tandis que vers la Wallonie, ils occupent des fonctions plus qualifiées et techniques.
L’attractivité extérieure de la Belgique évolue, notamment dans ses flux transfrontaliers liés à l’emploi : avec recul des mouvements vers l’Allemagne, mais une croissance très rapide des flux vers le Luxembourg, principalement encouragée par la fiscalité et la demande accrue de travailleurs qualifiés. Depuis la crise sanitaire, ce mouvement tend à ralentir, mais il reste structurant pour certains métiers et bassins d’emploi.
Il a également été souligné que la définition différenciée des métiers en pénurie d’une Région à l’autre demeure un obstacle majeur à la fluidité professionnelle, même si des convergences récentes ont été amorcées entre le Forem, le VDAB et Actiris. Les obstacles ne sont pas que culturels ou linguistiques ; ils sont aussi administratifs et institutionnels, du fait de l’éclatement des compétences et de la multiplication des dispositifs régionaux, qui complexifient indûment le parcours des personnes en situation de mobilité interrégionale.
Néanmoins, la Belgique n’est pas restée inactive : la coopération entre services publics de l’emploi s’incarne depuis près de vingt ans dans des accords interrégionaux concrets. Ceux-ci permettent l’échange d’offres, l’orientation, l’organisation de formations et de cours de langues, sans oublier l’accompagnement des demandeurs d’emploi qui, souvent, entreprennent des démarches transrégionales à leurs risques et périls dans un paysage institutionnel et administratif difficilement lisible. Plusieurs chapitres du rapport détaillent également les collaborations bilatérales intensives – dans certains cas pionnières – entre Services Publics Régionaux de l’Emploi issus de chacune des entités fédérées, pierre angulaire d’un modèle coopératif qui ne demande qu’à être renforcé.
En définitive, ce diagnostic approfondi met au jour un marché du travail belge morcelé où la mobilité reste freinée par des obstacles multiples – institutionnels, administratifs, territoriaux, linguistiques mais aussi socioculturels et informationnels.
Cette réalité doit guider nos choix politiques et inspire le panel étendu de recommandations élaborées par la commission, que je vais maintenant vous exposer.
Sur le plan de la gouvernance, il est essentiel de renouveler les accords de coopération entre les services publics régionaux de l’emploi, en y incluant des objectifs opérationnels concrets en matière de mobilité, de monitoring et de rapportage régulier aux parlements régionaux. Il convient également d’optimiser l’interopérabilité technique avec une meilleure fluidité dans l’échange des données entre plateformes, y compris les offres de stages, ce qui suppose la mise en place d’une base juridique claire pour l’échange des données personnelles liées à l’accompagnement et à la formation.
La création d’équipes interrégionales et de points de contact uniques le long de la frontière linguistique, inspirés des bassins d’emploi, est recommandée, tout comme le renforcement de Synerjob pour piloter collectivement la numérisation et coordonner des projets communs.
Le rapport invite aussi à s’inspirer du projet « Compétences sans frontières » pour bâtir des collaborations sectorielles transrégionales robustes, ainsi qu’à favoriser les partenariats entre services publics et acteurs de proximité, privés et sectoriels, afin de mieux relier formation et insertion professionnelle.
Concernant les métiers en pénurie, le rapport appelle à poursuivre le rapprochement des définitions entre FOREM, VDAB et Actiris, afin d’assurer une meilleure comparabilité et une lecture commune. Il préconise d’ouvrir les dispositifs de formation accessibles pour les métiers en tension, quel que soit le lieu de résidence des candidats, ainsi que de mieux aligner les politiques de formation sur les besoins territoriaux, grâce à un partage d’information dynamique et une cartographie précise des métiers critiques .
Sur le volet de la formation et des compétences, la mise en place d’un accord de coopération intercommunautaire et interrégional devra également permettre de faciliter les formations et stages interrégionaux. Le renforcement de la formation en alternance et de l’apprentissage en entreprise figure au premier plan, ainsi que la garantie d’un soutien linguistique en début de parcours.
Le rapport insuffle également la nécessité d’harmoniser l’accès aux stages interrégionaux pour tous les publics en formation et de reconnaître automatiquement les compétences acquises.
Les horaires de formation doivent être flexibilisés, notamment par des modules du soir, et l’investissement dans les compétences numériques, à travers des plateformes d’apprentissage à distance, est considéré comme prioritaire.
La reconnaissance des diplômes et compétences est un autre chantier majeur. Le rapport plaide pour une harmonisation des titres, certifications et formations entre Régions afin que leur validité soit reconnue sur tout le territoire. L’acquisition de compétences doit pouvoir être validée par des certificats et microcertifications reconnues, et des parcours conjoints de formation qualifiante, avec des passerelles ouvertes entre Régions et Communautés, devraient, selon nous, être mis en place.
Enfin, il est crucial de faciliter l’articulation entre opérateurs de formation régionaux tels que Syntra, ou encore l’IFAPME pour orienter efficacement les candidats.
La question des langues reçoit une attention particulière parmi ces recommandations. Le rapport appelle à stimuler l’apprentissage du néerlandais dès le plus jeune âge, ainsi que du français dans l’enseignement néerlandophone, en imposant l’apprentissage d’une deuxième langue nationale dans l’enseignement obligatoire. L’offre de formations linguistiques doit être intensifiée, incluant programmes d’immersion et coaching sur le lieu de travail. Des modules adaptés aux spécificités sectorielles doivent être développés, et les employeurs doivent être aidés à calibrer leurs exigences linguistiques au plus près des besoins réels.
Enfin, pour lever les obstacles matériels, le rapport insiste sur la nécessité d’un soutien concret à la mobilité : un accompagnement élargi pour l’obtention du permis de conduire B, inspiré des dispositifs Passeport Drive ou Mobil4Job, s’impose.
L’intégration et l’amélioration des transports publics sont également essentielles, comprenant la constitution d’un réseau cohérent, l’adaptation aux horaires atypiques, la mise en place d’un ticket unique et l’harmonisation tarifaire. Le développement des infrastructures dédiées, telles que parkings et desserte des bassins d’emploi en périphérie, est crucial. Pour cela, l’association des employeurs et la mutualisation des dispositifs de mobilité, comme le covoiturage ou les plans d’accès pour les industries isolées, doivent être encouragée.
Monsieur le Président, Chers collègues, je tiens à remercier, une fois encore, les co-rapporteurs, Messieurs Diallo et De Roo pour leur excellente collaboration. De plus, je tiens à rappeler que ce travail important et essentiel n’aurait pas pu être réalisé sans le concours des services du Sénat tant au sein de la commission que les services de traduction et d’interprétation. Je tiens à les remercier tout particulièrement.
Ces derniers mois de travail sur cette thématique se sont révélés des plus éclairants sur la situation de notre pays. J’appelle l’ensemble de mes collègues à soutenir l’adoption de ce document car il est le reflet d’un diagnostic partagé de l’état du marché par de nombreux experts issus de multiples horizons. Ce document, et tout particulièrement ses recommandations, donnera les moyens et les pistes nécessaires afin d’agir de manière solidaire et cohérente pour placer la mobilité professionnelle au cœur de toutes les politiques de développement économique et de relance afin d’en faire un véritable atout. Adopter ce rapport constitue également, pour notre groupe, le choix d’une Belgique du plein emploi et de la coopération institutionnelle plutôt que de la fragmentation et de la défiance.
Je vous remercie.
Mothers’ Call : Valérie De Bue accueille des artisanes de la paix au Sénat
/dans Georges-Louis Bouchez, Gaëtan Van Goidsenhoven, Actualités /par Olaf Van.
Ce mercredi, Valérie De Bue, Vice-Présidente du Sénat, a ouvert la rencontre entre les mouvements Women Wage Peace et Women of the Sun au Parlement fédéral. Ensemble, ces femmes, israéliennes et palestiniennes, incarnent le courage de tendre la main et de s’unir pour la paix, la dignité et la justice, malgré les épreuves et les douleurs du conflit.
Par sa présence et ses mots, Valérie De Bue a rappelé l’importance de soutenir et d’amplifier la voix de celles qui, chaque jour, choisissent la lumière de l’espoir plutôt que l’ombre de la violence. Son intervention souligne aussi le rôle essentiel de la Belgique et de l’Europe : encourager toutes les initiatives de dialogue qui ouvrent des chemins de coexistence.
Retrouvez ci-dessous l’intégralité de son discours qui invite chacune et chacun à devenir, à son tour, ambassadeur de l’espoir
Women Wage Peace et Women of the Sun
Mme Valérie De Bue, Vice-Présidente du Sénat
Mesdames, Messieurs, chères amies,
C’est pour moi un honneur profond d’ouvrir cette rencontre, organisée par Women Wage Peace et Women of the Sun, deux mouvements qui portent une lumière rare dans l’une des régions du monde où l’ombre semble parfois la plus épaisse.
Ces associations rassemblent des femmes israéliennes et palestiniennes qui, malgré la douleur, malgré les pertes, malgré l’inquiétude quotidienne, ont choisi de donner une voix à l’espérance, à la coexistence et à l’avenir de leurs enfants.
Nous les accueillons aujourd’hui en Belgique, alors qu’elles sont à Bruxelles pour un évènement au Parlement européen. Leur présence parmi nous n’est pas seulement symbolique. Elle est un acte de courage. Elle nous rappelle que, même dans la tourmente, il existe des femmes déterminées à ouvrir des chemins que d’autres n’osent plus emprunter.
Le conflit israélo-palestinien dévaste depuis trop longtemps des familles entières. Mais ce sont les femmes et les enfants qui, bien souvent, en subissent les conséquences les plus cruelles : les mères qui enterrent leurs fils, les fillettes qui grandissent dans la peur, les femmes qui tentent de bâtir une normalité dans l’anormal, celles dont la voix est réduite au silence par la violence, la perte ou l’exil.
Les femmes ici présentes, israéliennes et palestiniennes, pourraient être séparées par la douleur, par la colère ou par les récits que leurs sociétés respectives leur transmettent. Et pourtant, elles ont choisi de se tendre la main. Elles ont choisi de se dire : notre humanité commune est plus forte que les murs qui nous séparent.
C’est avec cette conviction, chèrement acquise et douloureusement portée, que nous sommes réunis pour écouter aujourd’hui.
Au cœur de cette rencontre se trouve L’appel des mères. Ce texte n’est pas un document politique parmi d’autres. Il est l’expression d’un courage qui refuse la fatalité, d’une ferme intention de ne jamais laisser taire la voix de la paix, même si les nuages de poussière de la violence semblent tout recouvrir.
C’est un appel aux dirigeants de faire preuve de courage et de vision, c’est un appel aux peuples des deux nations, palestinienne et israélienne et c’est un appel aux femmes du monde entier et aux personnes de paix dans le monde entier : un appel pour un avenir de paix et de sécurité, de prospérité, de dignité, de justice et de liberté.
Mesdames, Messieurs, si nous sommes réunis ici, c’est parce que la paix ne peut être portée uniquement par celles et ceux qui vivent sous les bombes ou sous l’occupation. Elle doit être soutenue, encouragée, relayée. La Belgique et l’Europe ont un rôle essentiel : celui d’amplifier les voix civiles, de soutenir les initiatives de dialogue, de refuser toute logique qui exclut, déshumanise ou rend impossible la coexistence.
Et ce rôle est aussi celui des femmes politiques présentes ici aujourd’hui, de tous les partis démocratiques et de tous les niveaux de pouvoir. C’est aussi celui des associations féministes, qui ont toujours, partout dans le monde, joué un rôle essentiel dans les luttes pour la dignité humaine.
En ajoutant nos noms au leur, nous ajoutons nos voix à la leur. Et ensemble, nous faisons exister une force morale que personne ne pourra ignorer.
Que cette soirée soit un moment de rencontre, d’écoute et de solidarité.
Qu’elle soit aussi un point de départ : celui d’une mobilisation durable pour soutenir celles qui, chaque jour, affrontent la douleur mais choisissent pourtant la paix.
Merci. Merci aux femmes de Women Wage Peace. Merci aux femmes de Women of the Sun. Merci à vous toutes et tous d’être ici pour construire, ensemble, une lueur d’avenir.
Boualem Sansal est libre !
/dans Georges-Louis Bouchez, Gaëtan Van Goidsenhoven, Actualités /par Olaf Van.
Boualem Sansal est libre ! Dans le texte ci-dessous, notre sénatrice Viviane Teitelbaum raconte ce combat, partage son engagement et explique pourquoi ce dossier va bien au-delà d’un seul homme :
Un an, après son arrestation, l’écrivain Boualem Sansal est libre ! C’est un soulagement.
Arrêté à Alger, ce romancier a été privé de liberté, pour avoir exercé son droit le plus élémentaire : celui de s’exprimer librement. Tout au long de sa vie, Boualem Sansal a incarné le courage de la vérité : celui de dénoncer la censure, l’obscurantisme et les dérives totalitaires, qu’elles soient religieuses ou politiques.
Ses romans et essais, traduits dans de nombreuses langues, ont alerté le monde sur les dangers de la dérive totalitaire de l’islamisme, tout en appelant à la réconciliation et au dialogue entre les peuples.
Boualem Sansal, par son œuvre, a défendu la démocratie, la laïcité, les droits humains, le féminisme, la lutte contre l’antisémitisme, l’homophobie, et toutes les formes de haine. Il a défendu une conception exigeante et universelle de la dignité humaine.
Au Sénat comme ailleurs nous nous sommes élevés contre sa détention arbitraire et honteuse. Le 3 novembre la commission institutionnelle a voté à l’unanimité une résolution exigeant sa libération immédiate.
Aujourd’hui il est libre. Nous en sommes heureux.
Au-delà de son cas, le sort de Boualem Sansal est emblématique d’une répression plus large qui vise la liberté d’expression, la presse, les droits des femmes et les militantes et militants.
Ces reculs des libertés, où qu’ils aient lieu ne peuvent être ignorés.
Je suis fière d’avoir porté cette exigence de liberté et réaffirmé notre solidarité et les valeurs universelles de la liberté sans compromission.
Je l’ai dit en commission, le droit à la parole libre et à la création ne doit jamais être limité par la peur ni par l’injustice.
Anne-Charlotte d’Ursel s’engage pour les personnes touchées par le Covid long
/dans Georges-Louis Bouchez, Gaëtan Van Goidsenhoven, Actualités /par Olaf Van.
À l’initiative de la sénatrice Anne-Charlotte d’Ursel, notre groupe MR au Sénat dépose une proposition de résolution visant à une prise en charge spécialisée pour les patients atteints de Covid long.
Selon les dernières données de Sciensano, près de 1 Belge sur 25 âgé de plus de 15 ans souffre de symptômes du Covid long, avec plus de 200 manifestations identifiées : fatigue chronique, douleurs, troubles cognitifs, anxiété, etc. La maladie impacte lourdement la vie sociale et professionnelle de milliers de personnes.
En Belgique, il n’existe aucun centre spécialisé dédié à la prise en charge du Covid long, contrairement à d’autres pays européens comme les Pays-Bas. Les patients sont souvent confrontés à l’absence d’un parcours de soins coordonné.
Notre proposition de résolution vise à :
Valérie De Bue défend la protection du secret des commissions d’enquête parlementaire
/dans Georges-Louis Bouchez, Gaëtan Van Goidsenhoven, Actualités /par Olaf Van.
Lors de la séance plénière du 20 juin 2025, notre sénatrice Valérie De Bue est intervenue pour défendre une proposition de loi interprétative visant à clarifier les articles 1er, 3, 8, 10 et 13 de la loi du 3 mai 1880 sur les enquêtes parlementaires.
Cette proposition fait suite à un arrêt de la cour d’appel de Bruxelles qui remettait en cause le caractère confidentiel des travaux réalisés à huis clos par les commissions d’enquête. Pour Valérie De Bue, il était essentiel de répondre à cette insécurité juridique par un texte clair, respectueux de l’intention initiale du législateur et conforme aux avis du Conseil d’État.
La proposition adoptée précise qu’aucune pièce ni procès-verbal relatif à une réunion non publique d’une commission d’enquête ne peut être saisi par un juge, à moins que la commission elle-même ait levé l’obligation de secret. Cette précision n’est pas un privilège, mais une garantie du bon fonctionnement démocratique. En maintenant le contrôle du secret entre les mains du Parlement, la loi protège la séparation des pouvoirs, mais aussi la parole donnée aux témoins. « Ce texte ne nie pas la justice. Il réaffirme simplement que le judiciaire et le législatif ont des sphères d’autonomie qui ne doivent pas se confondre », a souligné Valérie De Bue dans son intervention.
L’enjeu est avant tout institutionnel. Lorsqu’un témoin accepte de parler à huis clos, c’est souvent à condition que ses propos restent confidentiels. Rompre cet engagement après coup reviendrait à fragiliser la parole du Parlement et à remettre en cause la confiance dans l’institution. C’est pourquoi le groupe MR a soutenu sans réserve cette proposition de loi interprétative, qui ne modifie pas le droit, mais en réaffirme la portée avec clarté et responsabilité.
Le texte voté préserve l’équilibre entre efficacité parlementaire, respect du secret et sécurité juridique.
Lire l’intervention complète de Valérie De Bue
Monsieur le Président,
Chers collègues,
Nous examinons aujourd’hui un texte juridiquement modeste mais institutionnellement fondamental. Cette proposition de loi interprétative vise à rétablir la clarté nécessaire sur un point central du droit parlementaire : le respect du secret des commissions d’enquête lorsqu’elles siègent à huis clos.
L’objet est clair : rappeler que, conformément à la volonté du législateur initial, aucun juge ne peut saisir les documents d’une commission d’enquête tenue à huis clos, sauf si celle-ci a décidé de lever le secret. Il ne s’agit pas d’un privilège, mais d’un principe de séparation des pouvoirs, destiné à protéger la capacité du Parlement à exercer pleinement ses missions de contrôle et d’évaluation politique.
Cette nécessité s’est imposée à la suite d’un arrêt de la chambre des mises en accusation de la cour d’appel de Bruxelles, rendu en 2022, qui affirmait que l’article 1er de la loi de 1880 ne faisait pas obstacle à la saisie judiciaire de procès-verbaux confidentiels. Une lecture qui, à notre sens, trahit à la fois la lettre et l’esprit de la loi.
En réponse, nous proposons une clarification interprétative, conforme à la Constitution et à l’intention du législateur initial, comme l’a reconnu le Conseil d’État. Il s’agit de garantir la souveraineté des commissions d’enquête : elles seules peuvent décider, en toute indépendance, de lever ou non le secret sur leurs travaux. Ce pouvoir cesse dès leur dissolution.
Mais au-delà de la technique juridique, ce débat touche à la confiance que les citoyens, et en particulier les témoins, peuvent avoir dans nos institutions. Lorsqu’un témoin est entendu à huis clos, il le fait souvent avec la garantie expresse que ses propos resteront confidentiels. Cette promesse engage le Parlement.
Et comme l’ont souligné le Conseil d’État et l’Avocat général auprès de la Cour de cassation dans leurs avis ce secret constitue un contrat moral et institutionnel fondamental. Il ne peut être trahi après coup, sans porter atteinte à la crédibilité même du travail parlementaire.
Selon ces avis, tout mécanisme de déclassification des documents confidentiels ne peut s’envisager que pour l’avenir, à condition que les témoins soient informés à l’avance. Vouloir imposer rétroactivement une levée du secret reviendrait à briser la parole donnée. Et une institution qui ne tient pas ses engagements est une institution qui se fragilise.
Enfin, cette proposition n’empêche pas, bien au contraire, une réflexion approfondie sur l’avenir des archives parlementaires. Il nous reviendra donc, peut-être en concertation avec la Chambre, de mener à terme une réflexion spécifique sur le devenir des archives des commissions d’enquête parlementaires passées dans une optique de transparence historique. Mais dans un cadre juridiquement clair, historiquement rigoureux et institutionnellement responsable.
Ce texte que nous nous apprêtons à voter vise donc à préserver un équilibre fondamental entre transparence et efficacité, entre contrôle démocratique et sécurité juridique.
Ce texte ne nie pas la justice, mais il réaffirme que le judiciaire et le législatif ont des sphères d’autonomie qui ne doivent pas se confondre. Il consolide notre cadre légal sans le modifier, en garantissant que notre parole, celle du Parlement, reste fiable et digne de confiance.
Pour toutes ces raisons, le groupe MR soutient pleinement cette initiative. Nous voterons en faveur de cette proposition de loi interprétative.
Je vous remercie.
Le Sénat adopte à l’unanimité la révision de l’article 151 §6 de la Constitution : une avancée pour la transparence judiciair
/dans Georges-Louis Bouchez, Gaëtan Van Goidsenhoven, Actualités /par Olaf Van.
Ce vendredi 23 mai, le Sénat a adopté à l’unanimité la révision de l’article 151, §6, de la Constitution. Cette modification historique permet enfin l’évaluation des chefs de corps dans la magistrature, répondant à une attente de longue date des acteurs du monde judiciaire et du grand public.
Cette réforme vient combler un vide juridique persistant depuis l’annulation partielle de la loi de 2006 par la Cour constitutionnelle. Elle était redevenue centrale dans le débat public à la suite de l’affaire Julie Van Espen, dont l’assassin, connu pour des faits de violence, aurait dû se trouver en prison au moment des faits. Une enquête parlementaire avait notamment mis en lumière l’absence de mécanismes d’évaluation des chefs de corps, pourtant responsables du bon suivi des dossiers pénaux.
Comme l’exige la procédure lors d’une révision constitutionnelle, le gouvernement fédéral était représenté par Mathieu Bihet, ministre de l’Énergie.
La séance a été présidée par Valérie De Bue, première vice-présidente du Sénat, en l’absence du président actuellement en déplacement à l’étranger.
Lors de la séance, Gaëtan Van Goidsenhoven, chef de groupe, a pris la parole pour réaffirmer le soutien sans équivoque du groupe MR à cette réforme : « Cette révision permet d’aligner les responsabilités managériales dans le pouvoir judiciaire sur les standards de toute haute fonction publique. Il s’agit d’une avancée équilibrée, raisonnable et attendue, qui renforce la confiance dans nos institutions sans remettre en cause l’indépendance du pouvoir judiciaire. »
L’intervention complète de Gaëtan Van Goidsenhoven est disponible ci-dessous :
Madame la Présidente,
Monsieur le Ministre,
Chers collègues,
Le groupe MR votera résolument en faveur de cette révision de l’article 151, §6, de la Constitution, qui vise à permettre l’évaluation des chefs de corps de la magistrature.
Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’une réforme nécessaire, raisonnable et attendue depuis longtemps. Elle corrige une incohérence institutionnelle, renforce la gouvernance judiciaire et répond aux attentes légitimes en matière de transparence et de responsabilité.
Aujourd’hui, seuls les magistrats du siège et du parquet – à l’exception des chefs de corps – sont évalués. Ce traitement différencié n’a pas de justification solide, ni sur le plan juridique, ni sur le plan institutionnel. Il est d’autant plus difficile à défendre dans un système démocratique où l’exemplarité est exigée à tous les niveaux de l’autorité publique.
Soyons clairs : cette réforme ne remet nullement en cause l’indépendance du pouvoir judiciaire. Elle ne vise pas les décisions juridictionnelles, mais bien l’exercice de responsabilités managériales. Être à la tête d’une juridiction ou d’un parquet implique des fonctions de coordination, de gestion des ressources humaines, d’organisation du travail, d’animation d’équipe. Ces responsabilités, comme dans toute haute fonction publique, doivent faire l’objet d’un suivi, d’un accompagnement, d’une évaluation.
Ce texte offre enfin une base constitutionnelle claire pour légiférer sur ce point. Il vient combler un vide juridique persistant depuis l’annulation partielle de la loi de 2006 par la Cour constitutionnelle, faute de fondement constitutionnel suffisant.
Cette révision est aussi porteuse d’améliorations concrètes. L’évaluation permettra de soutenir plus efficacement la formation continue, et d’objectiver les décisions liées au renouvellement des mandats. Elle contribuera, à terme, à un meilleur fonctionnement de notre justice.
Nous saluons également le large consensus politique qui s’est construit autour de ce projet. L’adoption à l’unanimité en séance plénière à la Chambre et Commission au Sénat ce lundi témoigne d’un vrai sens des responsabilités.
Enfin, il est important de souligner que cette réforme est soutenue par les plus hautes autorités judiciaires du pays : le Conseil supérieur de la Justice, le Collège des procureurs généraux, le Collège des cours et tribunaux. Ce soutien démontre que cette réforme n’est pas imposée de l’extérieur, mais répond à une demande interne du corps judiciaire lui-même.
Dans un contexte où la confiance dans les institutions est fragile, cette réforme va dans le bon sens. Elle rappelle que l’indépendance judiciaire va de pair avec l’exigence de responsabilité.
Pour toutes ces raisons, le groupe MR soutient pleinement cette initiative. Nous voterons en faveur de cette révision constitutionnelle.
Je vous remercie.
Alzheimer : grâce au MR, un plan national enfin adopté !
/dans Georges-Louis Bouchez, Gaëtan Van Goidsenhoven, Actualités /par Olaf Van.
À l’initiative du groupe MR au Sénat, une proposition de résolution relative à la prise en charge de la maladie d’Alzheimer et des autres maladies apparentées a été adoptée. Un texte fort, attendu par les familles, les associations et les professionnels de santé, face à un défi sanitaire et humain croissant.
Aujourd’hui, près de 200.000 belges sont atteints de démence, dont 140.000 de la maladie d’Alzheimer. Et ces chiffres pourraient doubler d’ici 2070. Pourtant, il n’existe toujours aucune coordination efficace entre les niveaux de pouvoir, comme le dénonce régulièrement la Ligue Alzheimer.
La résolution portée par l’ensemble des sénateurs MR réclame l’élaboration urgente d’un plan national interfédéral Alzheimer, afin de structurer les soins, soutenir les aidants proches, former les soignants, renforcer la prévention et intégrer les nouvelles technologies.
« Investir dans Alzheimer, ce n’est pas une dépense. C’est un choix de société. C’est dire que nous ne laisserons personne sur le bord du chemin. C’est croire en une société humaine et digne. Ce combat, il est plus que temps de le mener pour le gagner » souligne Gaëtan Van Goidsenhoven.
« Ce combat est aussi un combat des femmes : deux tiers des aidants proches sont des femmes, souvent isolées, parfois en situation précaire. », rappelle Viviane Teitelbaum.
« Nous avons voulu un texte ambitieux, mais pragmatique, fondé sur les réalités de terrain exprimées par les patients, les familles et les soignants eux-mêmes », insiste Stéphanie Thoron, très investie dans les auditions parlementaires.
Le texte voté en commission a été enrichi par plus de 120 amendements, dont 32 déposés à l’initiative du groupe MR, intégrant les apports des auditions, des experts et du monde associatif.
Le Groupe MR appelle désormais les gouvernements fédéral et fédérés à s’emparer de cette base de travail transpartisane pour passer aux actes.
Retrouvez ici le discours complet de Gaëtan Van Goidsenhoven
Monsieur le Président,
Chers Collègues,
Je me tiens devant vous aujourd’hui pour évoquer au sein de notre hémicycle un fléau silencieux lié à un type de pathologies qui touche près de 192.000 personnes en Belgique et des millions à travers le monde.
En effet, les formes de démence augmentent significativement depuis plusieurs années. En 2050, le nombre de malades dans le monde pourrait s’élever à 152,8 millions, soit une augmentation de 166% depuis 2019. En cause, essentiellement le vieillissement de la population auquel notre pays n’échappe pas. L’âge est en effet le principal facteur. Il n’est pas le seul, puisque les facteurs environnementaux, socioculturels et génétiques font partie des éléments mis en cause.
Derrière chaque diagnostic, après souvent un long parcours du combattant pour qu’il soit confirmé, il y a une femme, un homme, un parent, une famille, un collègue, un voisin ou un ami. Il y a des souvenirs qui s’effacent, des noms qui s’oublient, des repères qui se brouillent, des familles qui s’inquiètent, s’épuisent, et trop souvent encore, se retrouvent seules.
Aujourd’hui, nous devons regarder cette réalité en face : notre système de santé n’est pas suffisamment armé et à la hauteur du défi que représente la maladie d’Alzheimer. Le manque de moyens, le retard dans le diagnostic lié à l’hétérogénéité de la maladie, l’errance médicale des patients avant de mettre le doigt sur la maladie, les structures d’accueil inadaptées, le manque de soutien aux aidants proches, le coût social énorme lié à la dépendance du malade à l’égard de ses proches, l’impact sur les budgets des soins de santé, le manque de gériatres et de neuropsychologues , leur manque de formation adaptée, la pression de mise sur le personnel soignant dans les maisons de repos, la douche froide que représente souvent l’annonce de la maladie, la dispersion des sources d’information – tout cela doit changer. Et cela peut changer, si nous unissons nos forces, si nous en faisons une priorité concertée à tous les niveaux de pouvoir.
C’est pourquoi, notre groupe politique a décidé de poser le débat dans notre haute assemblée en faveur d’une stratégie globale associant tous les acteurs politiques et de terrain concernés, parce que c’est ici au sénat que ce genre de débat de société important a toute sa place.
Je remercie à ce propos mes collègues de la commission des affaires transversales-matières communautaires pour les riches débats que nous avons eus, pour tous ces amendements qui améliorent le texte afin qu’il colle encore davantage aux réalités de terrain du secteur médical, mais aussi à celles des personnes malades et de leur famille comme cela nous a été exprimé à de multiples reprises lors des auditions.
Il ressort, sans aucun doute, des interventions des personnes entendues en commission, un consensus très large en faveur d’un appel à la mobilisation générale pour un plan national relatif à la prise en charge de la maladie d’Alzheimer et autres maladies apparentées.
L’objectif serait bien sûr d’y associer les associations représentatives de patients et des aidants proches, les soignants, les services de soins à domicile, les représentants des maisons de repos, tout qui est de près concerné par la thématique.
Evidemment, il s’agit d’élaborer des pistes concrètes de travail à l’attention des différents gouvernements. Un tel projet a un coût, on le sait. Il faudra se mettre tous autour de la table, avec détermination et conviction au-delà des traditionnels clivages politiques, pour discuter, évaluer, trancher, prioriser et construire cette stratégie nationale.
Bien sûr il faudra une estimation de l’impact financier des mesures proposées, en concertation avec le KCE pour définir un plan certes ambitieux, mais surtout réaliste dans un cadre budgétaire strict et parfaitement maîtrisé.
Bien sûr, il faudra aussi un calendrier de mise en œuvre pour lisser les dépenses avec des échéances claires pour éviter de perdre le cap que nous nous serons fixé.
Il nous faut agir maintenant, sans attendre.
Que nous disent les médecins, les associations, les familles ?
Nous pouvons mieux faire :
Il faut un registre des cas d’Alzheimer comme pour le cancer.
Il faut un cadastre, pourquoi pas avec l’aide des provinces, pour évaluer ce qui existe déjà comme structures ou aides, détecter les doublons, où sont les manques et assurer ainsi une juste répartition des ressources pour assurer à chacun une prise en charge adéquate.
Il faut un accompagnement des aidants proches sachant que 70% des personnes atteintes vivent à leur domicile. Cette piste peut avoir un impact significatif et positif sur la sécurité sociale. Les aidants familiaux sont les héros de l’ombre. Ils ont besoin de répit, de soutien psychologique, de formation, et d’une reconnaissance concrète de leur rôle. Nous devons tout faire pour leur offrir des droits, et non simplement des mots.
Il faut soutenir davantage la recherche scientifique pour comprendre la maladie et éviter qu’elle ne progresse.
Il faut sensibiliser et réorienter la formation des acteurs de la santé au sein de nos universités qui n’ont actuellement que quelques heures de cours sur les formes de démence mais également tout au long de leur carrière, que ce soit dans le secteur médical ou paramédical.
Il faut axer les politiques de prévention existantes en faveur de l’activité physique, l’alimentation, l’activité cognitive et sociale.
Il faut remettre le médecin généraliste au centre du processus aidé par des médecins référents ou des case managers spécialisés comme en Flandre.
Il faut revoir la présentation des dossiers médicaux pour une perception plus humaine des résidents en maison de repos.
Il faut réduire la prescription excessive des médicaments dans les maisons de repos pour maintenir le plus longtemps possible le droit à l’autodétermination et l’autonomie du patient. Il faut également repenser nos maison de repos pour en faire des lieux de vie conviviaux qui rappellent la maison où on a vécu pour garder les repères qui rassure, où on oublie la blouse blanche, où le dialogue avec le patient reprend ses droits pour qu’il reste acteur de sa destinée, et où on utilise un vocabulaire plus positif par rapport aux situations de démence pour éviter toute déshumanisation ou de surfer sur la peur.
Il faut des parcours de soins coordonnés.
Il faut explorer les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle pour le dépistage, l’accompagnement et la guérison.
Il faut que les informations relatives à la maladie soient recentrées en un seul endroit pour en faciliter un accès simple et complet par tout un chacun.
Il faut sensibiliser, en collaboration avec le secteur associatif, les communes, les musées, les banques, les coiffeurs, les commerçants, les zones de police, les avocats en faveur d’une meilleure inclusion des patients atteints de démence, tout comme les employeurs en faveur d’une politique de l’emploi adaptée à ces situations particulières.
Il faut enfin oser discuter et analyser la possibilité d’étendre la déclaration anticipée de la loi sur l’euthanasie aux personnes atteintes de démence de manière irréversible.
Il y a tant de choses à faire, et pas nécessairement coûteuses. Il ne faut pas nécessairement faire plus, il faut surtout faire mieux et ensemble ! C’est là l’essentiel de notre message aujourd’hui.
Chers Collègues, investir dans la prise en charge d’Alzheimer, ce n’est pas une dépense, c’est un choix de société. C’est affirmer que nous ne laisserons personne sur le bord du chemin. C’est croire en une société solidaire, humaine et digne. Je vous le dis avec conviction : le combat contre Alzheimer est un combat qu’il est plus que temps de mener pour le gagner.
Je terminerai mon intervention par un merci tout particulier adressé à tous les professionnels médicaux et paramédicaux investis auprès des personnes atteintes de démence, mais aussi à toutes les associations Ligue Alzheimer et autres qui tentent de faire bouger les choses depuis des années. Je tire enfin et surtout mon chapeau à tous les aidants proches pour la force et le courage qu’ils déploient au quotidien. Merci pour votre attention.
Le Sénat adopte la résolution du MR : soutien total à l’Ukraine, pression maximale sur la Russie
/dans Georges-Louis Bouchez, Gaëtan Van Goidsenhoven, Actualités /par Olaf Van.
Ce vendredi 28 mars, à l’occasion du triste anniversaire des trois ans de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, le groupe MR au Sénat a fait adopter une proposition de résolution affirmant son soutien indéfectible à l’Ukraine et à sa population.
Ce vendredi 28 mars, à l’occasion du triste anniversaire des 3 ans de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, le groupe MR au Sénat a fait adopter une proposition de résolution marquant son soutien indéfectible à l’Ukraine et à sa population. Plus de naïveté. Plus de demi-mesure. L’Europe doit assumer un rapport de force avec la Russie.
Portée par notre chef de groupe Gaëtan Van Goidsenhoven et nos sénateurs Valérie De Bue et Jean-Paul Wahl, cette résolution insiste sur la nécessité de renforcer l’aide militaire, économique et humanitaire à l’Ukraine, d’intensifier les sanctions contre la Russie et ses alliés, et de garantir une réponse diplomatique forte pour faire face aux menaces qui pèsent sur la sécurité européenne.
« La guerre en Ukraine n’est pas une guerre lointaine. C’est une guerre contre nos valeurs. Elle nous impose de sortir d’un confort géopolitique illusoire : la paix durable passe par la victoire ukrainienne » déclare Gaëtan Van Goidsenhoven.
Voici quelques chiffres qui ne traduisent pas seulement l’ampleur du conflit, mais aussi le basculement historique d’une Europe qui refuse de subir :
Le Président du Mouvement réformateur Georges-Louis Bouchez l’affirmait à l’issue du sommet de la Démocratie : « L’Europe ne peut plus être la passagère naïve du monde d’hier. Elle doit se doter d’une véritable puissance stratégique ».
Notre résolution condamne explicitement les crimes de guerre, les attaques contre les civils et les infrastructures, ainsi que l’utilisation du viol comme arme de guerre, tout en rappelant l’urgence de documenter ces crimes et de poursuivre leurs auteurs, notamment à travers la Cour pénale internationale et un tribunal spécial pour le crime d’agression.
« Nous ne pouvons fermer les yeux sur les violences sexuelles massives, les déportations forcées, et les violations systématiques des droits humains. Les femmes, premières victimes invisibles de ce conflit, doivent être au cœur des préoccupations de la justice internationale. » souligne Valérie De Bue.
Avec cette résolution, le MR demande au gouvernement fédéral de :
Le MR, plus que jamais, assume son rôle de force progressiste et responsable, en Belgique comme en Europe.
Retrouvez ici l’intervention complète de Gaëtan Van Goidsenhoven
Monsieur le Président,
Chers collègues,
Trois ans.
Trois ans que l’Ukraine résiste, seule en première ligne, contre l’une des armées les plus brutales de notre époque. Trois ans que les Ukrainiens paient de leur sang et de leur liberté. Trois ans que nous regardons la Russie détruire des villes entières, assassiner des civils, violer des femmes, kidnapper des enfants. Trois ans que nous disons : « Nous soutenons l’Ukraine. »
Mais aujourd’hui, il faut aller plus loin. Parce que si nous soutenons vraiment l’Ukraine, alors nous devons l’aider à gagner. Si nous soutenons vraiment l’Ukraine, alors nous devons dire clairement que tout accord de paix qui légitimerait l’agression de Moscou est inacceptable. Si nous soutenons vraiment l’Ukraine, alors nous devons cesser de mesurer notre engagement à l’aune de notre lassitude.
Aujourd’hui, nous ne sommes pas ici pour commenter l’histoire, mais pour peser sur son cours. Aujourd’hui, nous avons un choix à faire : céder aux voix du renoncement, aux sirènes de la résignation, ou affirmer, avec force et clarté, que nous ne trahirons ni l’Ukraine, ni l’Europe, ni nous-mêmes.
Ce conflit est un test. Un test pour nous, Européens. Un test pour notre détermination, pour notre solidarité, pour notre capacité à comprendre que ce qui se joue là-bas décidera de notre avenir ici.
Car ne nous y trompons pas : ce n’est pas seulement l’Ukraine que la Russie cherche à soumettre. C’est l’Europe tout entière qu’elle veut voir s’effondrer sous le poids de ses divisions et de sa faiblesse.
Soyons clairs : l’agression russe n’est pas une guerre comme une autre. Ce n’est pas un conflit entre États, une dispute de frontières. C’est une tentative brutale et méthodique de démantèlement d’un État souverain. C’est une déclaration de guerre aux principes mêmes qui fondent l’Europe et l’ordre international. Laisser Poutine gagner, c’est valider la loi du plus fort. C’est dire à chaque dictateur qu’il peut envahir son voisin s’il a assez de chars et de missiles. C’est condamner l’Europe à l’instabilité, à l’insécurité et, tôt ou tard, à la guerre.
Chers collègues,
Nous nous sommes trop souvent raconté des histoires.
En 2014, après l’annexion de la Crimée, nous avons pensé que Poutine se contenterait de ce territoire et que quelques sanctions suffiraient à le dissuader d’aller plus loin.
En 2022, lorsqu’il a lancé son offensive contre Kiev, nous avons espéré qu’il se heurterait à un échec rapide ; que l’Ukraine tiendrait et qu’en quelques semaines, quelques mois tout au plus, la Russie se retirerait, humiliée.
En 2023 et 2024, nous avons cru que les contre-offensives ukrainiennes allaient définitivement inverser le cours de la guerre.
Et nous sommes là, en 2025, à constater que la guerre continue. Que les lignes bougent peu, que les morts s’accumulent, que le soutien international vacille. Que les États-Unis hésitent. Que l’Europe, qui promet beaucoup, tarde parfois à livrer.
Nous sommes là, en 2025, à entendre des voix nous dire qu’il faut maintenant négocier, qu’il faut trouver un accord avec Moscou, que la guerre coûte trop cher, que l’Ukraine doit faire des concessions.
Mais je vous le demande : quelles concessions ?
L’Ukraine devrait-elle abandonner Donetsk et Louhansk ? Devrait-elle accepter que des millions de ses citoyens vivent sous une occupation russe brutale ? Devrait-elle tourner la page sur les massacres de Boutcha, d’Irpin, de Marioupol ?
Soyons sérieux.
Nous savons tous ce qui arriverait si nous poussions l’Ukraine à un « compromis » aujourd’hui. Ce serait un Minsk 3, une trêve temporaire, un gel des positions qui ne ferait que préparer la prochaine offensive russe, dans un an, dans cinq ans, dans dix ans.
Nous avons déjà vécu cela. Nous avons vu ce que les accords de Minsk ont produit après 2014 : un conflit larvé, des violations incessantes, puis une invasion totale.
Alors aujourd’hui, je vous le dis avec gravité : si nous laissons l’Ukraine perdre, nous préparerons notre propre défaite.
Chers collègues,
Nous sommes à un tournant. L’Europe n’a plus le droit d’être naïve.
L’histoire nous regarde. Ce que nous ferons – ou ne ferons pas – dans les mois à venir décidera de l’avenir de l’Ukraine, mais aussi du nôtre. Car ne nous y trompons pas : ce conflit n’est pas un affrontement lointain entre deux pays. Il est une épreuve pour l’Europe, pour l’Occident mais aussi pour la Belgique.
Car que nous apprend l’histoire ? Qu’aucune dictature ne s’arrête d’elle-même. Que chaque concession faite à un agresseur nourrit sa prochaine agression. Que chaque faiblesse nourrit sa prochaine audace.
Nous avons déjà trop tardé. Il a fallu l’horreur de Boutcha pour que nous comprenions qu’aucune négociation avec Poutine n’est possible. Il a fallu l’attaque contre la centrale de Zaporijjia pour que nous saisissions la gravité de la menace nucléaire. Il a fallu le sabotage des infrastructures énergétiques européennes pour que nous réalisions que nous étions aussi en guerre – même si nos villes ne brûlent pas.
Aujourd’hui, nous devons aller plus loin.
Dès lors, nous devons renforcer immédiatement notre soutien militaire. Pas demain, pas dans six mois, mais maintenant. L’Ukraine a besoin de munitions, de systèmes de défense aérienne, d’avions de combat. Elle a besoin d’armes pour tenir, et d’armes pour avancer.
Nous devons durcir nos sanctions. Non, la Russie n’est pas « à bout de souffle ». Non, le régime de Poutine ne vacille pas. Oui, il a subi des pertes colossales, mais il compense par la terreur et par une économie de guerre soutenue par la Chine, l’Iran et la Corée du Nord. Tant que Moscou pourra financer son effort de guerre, tant que ses entreprises pourront contourner nos sanctions en passant par des pays tiers, la guerre continuera.
Nous devons garantir à l’Ukraine son adhésion à l’Union européenne. Parce que l’Europe ne peut plus se permettre de rester à mi-chemin. Parce qu’un pays qui se bat pour défendre nos valeurs doit être accueilli parmi nous. Parce que c’est le seul signal de long terme qui puisse dire à la Russie : « Vous avez perdu. »
Enfin, nous devons nous préparer.
Car si l’Ukraine tombe, personne ne sait où s’arrêtera la Russie.
Certains pensent que l’OTAN suffira à dissuader toute nouvelle aventure militaire de Moscou. Peut-être. Mais peut-être pas.
Si demain, des « séparatistes » pro-russes apparaissent en Estonie, en Lettonie, en Moldavie, en Géorgie, que ferons-nous ?
Si demain, Moscou teste notre solidarité en provoquant une crise aux frontières de la Pologne ou de la Roumanie, serons-nous prêts à répondre ?
Nous devons comprendre une chose essentielle : nous sommes entrés dans une ère où la guerre n’est plus une hypothèse lointaine, mais une possibilité tangible.
Cela signifie que l’Europe doit se réarmer, et vite.
Cela signifie aussi que nous devons renforcer notre industrie de défense, mutualiser nos efforts, cesser d’attendre que les États-Unis fassent le travail à notre place.
Cela signifie, enfin, que la Belgique aussi doit prendre ses responsabilités. Augmenter notre budget militaire n’est pas un luxe, c’est une nécessité. Contribuer à la défense de l’Ukraine, c’est investir dans notre propre sécurité.
Chers collègues,
Je sais que certains d’entre vous se disent que ce discours est trop alarmiste ; que ce type de résolution n’a pas sa place dans cet hémicycle.
Mais demandez-vous ceci : si nous avions tenu ces propos en 2014, en 2015, en 2016, peut-être que nous n’en serions pas là aujourd’hui. Demandez-vous comment les familles assiégées depuis trois, les soldats se sacrifiant au front accueilleront la nouvelle de notre soutien, celui du Sénat de Belgique. Est-ce réellement si inutile ?
Nous n’avons pas le droit de répéter les erreurs du passé.
Nous devons être lucides. Nous devons être fermes.
Nous devons soutenir l’Ukraine non pas par charité, non pas par émotion, mais parce que c’est notre intérêt stratégique. Parce que ce combat est celui de la liberté contre la dictature. Parce que nous n’avons pas d’autre choix si nous voulons préserver la paix sur notre continent.
C’est pourquoi la résolution que je dépose aujourd’hui est une nécessité. Elle est un engagement ferme, sans ambiguïté. Elle condamne, avec la plus grande fermeté, l’agression russe et ses crimes de guerre. Elle appelle à intensifier notre soutien à l’Ukraine – militairement, économiquement, diplomatiquement. Elle exige que la Belgique et l’Union européenne renforcent les sanctions contre la Russie et ses alliés. Elle affirme que la paix ne peut pas être un marché de dupes où l’Ukraine serait contrainte de céder ses territoires pour acheter un cessez-le-feu temporaire. Enfin, elle s’inscrit dans la droite ligne des 3 résolutions déjà adoptées par notre assemblée lors de la législature précédente et souligne, par la même occasion notre constance.
Alors je vous le dis, avec force : adoptons cette résolution. Renforçons notre engagement. Restons aux côtés de l’Ukraine jusqu’à la victoire.
Et que plus jamais, l’histoire ne puisse dire de nous que nous avons manqué à notre devoir.
Viviane Teitelbaum porte la voix des femmes afghanes au Sénat : Adoption d’une résolution contre l’apartheid fondé sur le sexe ou le genre imposé par les talibans en Afghanistan
/dans Georges-Louis Bouchez, Gaëtan Van Goidsenhoven, Actualités /par Olaf Van.
Ce vendredi 28 mars en séance plénière, le groupe MR au Sénat a fait adopter une résolution dénonçant avec fermeté la situation dramatique des femmes en Afghanistan sous le régime des talibans.
« Les talibans ont transformé l’Afghanistan en prison pour la moitié de sa population. Invisibles et désormais silencieuses, les femmes sont victimes d’une régression alarmante et intolérable qui répond à la définition d’apartheid fondé sur le sexe », explique Viviane Teitelbaum. Il ne s’agit pas de discrimination, mais d’ un système de gouvernance fondé sur l’effacement des femmes.
Les faits sont accablants :
– 1,1 million de filles exclues de l’enseignement secondaire ;
– 0 femme dans les institutions publiques ou judiciaires ;
– 18 % des Afghanes n’ont rencontré aucune femme en dehors de leur famille depuis trois mois ;
– 68 % d’entre elles déclarent une santé mentale « mauvaise » ou « horrible » ;
– En 2023, près de 30 % des filles de moins de 18 ans étaient déjà mariées, dont près de 10 % avant l’âge de 15 ans
Les talibans interdisent désormais aux femmes de se déplacer seules, de travailler, de se rendre dans des lieux publics, elles ne peuvent plus faire entendre leur voix en public, chanter ou lire à voix haute, ni même entendre d’autres femmes dans l’espace public.
Par cette résolution, le MR demande au gouvernement fédéral de :
– D’exiger des Nations unies la reconnaissance de l’apartheid sexuel ou de genre comme crime contre l’humanité;
– Renforcer les sanctions diplomatiques et économiques ciblant les talibans ;
– Conditionner l’aide internationale au respect des droits des femmes
– Renforcer l’accueil et la protection des militantes afghanes
Viviane Teitelbaum : « Reconnaître et combattre l’apartheid fondé sur le sexe est un combat pour les droits humains universels, un combat pour la justice et la dignité. Ne laissons pas éteindre leur voix, disparaître leurs visages ».
Gaëtan Van Goidsenhoven, chef de groupe MR au Sénat, conclut : « Refuser d’agir, c’est consentir à la barbarie. Cette résolution est un signal fort : la Belgique ne détournera pas le regard ».
Le Mouvement réformateur réaffirme que les droits des femmes ne sont pas négociables, et que la lutte pour la dignité humaine ne s’arrête pas à nos frontières.
Retrouvez ici l’intervention complète de Viviane Teitelbaum :
Monsieur le Président, Cher.e.s collègues,
Il y a trois ans, en août 2021, le monde regardait avec effroi les talibans reprendre Kaboul, s’emparer du pouvoir, entraînant une régression rapide et alarmante des droits humains et des droits des femmes. Depuis, la situation des femmes afghanes continue de se détériorer sous les yeux du monde entier.
Le régime des talibans ne s’est pas contenté de restreindre les droits des femmes. Pour les femmes et les filles de ce pays, il ne s’agit pas d’une simple régression mais d’un véritable système organisé et institutionnalisé d’oppression fondé sur le sexe, qui vise à exclure les femmes et les filles de la vie publique, à les priver de leurs droits fondamentaux et, in fine, à les effacer de la société.
Elles ne peuvent plus aller à l’école, à l’université. Elles ne peuvent plus travailler. Elles ne peuvent plus se soigner, ni soigner les autres. Elles ne peuvent plus se déplacer seules, ni même se rendre dans un parc. Elles doivent se couvrir entièrement lorsqu’elles quittent leur domicile, jusqu’à mettre un masque sur la bouche. Elles ne peuvent plus faire entendre leur voix en public, chanter ou lire à voix haute. Le gouvernement taliban a transformé l’Afghanistan en une immense prison pour la moitié de sa population. Invisibles et désormais silencieuses.
Il faut une réponse internationale. Nous devons nommer ce crime pour ce qu’il est : un apartheid sexuel ou de genre.
L’apartheid, tel que défini par le droit international, n’est pas limité à la race. La Convention internationale de 1973 sur la répression du crime d’apartheid et le Statut de Rome de la Cour pénale internationale définissent l’apartheid comme un système institutionnalisé de domination et d’oppression systématique d’un groupe sur un autre, dans l’intention de maintenir ce système.
Pour Annie Sugier, présidente de la ligue internationale des droits des femmes, le parallèle entre l’Afrique-du-Sud et l’Afghanistan ou l’Iran s’impose : il y a dans les deux cas « un système institutionnalisé qui se fonde sur une séparation et une inégalité », la définition de l’apartheid.
L’ONU, des juristes internationaux, des organisations de défense des droits humains reconnaissent aujourd’hui que ce qui se passe en Afghanistan correspond exactement à cette définition.
Ce n’est pas une simple série de lois misogynes. C’est un système de gouvernance fondé sur l’effacement des femmes. Le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation en Afghanistan, Richard Bennett, l’a clairement exprimé : « L’institutionnalisation de l’oppression des femmes en Afghanistan n’est pas une simple discrimination, c’est un apartheid de genre. Un système conçu pour exclure, dominer, terroriser les femmes. »
L’interdiction d’étudier touche aujourd’hui plus de 80 % des filles du pays. L’accès à l’université leur est interdit. L’interdiction de travailler a contraint les femmes à quitter les administrations, les entreprises et les organisations humanitaires, les condamnant ainsi à la dépendance économique et à l’invisibilité. L’interdiction de circuler est tout aussi implacable : elles ne peuvent pas voyager sans un homme de leur famille, ni prendre un vol intérieur sans tuteur, ni même marcher seules dans la rue. L’interdiction de parler et d’être entendue est un pas de plus vers leur effacement. En octobre 2024, une nouvelle directive leur a même interdit d’entendre d’autres femmes dans l’espace public.
Enfin, l’interdiction d’exister est devenue une réalité implacable. Elles sont emmurées vivantes chez elles. Un système qui réduit une moitié de la population à l’état de fantôme n’est pas par ignorance, et ce n’est ni une déficience, ni même une carence ou une absurdité, c’est une barbarie.
Ces interdictions ne sont pas seulement des atteintes aux droits fondamentaux. Elles ont des conséquences tragiques et immédiates. L’explosion des mariages forcés et précoces est l’une des plus dramatiques. En 2023, près de 30 % des filles de moins de 18 ans étaient déjà mariées, dont près de 10 % avant l’âge de 15 ans et parfois elles sont vendues dès l’âge de 6 ans à des hommes plus âgés pour nourrir leurs familles.
Privées d’éducation, ces jeunes filles sont enfermées dans des foyers où elles deviennent des servantes ou des esclaves sexuelles. L’interdiction de l’accès aux soins et les mariages forcés font exploser le nombre de grossesses précoces. D’après ONU femmes, d’ici 2026, les grossesses forcées augmenteront de 45 % et la mortalité maternelle de 50 %.
De plus, 68% pour cent des femmes afghanes déclarent souffrir de détresse mentale sévère. Cent quarante suicides de femmes ont été recensés en 27 mois. Et combien de suicides que nous ne saurons jamais, car dans une société où les femmes n’ont plus de voix, même leur mort passe sous silence. Nous assistons à un véritable féminicide d’État, un crime dont la seule finalité est l’effacement d’un sexe du corps social.
Parce que nous ne pouvons pas rester spectateurs, spectatrices, notre résolution demande au gouvernement fédéral d’exiger des Nations unies la reconnaissance de l’apartheid sexuel ou genre comme crime contre l’humanité. Nous devons durcir les sanctions contre les talibans, et faire du respect des droits des femmes et des filles une condition essentielle à notre niveau d’engagement avec les talibans dans tous les domaines, y compris dans le cadre de l’aide humanitaire. Nous devons renforcer l’accueil et la protection des militantes afghanes en danger.
Et surtout, nous devons être cohérent.e.s. Pas une once de légitimité, pas un compromis avec un régime qui asservit les femmes.
Chères, chers collègues,
N’ayant plus nulle part où se réfugier, victimes de viols collectifs et de tortures si elles sont emprisonnées, et les talibans ont dissous tous les mécanismes destinés à protéger les femmes contre un taux extrêmement élevé de violences domestiques. L’Afghanistan est aujourd’hui la situation la plus extrême pour les femmes.
A l’instar du courage des Afghanes, qui dans la foulée de la promulgation de la loi qui leur impose de cacher leur visage et éteindre leur voix, se sont filmées en train de chanter, nous devons agir.
A l’instar de Richard Bennet, le rapporteur spécial de l’ONU sur l’Afghanistan qui a déclaré devant le Conseil des droits de l’homme que le système institutionnalisé d’oppression fondée sur le genre des talibans serait constitutif d’un crime contre l’humanité, et rappelant qu’en Iran aussi la répression contre les femmes est systémique, nous devons agir.
Nous devons poser un acte fort. Refuser à notre niveau d’être complices de cette situation, et exiger que ce crime soit reconnu et combattu.
Il faut reconnaître et mettre fin à l’apartheid fondé sur le sexe. Ce combat pour les droits des femmes Afghanes, et au-delà, pour les femmes iraniennes aussi, et partout, est un combat pour les droits humains universels, un combat pour la justice et la dignité.
Je vous remercie.
Colloque sur l’autonomie et la déficience mentale : comment favoriser l’inclusion ? – Courrier de Philippe Dodrimont
/dans Georges-Louis Bouchez, Gaëtan Van Goidsenhoven, Actualités /par Olaf Van.
Alors que se clôturait le Colloque sur l’autonomie et la déficience mentale : comment favoriser l’inclusion ?, la sénatrice Viviane Teitelbaum a aussi rendu hommage à l’initiateur de ce colloque, son collègue Philippe Dodrimont. Pour des raisons de santé, ce dernier n’a malheureusement pas pu être présent au Sénat ce 21 mars. Mais son engagement en faveur d’une société plus inclusive, porté notamment à travers la résolution adoptée le 17 mai 2024, a été le moteur de cette initiative. Viviane Teitelbaum a donc pris la parole pour lire un message qu’il a souhaité adresser à l’ensemble des participants.
Courrier de Philippe Dodrimont – Conclusion du colloque
Madame la Vice-Présidente du Sénat,
Madame et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les orateurs,
Chers participants,
C’est avec une grande émotion que je m’adresse à vous aujourd’hui, bien que ce soit à distance et non depuis cette tribune où j’aurais tant aimé être présent à vos côtés. Croyez bien que mon absence est indépendante de ma volonté, et que je partage en pensée chaque échange, chaque témoignage, chaque engagement qui ont marqué cette journée.
Il y a quelques mois, lorsque j’ai eu l’honneur de déposer la proposition de résolution pour améliorer l’intégration des personnes porteuses d’une déficience mentale, c’était avec la conviction profonde qu’un changement était nécessaire et possible. Cette conviction, je ne l’ai pas portée seul. Elle est née des rencontres que j’ai faites sur le terrain, avec des familles, des associations, des éducateurs, des sportifs, des artistes, mais surtout avec ces hommes et ces femmes qui, malgré les obstacles, nous démontrent chaque jour qu’ils ont leur place pleine et entière dans notre société.
Ce colloque en est la preuve vivante : les idées avancent, les consciences évoluent, et la volonté d’agir est bien réelle. En unissant nos forces, nous avons le pouvoir de traduire cette volonté en actions concrètes.
L’inclusion ne doit pas être une promesse sans lendemain. Elle ne doit pas être une faveur accordée, mais un droit garanti. Et elle ne doit pas être vue comme un défi uniquement pour les personnes concernées, mais bien comme une richesse collective qui profite à toute notre société.
Aujourd’hui, nous avons posé des bases solides. Mais ce qui compte maintenant, c’est ce que nous allons en faire.
Je forme le vœu que les débats de cette journée nourrissent des engagements durables. Que les décisions politiques qui suivront s’inspirent des propositions formulées ici. Et que chacun d’entre nous, à sa manière, continue à porter cette cause.
Parce qu’au-delà des lois et des institutions, c’est par nos choix quotidiens, par notre manière de considérer l’autre, de lui donner sa place, que nous construirons une société réellement inclusive.
Je tiens à remercier chaleureusement les intervenants, le personnel du Sénat et toutes celles et ceux qui, aujourd’hui, ont partagé leurs idées et leurs expériences. Je vous assure que, même si je ne suis pas parmi vous aujourd’hui, mon engagement demeure total. La période de maladie que je traverse me permet aussi de mesurer ô combien il est nécessaire de pouvoir compter sur les autres pour affronter toute situation invalidante.
Les personnes les plus fragiles doivent être au cœur de nos préoccupations. Elles doivent savoir à quel point nous pensons à elles, en ce moment.
Et je vous donne rendez-vous, non pas dans un an, non pas dans dix ans, mais dès demain, pour continuer ensemble à transformer nos ambitions en réalités.
Avec toute mon amitié et ma reconnaissance,
Philippe Dodrimont