La voix des femmes afghanes, la force de la résistance

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Sous le parrainage de la sénatrice MR Viviane Teitelbaum, le Sénat de Belgique a accueilli ce 17 mars un colloque consacré au rôle des femmes au sein de l’opposition démocratique afghane, plaçant la notion d’« apartheid de genre » au centre des débats.

Depuis la prise de pouvoir des talibans en août 2021, « la vie en Afghanistan est devenue insupportable, en particulier pour les femmes », bannies de la vie publique au nom d’un système que de plus en plus d’acteurs qualifient désormais d’apartheid fondé sur le genre. Dans ce contexte, Viviane Teitelbaum a rappelé que « nous ne parlons plus de discrimination, mais d’apartheid sexuel (…) qui donc est un crime contre l’humanité », martelant qu’« il n’y a pas de démocratie sans femmes » et « pas d’avenir politique légitime fondé sur leur exclusion ».

Le colloque, organisé avec l’Afghanistan Women’s Diplomatic Network fondé par Nigara Mirdad, la European Foundation for Democracy et l’organisation Independent Diplomat, a réuni dirigeantes afghanes, figures de l’opposition démocratique, parlementaires belges et partenaires européens afin de mettre en lumière la résistance des femmes afghanes, d’explorer les voies vers un gouvernement inclusif et de renforcer le soutien de l’Union européenne aux forces démocratiques afghanes.

Dans son mot de bienvenue, la vice‑présidente du Sénat Valérie De Bue a dénoncé un ordre social qui « porte atteinte aux droits fondamentaux » des Afghanes avec une brutalité telle qu’« il paraît difficile d’en ressentir à distance toute la cruauté », tout en soulignant que « donner la parole à ces femmes (…) nous paraît dès lors un devoir moral ». Elle a rappelé que le Sénat a déjà demandé au gouvernement fédéral d’activer tous les leviers diplomatiques appropriés pour soutenir leurs droits et a invité les participants à prendre connaissance de la résolution relative à l’apartheid fondé sur le sexe ou le genre votée le 28 mars 2025.

Viviane Teitelbaum a développé la notion de gender apartheid en montrant comment les talibans ont construit une véritable « architecture juridique de domination » : une nouvelle réglementation pénale qui « transforme des pratiques arbitraires en normes juridiques », minimise les violences domestiques, criminalise l’autonomie des femmes, fait du fait de quitter son domicile sans permission un crime et expose à l’emprisonnement celles qui cherchent refuge, y compris dans leur propre famille. Derrière chaque article de loi, a‑t‑elle insisté, se cache « une fillette qui ne retournera jamais à l’école, une femme qui ne peut quitter sa maison sans peur, une mère qui doit apprendre à sa fille à baisser les yeux, non par modestie, mais pour survivre ».

Les Afghanes ne sont pas des victimes passives mais « des actrices de résistance, des leaders, des voix qui portent l’avenir de leur pays — souvent au péril de leur vie ». Elles ont salué le courage des intervenantes afghanes – qu’il s’agisse de militantes pour une éducation de qualité, de responsables de coalitions pour la justice ou de représentantes de la résistance nationale – qui, en Afghanistan comme dans la diaspora, « continuent de s’organiser, de plaider, de documenter les abus et de maintenir l’Afghanistan à l’agenda international ».

La lutte des femmes afghanes est à la fois un combat pour leur pays et un test pour la crédibilité du droit international. « Nous n’accepterons pas que les femmes afghanes soient le prix à payer pour des calculs géopolitiques. Pas en notre nom. Pas au détriment des femmes. Pas au détriment de la dignité », a résumé Viviane Teitelbaum, appelant l’Europe à garantir que les Afghanes soient présentes partout où se décident les politiques qui les concernent, car « quand l’inégalité devient loi, le silence devient complicité ».

Santé publique : réduire les risques du cancer du sein

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En séance plénière du Sénat, Viviane Teitelbaum est intervenue au nom du groupe MR sur la résolution visant à mieux prendre en compte les facteurs environnementaux dans la lutte contre le cancer du sein.

Dans son intervention, Viviane Teitelbaum a rappelé que, si certains cancers sont d’origine génétique, une grande part résulte de notre environnement et de nos modes de vie. Réduire les substances nocives, informer les citoyennes, dès la grossesse, et impliquer les professionnels de santé : tels sont les leviers d’une vraie politique de prévention.

Retrouvez ici son intervention complète

Chers Collègues,

Tout d’abord, nous remercions nos collègues du parti socialiste de nous avoir permis de nous pencher, en cette assemblée, sur un sujet de société qui touche particulièrement les femmes. Encore une fois, le sénat, par ses débats et ses auditions, a  permis une prise de conscience de chacun à l’égard d’ un défi de santé publique majeur.

La cancer du sein en Belgique, c’est 11.255 nouveaux cas dépistés chaque année (sur un total de 37.255 cancers dépistés). C’est chaque jour, 31 personnes qui reçoivent un diagnostic de cancer du sein et  chaque jour, 6 personnes qui décèdent de cette maladie.

La question centrale à nos débats en commission des affaires générales communautaires, était : est-ce que le cancer du sein est lié à une exposition à des facteurs environnementaux ?

Les auditions nous ont démontré que la réponse est oui, tout simplement parce qu’une grande partie des cancer du sein ne sont pas héréditaires. Seuls 5 à 10% de ces cancers sont liés à des mutations génétiques, ce qui signifie que l’environnement mais aussi notre mode de vie jouent un rôle important.

En effet, les expositions aux polluants chimiques, aux pesticides, aux rayonnements ionisants, à la pollution de l’air, mais aussi au tabac et à l’alcool, influencent ce risque en modifiant l’ADN et en perturbant les  hormones. Ce n’est donc pas uniquement l’agriculture souvent injustement pointée du doigt, mais une multitude de facteurs qui interagissent.

Le point positif de cette situation est que, contrairement aux facteurs génétiques, les facteurs environnementaux peuvent être réduits ou évités, même cette exposition toxique commence tôt dans nos vies. Elles concernent en outre différentes périodes sensibles de notre existence, telles que la grossesse, l’enfance et la puberté. C’est donc un enjeu de santé publique que de réduire ces expositions environnementales par des campagnes de sensibilisation d’envergure pour réduire le nombre de cas, réduire le nombre de traitements lourds et limiter l’impact sur l’économie et la sécurité sociale.

Par le dépôt de nos amendements, nous avons souhaité insister sur l’impératif d’une réduction des substances à la source, dès la fabrication et la mise sur le marché, conformément aux principaux enseignements des études disponibles.

Le caractère multiple, cumulatif et souvent invisible des expositions nuisibles pour l’être humain nécessitent des recherches scientifiques d’envergure. Cette situation invite également l’Europe à revoir les règles de traçabilité,  à évaluer et renforcer lorsque cela est nécessaire ses normes relatives à l’exposition, aux composants,  à la qualité du sol, de l’air et de l’eau.

Nous souhaitons que , dès la période pré conceptionnelle et durant la grossesse, une information complète et transparente soit de mise auprès des mères sur l’exposition aux substances nocives.

Cet accompagnement est à poursuivre  à chaque étape du développement de l’enfant, de la petite enfance à l’adolescence.

La population dans son ensemble doit d’ailleurs faire l’objet de mesures préventives pour éviter l’exposition aux substances néfastes grâce à des informations accessibles au plus grand nombre et des directives pratiques, avec également une approche par groupe cible fondée sur une communication et un accompagnement spécifiques.

Les professionnels de santé de première ligne (médecins généralistes, infirmières, pharmaciens) ont également un rôle essentiel à jouer pour réduire l’impact d’une exposition globale aux substances nocives.

Les employeurs sont aussi des acteurs de premiers plans dans le cadre de la prévention environnementale, sachant que certaines professions exposent davantage le personnel à des substances nocives, que certains vivent dans des environnements plus pollués, et que d’autres disposent d’un accès plus limité à l’information et à la prévention.

Pour répondre à tous ces défis, nous soutenons le ministre fédéral de la Santé publique dans son projet de nouveau plan cancer interfédéral en cours d’élaboration. Ce plan dotera enfin  notre pays d’une dimension conjointe avec les Régions avec une stratégie transversale claire et ambitieuse.

Chers Collègues,

Le cancer du sein ne touche pas que le corps des femmes principalement touchées. Il impacte leurs relations sociales, leur travail, leur santé mentale et leurs projets de vie . Je vous propose dès lors de profiter de cette journée pour marquer de notre soutien toutes ces femmes qui développent une grande résilience, qui trouvent un autre sens à leur vie malgré la maladie.

En l’honneur de toutes ces femmes , le sénat, invite le pays par cette résolution à faire de la prévention du cancer, notamment du cancer du sein, une grande cause nationale notamment grâce à la journée mondiale contre le cancer du 4 février, à celle du 19 octobre dédiée au cancer du sein, ainsi qu’au mois d’Octobre Rose  pour rappeler, encore et encore, les conseils de prévention, de détection et de lutte contre la stigmatisation.

Je vous propose aujourd’hui de les applaudir comme il se doit.

Merci pour votre attention

Notre résolution sur le don d’organes approuvée à l’unanimité !

Ce vendredi, lors d’une séance plénière en plein air, le Sénat a adopté à l’unanimité la résolution du groupe MR relative au don d’organes, défendue par les sénateurs Gaëtan Van Goidsenhoven, Viviane Teitelbaum et Stéphanie Thoron.

Cette résolution, issue d’un long travail en commission des affaires transversales et communautaires, formule 43 recommandations concrètes destinées au gouvernement fédéral et aux entités fédérées. L’objectif ? Mieux informer, sensibiliser et encourager le don d’organes en Belgique, afin de sauver davantage de vies.

Malgré un cadre légal fondé sur le consentement présumé, seuls 4 % des Belges sont enregistrés comme donneurs ; 1 500 personnes sont actuellement en attente d’un organe, et 77 sont décédées en 2024 faute de greffe à temps. Pour le MR, il est essentiel de rompre les tabous et d’engager une réflexion collective autour de ce geste de solidarité.

« Le Sénat a montré sa capacité à se rassembler autour d’un enjeu commun : sauver des vies et renforcer la confiance dans le don d’organes. Merci à tous les collègues pour ce travail collectif et constructif. » Stéphanie Thoron, sénatrice MR.

 

Découvrez ci-dessous l’intervention complète de Stéphanie Thoron, prononcée en séance plénière au nom du groupe MR.

Monsieur le Président,

Chers Collègues,

Le Sénat a encore une fois montré sa capacité à se rassembler autour d’une thématique qui  concerne tous les citoyens de ce pays. C’est en effet à l’unanimité que la proposition de résolution relative aux dons d’organes que nous avons mise sur la table a été votée en commission des affaires transversales et communautaires.

Je tiens à remercier les collègues actifs dans cette commission pour les riches débats menés lors des auditions. En effet, la pertinence des interventions des personnes de terrain et la qualité des questions qui leur ont été posées, ont permis d’apporter une vrai-plus-value au texte initial avec le dépôt de  67 amendements par les différents groupes.

Ensemble, avec nos collaborateurs, nous avons abouti à pas moins de 43 recommandations concrètes à l’attention du gouvernement fédéral et des entités fédérées.

Ce sont 43 recommandations,  pas nécessairement couteuses, qui encouragent le don d’organes au sein de la population,  qui associent davantage les proches dans la démarche du don,

qui renforcent les équipes médicales et la recherche scientifique qui permettront d’assurer un meilleur encadrement de la phase post-transplantation, pour donner à  la greffe un maximum de chances de réussite.

Le travail des services de la commission est également à souligner. Les rapports des auditions, la relecture des amendements déposés, la compilation des votes dans le tableau récapitulatif sont des atouts incontestables qui ont permis la réussite et l’aboutissement de notre travail parlementaire.

Le don d’organes, c’est encore aujourd’hui, à l’heure où nous parlons, des chiffres  interpellants :

Seulement 4% de la population belge sont inscrits comme donneurs potentiels.

1500 personnes sont encore en attente d’un don dans notre pays cette année.

En 2024, 77 personnes sont mortes faute d’un organe reçu dans les temps.

Plus de 200.000 personnes ont expressément fait la démarche de refuser tout don de leurs organes dans notre pays.

Les personnes qui par contre expriment préalablement et formellement leur volonté de faire dons de leurs organes, enlève, on le sait,  un poids pesant pour les familles. En effet, dans ce cas de figure,  la décision vient de la personne directement concernée. Elle en prend dès lors l’entière responsabilité. Malgré cela, à l’heure actuelle, aucun médecin ne va légitimement à l’encontre de l’avis de la famille. De ce fait, ce sont 25% des donneurs potentiels  qui sont perdus à cause d’ une opposition des proches. C’est beaucoup trop. Cette situation traduit l’indispensable accompagnement des familles puisque ces refus sont souvent liés à un contexte de décès brutal ou au temps trop bref nécessaire entre la mort et le prélèvement qui génère beaucoup de stress.

Il est donc essentiel de sensibiliser davantage la population à cette thématique pour augmenter les dons et ainsi répondre davantage à la demande.

Comment ? En tapant sur le clou encore et encore, grâce aux journées dédiées, par la diffusion à la télévision, en radio, sur les réseaux sociaux et dans la presse écrite, de témoignages de médecins et de patients au sujet de dons réussis.

Les communes ont un rôle à jouer à ce niveau. Un recensement sur un portail des politiques menées au niveau des pouvoirs locaux serait très utile, tout comme une sensibilisation des citoyens  via leur bulletins communaux et site internet, tout comme  par une formation des agents communaux des services population pour une action au quotidien et le jour des élections.

Dans le domaine médical, la nécessaire collaboration des médecins généralistes, souvent en première ligne, a été à plusieurs reprises soulevée. Elle pourrait être très efficace via la check list du  dossier médical globalisé et par une meilleure communication à l’égard des familles.

Il est important aussi de reconnaitre la formation des infirmiers coordinateurs des transplantations, de renforcer la collaboration entre les hôpitaux et les équipes spécialisées dans la transplantation, tout comme de sensibiliser de manière ciblée les services d’urgence dans les hôpitaux.

Une attention particulière doit être portée sur les responsables religieux influants, les femmes  et les populations allochtones, sachant que les caractéristiques des organes varient d’un sexe et d’un continent à l’autre.

Les écoles sont en outre des partenaires privilégiés  pour informer les jeunes avec des supports percutants et adaptés à leur âge grâce à des moyens de communication modernes. A ce propos, les jours blancs notamment, constituent une excellente occasion de les impliquer.

Le secteur associatif actif en la matière est lui aussi un relais qui pourrait s’avérer très utile au SPF Santé publique.

La Belgique pourrait en outre développer sa collaboration avec les autres pays pour les dons croisés et développer les techniques de transplantations grâce à des programmes de recherche scientifique ambitieux et internationaux.

Autre aspect qui a retenu notre attention : le suivi post transplantation du patient pour en assurer la pleine réussite, tout comme une prévention en matière de santé publique qui joue également un rôle essentiel pour réduire le besoin d’organes. Bouger plus, manger mieux, ne pas fumer. Les campagnes sont en effet à renforcer là aussi.

Et enfin, sachant que le cout d’une transplantation varie entre 30.000 et 100.000 euros, nous sollicitons le KCE d’analyser la possibilité d’une prise en charge de certains examens complémentaires liés à l’âge avancé du patient, et d’un accompagnement multidisciplinaire, parce qu’une greffe est une épreuve qui peut s’adoucir si elle est accompagnée par un psychologue ou un kiné.

Chers collègues, le don d’organes, c’est un acte de solidarité et d’altruisme qui fait encore trop l’objet de tabous.  C’est sauver des vies, réduire les listes d’attente, améliorer la qualité de vie des malades dans un cadre médical très strict et rassurant. Parce qu’un jour, n’importe qui d’entre nous pourrait avoir besoin d’une greffe : un ami, un proche ou soi-même.

Encourager et mieux encadrer le don, c’est se protéger collectivement. C’est cette dynamique transversale que le sénat a voulu insuffler et nous vous remercions de l’avoir soutenue avec nous.

Don d’organes : le Sénat adopte à l’unanimité la résolution du MR pour sauver davantage de vies

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Ce vendredi, la commission des matières transversales – compétences communautaire du Sénat a adopté, à l’unanimité, notre proposition de résolution visant à mieux informer et sensibiliser la population au don d’organes.

Un texte fort, initié par les sénateurs MR Gaëtan Van Goidsenhoven, Stéphanie Thoron et Viviane Teitelbaum, qui formule 43 recommandations concrètes pour encourager le don et sauver davantage de vies.

Aujourd’hui encore, les chiffres interpellent : seulement 4 % des Belges sont enregistrés comme donneurs potentiels, tandis que 1 500 personnes sont en attente d’une greffe. En 2024, 77 patients sont décédés faute d’un organe reçu à temps. Pourtant, en Belgique, la loi repose sur le principe du consentement présumé : chacun d’entre nous est considéré comme donneur, sauf en cas d’opposition formelle.

Dans les faits, 25 % des dons sont perdus parce que la famille s’y oppose, souvent faute d’une discussion préalable sur la volonté du défunt.

« Beaucoup de familles refusent encore le don d’organes, non par opposition de principe, mais parce qu’elles ignorent la volonté du proche disparu. Exprimer sa position est donc primordial », souligne Gaëtan Van Goidsenhoven. « Il s’agit d’un acte de responsabilité, qui soulage aussi la douleur des proches et renforce la solidarité ».

Notre résolution propose une série d’actions ciblées pour mieux informer les citoyens :

  • multiplier les campagnes de sensibilisation à la télévision, en radio, sur les réseaux sociaux et dans la presse ;
  • impliquer les communes via leurs bulletins d’information et sites web, mais aussi leurs services population ;
  • renforcer le rôle des médecins généralistes lors du suivi médical global pour aborder le sujet avec leurs patients ;
  • sensibiliser les leaders religieux et les communautés d’origine étrangère, pour lever les tabous culturels ;
  • collaborer avec le secteur associatif et développer des supports pédagogiques à destination des écoles.

« Le don d’organes ne doit plus être un sujet tabou. C’est un geste profondément humain, porteur d’espoir et de vie », rappelle Stéphanie Thoron. « Pour sauver davantage de vies, il faut informer sans relâche, parler, témoigner et convaincre ».

Outre le don d’organes, la résolution insiste sur la prévention : bouger davantage, manger sainement, éviter le tabac… autant de comportements qui diminuent le risque nécessitant une transplantation. « Le don d’organes, c’est une double solidarité : entre celui qui donne et celui qui reçoit, mais aussi envers soi-même et la société tout entière », conclut Viviane Teitelbaum.
« Parce qu’un jour, chacun de nous peut être concerné, il est important d’agir collectivement ».

Par cette résolution, le MR réaffirme son engagement en faveur d’une société plus solidaire, où chaque don peut redonner la vie.

Anne-Charlotte d’Ursel : Approbation du rapport d’information sur la mobilité professionnelle

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Notre sénatrice Anne-Charlotte d’Ursel est intervenue pour notre rapport d’information sur la mobilité interrégionale des travailleurs et la coopération des services publics de l’emploi. Ce rapport met en lumière les disparités de chômage entre Flandre, Wallonie et Bruxelles, tout en alertant sur les pénuries de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs.​

Elle souligne que pour relever ces défis, il faut miser sur la formation, la maîtrise des langues nationales et l’adaptation des transports. Les 60 recommandations proposent de rapprocher les politiques de formation, faciliter le permis de conduire et améliorer la coopération entre institutions régionales.​

Le rapport a été approuvé aujourd’hui au Sénat.

Retrouvez son intervention complète ici :

Monsieur le Président, Chers Collègues,

Au nom de mon groupe, je prends la parole pour défendre mais aussi pour vous rappeler la genèse du « Rapport d’information visant à renforcer la mobilité interrégionale de l’emploi et la coopération entre les services publics de l’emploi ».

S’inscrivant dans la continuité des différents débats sur l’efficacité du marché du travail belge, ce rapport est né d’une demande du groupe MR en février dernier. Sous la conduite de trois co-rapporteurs MM. Diallo et De Roo ainsi que moi-même, la commission des matières transversales – compétences régionales – a auditionné experts, services publics, partenaires sociaux et représentants institutionnels de toutes les Régions de notre pays.

Ce travail de longue haleine, conduit pendant près d’un an, a permis de dresser un état des lieux circonstancié et partagé, aboutissant à l’élaboration de plus de 60 recommandations, fruit d’un dialogue constant et d’une volonté sincère de coopération.​

Les nombreuses auditions menées nous ont permis dégager un diagnostic sous formes de constatations à l’aide de l’éclairage d’experts de divers horizons tant du monde académique que du tissu économique de notre pays. Permettez-moi de vous en présenter un condensé

Notre pays reste marqué par des écarts persistants de taux de chômage et d’activité, non seulement entre Régions, mais aussi au sein des bassins d’emploi : des zones urbaines touchées par le chômage sont parfois voisines de zones rurales relativement dynamiques, et l’on observe même, dans un même bassin, des poches où la précarité persiste.

Les derniers chiffres montrent que la Flandre demeure autour de 3,8% de chômage, la Wallonie à 7,5%, et Bruxelles à 11,9%, alors que le taux national est de 6,2%. Si le contraste régional est patent, on observe aussi des fractures internes à chaque entité, ainsi qu’une disparité entre l’offre et la demande locale de compétences.​​

Une autre réalité saute aux yeux : les pénuries de main-d’œuvre sont généralisées et frappent toutes les régions. Le chevauchement des métiers en tension atteint 61% entre Flandre et Wallonie : construction, industrie, santé, transports, logistique, ce sont les mêmes secteurs qui peinent à recruter de part et d’autre de la frontière linguistique. Or, cette pénurie sera exacerbée dans les années à venir en raison du vieillissement démographique, surtout en Flandre et en Wallonie, où l’on prévoit une vague de départs à la retraite d’ici 2030 dans les métiers techniques, une tendance qui fragilisera encore davantage l’offre de main-d’œuvre qualifiée.​

Les auditions menées au sein de la commission ont confirmé que les profils des candidats wallons et bruxellois restent, pour nombre d’entre eux, insuffisamment qualifiés pour intégrer le marché du travail flamand. Ce dernier requiert dans 90% des cas non seulement des compétences techniques, mais surtout une bonne connaissance du néerlandais. Le manque de formation linguistique adaptée constitue dès lors une barrière majeure à la fluidité des parcours professionnels entre nos Régions.​

Il est, selon les experts, illusoire de croire que la mobilité interrégionale serait motivée par un différentiel salarial : l’évolution des salaires reste globalement homogène entre Régions. C’est bien la structuration du marché de l’emploi – pénurie des profils adéquats, qualifications techniques, maîtrise des langues – et non l’attractivité des salaires qui façonne la faible mobilité entre bassins.​​

Les flux de navetteurs se maintiennent à des niveaux élevés, surtout de la Wallonie ou de Bruxelles vers la Flandre, mais leur part dans l’emploi global ne progresse pas. Ces flux, s’ils s’intensifient en nombre absolu depuis 2015, n’entraînent donc pas de reconfiguration majeure du marché de l’emploi ; la rigidité territoriale persiste. Ainsi, les navetteurs wallons sont principalement concentrés dans les couloirs frontaliers tels que Hal-Vilvorde, Courtrai, Louvain, et proviennent de Nivelles, Tournai, Mouscron, Liège – principalement dans l’industrie, le nettoyage, la logistique.​

Les navetteurs bruxellois, quant à eux, sont surtout présents dans la périphérie nord (Vilvorde, Machelen, Zaventem), majoritairement dans des métiers de la logistique et du commerce nécessitant une qualification moindre mais un néerlandais opérationnel ; d’autres accèdent à des métiers dans les services administratifs, les professions libérales et l’industrie. On note, par ailleurs, que leurs profils diffèrent selon la destination : vers la Flandre, ils sont plus jeunes, moins qualifiés, parfois issus de l’immigration récente, tandis que vers la Wallonie, ils occupent des fonctions plus qualifiées et techniques.​

L’attractivité extérieure de la Belgique évolue, notamment dans ses flux transfrontaliers liés à l’emploi : avec recul des mouvements vers l’Allemagne, mais une croissance très rapide des flux vers le Luxembourg, principalement encouragée par la fiscalité et la demande accrue de travailleurs qualifiés. Depuis la crise sanitaire, ce mouvement tend à ralentir, mais il reste structurant pour certains métiers et bassins d’emploi.​

Il a également été souligné que la définition différenciée des métiers en pénurie d’une Région à l’autre demeure un obstacle majeur à la fluidité professionnelle, même si des convergences récentes ont été amorcées entre le Forem, le VDAB et Actiris. Les obstacles ne sont pas que culturels ou linguistiques ; ils sont aussi administratifs et institutionnels, du fait de l’éclatement des compétences et de la multiplication des dispositifs régionaux, qui complexifient indûment le parcours des personnes en situation de mobilité interrégionale.​

Néanmoins, la Belgique n’est pas restée inactive : la coopération entre services publics de l’emploi s’incarne depuis près de vingt ans dans des accords interrégionaux concrets. Ceux-ci permettent l’échange d’offres, l’orientation, l’organisation de formations et de cours de langues, sans oublier l’accompagnement des demandeurs d’emploi qui, souvent, entreprennent des démarches transrégionales à leurs risques et périls dans un paysage institutionnel et administratif difficilement lisible. Plusieurs chapitres du rapport détaillent également les collaborations bilatérales intensives – dans certains cas pionnières – entre Services Publics Régionaux de l’Emploi issus de chacune des entités fédérées, pierre angulaire d’un modèle coopératif qui ne demande qu’à être renforcé.

En définitive, ce diagnostic approfondi met au jour un marché du travail belge morcelé où la mobilité reste freinée par des obstacles multiples – institutionnels, administratifs, territoriaux, linguistiques mais aussi socioculturels et informationnels.

Cette réalité doit guider nos choix politiques et inspire le panel étendu de recommandations élaborées par la commission, que je vais maintenant vous exposer.

Sur le plan de la gouvernance, il est essentiel de renouveler les accords de coopération entre les services publics régionaux de l’emploi, en y incluant des objectifs opérationnels concrets en matière de mobilité, de monitoring et de rapportage régulier aux parlements régionaux. Il convient également d’optimiser l’interopérabilité technique avec une meilleure fluidité dans l’échange des données entre plateformes, y compris les offres de stages, ce qui suppose la mise en place d’une base juridique claire pour l’échange des données personnelles liées à l’accompagnement et à la formation.

La création d’équipes interrégionales et de points de contact uniques le long de la frontière linguistique, inspirés des bassins d’emploi, est recommandée, tout comme le renforcement de Synerjob pour piloter collectivement la numérisation et coordonner des projets communs.

Le rapport invite aussi à s’inspirer du projet « Compétences sans frontières » pour bâtir des collaborations sectorielles transrégionales robustes, ainsi qu’à favoriser les partenariats entre services publics et acteurs de proximité, privés et sectoriels, afin de mieux relier formation et insertion professionnelle.

Concernant les métiers en pénurie, le rapport appelle à poursuivre le rapprochement des définitions entre FOREM, VDAB et Actiris, afin d’assurer une meilleure comparabilité et une lecture commune. Il préconise d’ouvrir les dispositifs de formation accessibles pour les métiers en tension, quel que soit le lieu de résidence des candidats, ainsi que de mieux aligner les politiques de formation sur les besoins territoriaux, grâce à un partage d’information dynamique et une cartographie précise des métiers critiques .​

Sur le volet de la formation et des compétences, la mise en place d’un accord de coopération intercommunautaire et interrégional devra également permettre de faciliter les formations et stages interrégionaux. Le renforcement de la formation en alternance et de l’apprentissage en entreprise figure au premier plan, ainsi que la garantie d’un soutien linguistique en début de parcours.

Le rapport insuffle également la nécessité d’harmoniser l’accès aux stages interrégionaux pour tous les publics en formation et de reconnaître automatiquement les compétences acquises.

Les horaires de formation doivent être flexibilisés, notamment par des modules du soir, et l’investissement dans les compétences numériques, à travers des plateformes d’apprentissage à distance, est considéré comme prioritaire.

La reconnaissance des diplômes et compétences est un autre chantier majeur. Le rapport plaide pour une harmonisation des titres, certifications et formations entre Régions afin que leur validité soit reconnue sur tout le territoire. L’acquisition de compétences doit pouvoir être validée par des certificats et microcertifications reconnues, et des parcours conjoints de formation qualifiante, avec des passerelles ouvertes entre Régions et Communautés, devraient, selon nous, être mis en place.

Enfin, il est crucial de faciliter l’articulation entre opérateurs de formation régionaux tels que Syntra, ou encore l’IFAPME pour orienter efficacement les candidats.

La question des langues reçoit une attention particulière parmi ces recommandations. Le rapport appelle à stimuler l’apprentissage du néerlandais dès le plus jeune âge, ainsi que du français dans l’enseignement néerlandophone, en imposant l’apprentissage d’une deuxième langue nationale dans l’enseignement obligatoire. L’offre de formations linguistiques doit être intensifiée, incluant programmes d’immersion et coaching sur le lieu de travail. Des modules adaptés aux spécificités sectorielles doivent être développés, et les employeurs doivent être aidés à calibrer leurs exigences linguistiques au plus près des besoins réels.

Enfin, pour lever les obstacles matériels, le rapport insiste sur la nécessité d’un soutien concret à la mobilité : un accompagnement élargi pour l’obtention du permis de conduire B, inspiré des dispositifs Passeport Drive ou Mobil4Job, s’impose.

L’intégration et l’amélioration des transports publics sont également essentielles, comprenant la constitution d’un réseau cohérent, l’adaptation aux horaires atypiques, la mise en place d’un ticket unique et l’harmonisation tarifaire. Le développement des infrastructures dédiées, telles que parkings et desserte des bassins d’emploi en périphérie, est crucial. Pour cela, l’association des employeurs et la mutualisation des dispositifs de mobilité, comme le covoiturage ou les plans d’accès pour les industries isolées, doivent être encouragée.

Monsieur le Président, Chers collègues, je tiens à remercier, une fois encore, les co-rapporteurs, Messieurs Diallo et De Roo pour leur excellente collaboration. De plus, je tiens à rappeler que ce travail important et essentiel n’aurait pas pu être réalisé sans le concours des services du Sénat tant au sein de la commission que les services de traduction et d’interprétation. Je tiens à les remercier tout particulièrement.

Ces derniers mois de travail sur cette thématique se sont révélés des plus éclairants sur la situation de notre pays. J’appelle l’ensemble de mes collègues à soutenir l’adoption de ce document car il est le reflet d’un diagnostic partagé de l’état du marché par de nombreux experts issus de multiples horizons. Ce document, et tout particulièrement ses recommandations, donnera les moyens et les pistes nécessaires afin d’agir de manière solidaire et cohérente pour placer la mobilité professionnelle au cœur de toutes les politiques de développement économique et de relance afin d’en faire un véritable atout. Adopter ce rapport constitue également, pour notre groupe, le choix d’une Belgique du plein emploi et de la coopération institutionnelle plutôt que de la fragmentation et de la défiance.

Je vous remercie.

Mothers’ Call : Valérie De Bue accueille des artisanes de la paix au Sénat

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Ce mercredi, Valérie De Bue, Vice-Présidente du Sénat, a ouvert la rencontre entre les mouvements Women Wage Peace et Women of the Sun au Parlement fédéral. Ensemble, ces femmes, israéliennes et palestiniennes, incarnent le courage de tendre la main et de s’unir pour la paix, la dignité et la justice, malgré les épreuves et les douleurs du conflit.

Par sa présence et ses mots, Valérie De Bue a rappelé l’importance de soutenir et d’amplifier la voix de celles qui, chaque jour, choisissent la lumière de l’espoir plutôt que l’ombre de la violence. Son intervention souligne aussi le rôle essentiel de la Belgique et de l’Europe : encourager toutes les initiatives de dialogue qui ouvrent des chemins de coexistence.

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de son discours qui invite chacune et chacun à devenir, à son tour, ambassadeur de l’espoir

Women Wage Peace et Women of the Sun
Mme Valérie De Bue, Vice-Présidente du Sénat

Mesdames, Messieurs, chères amies,

C’est pour moi un honneur profond d’ouvrir cette rencontre, organisée par Women Wage Peace et Women of the Sun, deux mouvements qui portent une lumière rare dans l’une des régions du monde où l’ombre semble parfois la plus épaisse.

Ces associations rassemblent des femmes israéliennes et palestiniennes qui, malgré la douleur, malgré les pertes, malgré l’inquiétude quotidienne, ont choisi de donner une voix à l’espérance, à la coexistence et à l’avenir de leurs enfants.

Nous les accueillons aujourd’hui en Belgique, alors qu’elles sont à Bruxelles pour un évènement au Parlement européen. Leur présence parmi nous n’est pas seulement symbolique. Elle est un acte de courage. Elle nous rappelle que, même dans la tourmente, il existe des femmes déterminées à ouvrir des chemins que d’autres n’osent plus emprunter.

Le conflit israélo-palestinien dévaste depuis trop longtemps des familles entières. Mais ce sont les femmes et les enfants qui, bien souvent, en subissent les conséquences les plus cruelles : les mères qui enterrent leurs fils, les fillettes qui grandissent dans la peur, les femmes qui tentent de bâtir une normalité dans l’anormal, celles dont la voix est réduite au silence par la violence, la perte ou l’exil.

Les femmes ici présentes, israéliennes et palestiniennes, pourraient être séparées par la douleur, par la colère ou par les récits que leurs sociétés respectives leur transmettent. Et pourtant, elles ont choisi de se tendre la main. Elles ont choisi de se dire : notre humanité commune est plus forte que les murs qui nous séparent.

C’est avec cette conviction, chèrement acquise et douloureusement portée, que nous sommes réunis pour écouter aujourd’hui.
Au cœur de cette rencontre se trouve L’appel des mères. Ce texte n’est pas un document politique parmi d’autres. Il est l’expression d’un courage qui refuse la fatalité, d’une ferme intention de ne jamais laisser taire la voix de la paix, même si les nuages de poussière de la violence semblent tout recouvrir.

C’est un appel aux dirigeants de faire preuve de courage et de vision, c’est un appel aux peuples des deux nations, palestinienne et israélienne et c’est un appel aux femmes du monde entier et aux personnes de paix dans le monde entier : un appel pour un avenir de paix et de sécurité, de prospérité, de dignité, de justice et de liberté.

Mesdames, Messieurs, si nous sommes réunis ici, c’est parce que la paix ne peut être portée uniquement par celles et ceux qui vivent sous les bombes ou sous l’occupation. Elle doit être soutenue, encouragée, relayée. La Belgique et l’Europe ont un rôle essentiel : celui d’amplifier les voix civiles, de soutenir les initiatives de dialogue, de refuser toute logique qui exclut, déshumanise ou rend impossible la coexistence.

Et ce rôle est aussi celui des femmes politiques présentes ici aujourd’hui, de tous les partis démocratiques et de tous les niveaux de pouvoir. C’est aussi celui des associations féministes, qui ont toujours, partout dans le monde, joué un rôle essentiel dans les luttes pour la dignité humaine.

En ajoutant nos noms au leur, nous ajoutons nos voix à la leur. Et ensemble, nous faisons exister une force morale que personne ne pourra ignorer.
Que cette soirée soit un moment de rencontre, d’écoute et de solidarité.

Qu’elle soit aussi un point de départ : celui d’une mobilisation durable pour soutenir celles qui, chaque jour, affrontent la douleur mais choisissent pourtant la paix.

Merci. Merci aux femmes de Women Wage Peace. Merci aux femmes de Women of the Sun. Merci à vous toutes et tous d’être ici pour construire, ensemble, une lueur d’avenir.

Boualem Sansal est libre !

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Boualem Sansal est libre ! Dans le texte ci-dessous, notre sénatrice Viviane Teitelbaum raconte ce combat, partage son engagement et explique pourquoi ce dossier va bien au-delà d’un seul homme :

Un an, après son arrestation, l’écrivain Boualem Sansal est libre ! C’est un soulagement.

Arrêté à Alger, ce romancier a été privé de liberté, pour avoir exercé son droit le plus élémentaire : celui de s’exprimer librement. Tout au long de sa vie, Boualem Sansal a incarné le courage de la vérité : celui de dénoncer la censure, l’obscurantisme et les dérives totalitaires, qu’elles soient religieuses ou politiques.

Ses romans et essais, traduits dans de nombreuses langues, ont alerté le monde sur les dangers de la dérive totalitaire de l’islamisme, tout en appelant à la réconciliation et au dialogue entre les peuples.

Boualem Sansal, par son œuvre, a défendu la démocratie, la laïcité, les droits humains, le féminisme, la lutte contre l’antisémitisme, l’homophobie, et toutes les formes de haine. Il a défendu une conception exigeante et universelle de la dignité humaine.

Au Sénat comme ailleurs nous nous sommes élevés contre sa détention arbitraire et honteuse. Le 3 novembre la commission institutionnelle a voté à l’unanimité une résolution  exigeant sa libération immédiate.

Aujourd’hui il est libre. Nous en sommes heureux.

Au-delà de son cas, le sort de Boualem Sansal est emblématique d’une répression plus large qui vise la liberté d’expression, la presse, les droits des femmes et les militantes et militants.

Ces reculs des libertés, où qu’ils aient lieu ne peuvent être ignorés.

Je suis fière d’avoir porté cette exigence de liberté et réaffirmé notre solidarité et les valeurs universelles de la liberté sans compromission.

Je l’ai dit en commission, le droit à la parole libre et à la création ne doit jamais être limité par la peur ni par l’injustice.

Anne-Charlotte d’Ursel s’engage pour les personnes touchées par le Covid long

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À l’initiative de la sénatrice Anne-Charlotte d’Ursel, notre groupe MR au Sénat dépose une proposition de résolution visant à une prise en charge spécialisée pour les patients atteints de Covid long.

Selon les dernières données de Sciensano, près de 1 Belge sur 25 âgé de plus de 15 ans souffre de symptômes du Covid long, avec plus de 200 manifestations identifiées : fatigue chronique, douleurs, troubles cognitifs, anxiété, etc. La maladie impacte lourdement la vie sociale et professionnelle de milliers de personnes.

En Belgique, il n’existe aucun centre spécialisé dédié à la prise en charge du Covid long, contrairement à d’autres pays européens comme les Pays-Bas. Les patients sont souvent confrontés à l’absence d’un parcours de soins coordonné.

Notre proposition de résolution vise à :

  • Reconnaître le Covid long comme un enjeu majeur de santé publique.
  • Créer des parcours de soins multidisciplinaires et personnalisés, intégrant des professionnels formés, une meilleure coordination et des outils d’information fiables.
  • Renforcer le soutien à la recherche scientifique et l’accès aux traitements innovants.
  • Améliorer la collecte de données.
  • Informer et accompagner les patients, en particulier les femmes, public plus à risque, et les jeunes.

Valérie De Bue défend la protection du secret des commissions d’enquête parlementaire

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Lors de la séance plénière du 20 juin 2025, notre sénatrice Valérie De Bue est intervenue pour défendre une proposition de loi interprétative visant à clarifier les articles 1er, 3, 8, 10 et 13 de la loi du 3 mai 1880 sur les enquêtes parlementaires.

Cette proposition fait suite à un arrêt de la cour d’appel de Bruxelles qui remettait en cause le caractère confidentiel des travaux réalisés à huis clos par les commissions d’enquête. Pour Valérie De Bue, il était essentiel de répondre à cette insécurité juridique par un texte clair, respectueux de l’intention initiale du législateur et conforme aux avis du Conseil d’État.

La proposition adoptée précise qu’aucune pièce ni procès-verbal relatif à une réunion non publique d’une commission d’enquête ne peut être saisi par un juge, à moins que la commission elle-même ait levé l’obligation de secret. Cette précision n’est pas un privilège, mais une garantie du bon fonctionnement démocratique. En maintenant le contrôle du secret entre les mains du Parlement, la loi protège la séparation des pouvoirs, mais aussi la parole donnée aux témoins. « Ce texte ne nie pas la justice. Il réaffirme simplement que le judiciaire et le législatif ont des sphères d’autonomie qui ne doivent pas se confondre », a souligné Valérie De Bue dans son intervention.

L’enjeu est avant tout institutionnel. Lorsqu’un témoin accepte de parler à huis clos, c’est souvent à condition que ses propos restent confidentiels. Rompre cet engagement après coup reviendrait à fragiliser la parole du Parlement et à remettre en cause la confiance dans l’institution. C’est pourquoi le groupe MR a soutenu sans réserve cette proposition de loi interprétative, qui ne modifie pas le droit, mais en réaffirme la portée avec clarté et responsabilité.

Le texte voté préserve l’équilibre entre efficacité parlementaire, respect du secret et sécurité juridique.

Lire l’intervention complète de Valérie De Bue

Monsieur le Président,
Chers collègues,
Nous examinons aujourd’hui un texte juridiquement modeste mais institutionnellement fondamental. Cette proposition de loi interprétative vise à rétablir la clarté nécessaire sur un point central du droit parlementaire : le respect du secret des commissions d’enquête lorsqu’elles siègent à huis clos.

L’objet est clair : rappeler que, conformément à la volonté du législateur initial, aucun juge ne peut saisir les documents d’une commission d’enquête tenue à huis clos, sauf si celle-ci a décidé de lever le secret. Il ne s’agit pas d’un privilège, mais d’un principe de séparation des pouvoirs, destiné à protéger la capacité du Parlement à exercer pleinement ses missions de contrôle et d’évaluation politique.

Cette nécessité s’est imposée à la suite d’un arrêt de la chambre des mises en accusation de la cour d’appel de Bruxelles, rendu en 2022, qui affirmait que l’article 1er de la loi de 1880 ne faisait pas obstacle à la saisie judiciaire de procès-verbaux confidentiels. Une lecture qui, à notre sens, trahit à la fois la lettre et l’esprit de la loi.
En réponse, nous proposons une clarification interprétative, conforme à la Constitution et à l’intention du législateur initial, comme l’a reconnu le Conseil d’État. Il s’agit de garantir la souveraineté des commissions d’enquête : elles seules peuvent décider, en toute indépendance, de lever ou non le secret sur leurs travaux. Ce pouvoir cesse dès leur dissolution.

Mais au-delà de la technique juridique, ce débat touche à la confiance que les citoyens, et en particulier les témoins, peuvent avoir dans nos institutions. Lorsqu’un témoin est entendu à huis clos, il le fait souvent avec la garantie expresse que ses propos resteront confidentiels. Cette promesse engage le Parlement.

Et comme l’ont souligné le Conseil d’État et l’Avocat général auprès de la Cour de cassation dans leurs avis ce secret constitue un contrat moral et institutionnel fondamental. Il ne peut être trahi après coup, sans porter atteinte à la crédibilité même du travail parlementaire.

Selon ces avis, tout mécanisme de déclassification des documents confidentiels ne peut s’envisager que pour l’avenir, à condition que les témoins soient informés à l’avance. Vouloir imposer rétroactivement une levée du secret reviendrait à briser la parole donnée. Et une institution qui ne tient pas ses engagements est une institution qui se fragilise.

Enfin, cette proposition n’empêche pas, bien au contraire, une réflexion approfondie sur l’avenir des archives parlementaires. Il nous reviendra donc, peut-être en concertation avec la Chambre, de mener à terme une réflexion spécifique sur le devenir des archives des commissions d’enquête parlementaires passées dans une optique de transparence historique. Mais dans un cadre juridiquement clair, historiquement rigoureux et institutionnellement responsable.

Ce texte que nous nous apprêtons à voter vise donc à préserver un équilibre fondamental entre transparence et efficacité, entre contrôle démocratique et sécurité juridique.

Ce texte ne nie pas la justice, mais il réaffirme que le judiciaire et le législatif ont des sphères d’autonomie qui ne doivent pas se confondre. Il consolide notre cadre légal sans le modifier, en garantissant que notre parole, celle du Parlement, reste fiable et digne de confiance.

Pour toutes ces raisons, le groupe MR soutient pleinement cette initiative. Nous voterons en faveur de cette proposition de loi interprétative.

Je vous remercie.

Le Sénat adopte à l’unanimité la révision de l’article 151 §6 de la Constitution : une avancée pour la transparence judiciair

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Ce vendredi 23 mai, le Sénat a adopté à l’unanimité la révision de l’article 151, §6, de la Constitution. Cette modification historique permet enfin l’évaluation des chefs de corps dans la magistrature, répondant à une attente de longue date des acteurs du monde judiciaire et du grand public.

Cette réforme vient combler un vide juridique persistant depuis l’annulation partielle de la loi de 2006 par la Cour constitutionnelle. Elle était redevenue centrale dans le débat public à la suite de l’affaire Julie Van Espen, dont l’assassin, connu pour des faits de violence, aurait dû se trouver en prison au moment des faits. Une enquête parlementaire avait notamment mis en lumière l’absence de mécanismes d’évaluation des chefs de corps, pourtant responsables du bon suivi des dossiers pénaux.

Comme l’exige la procédure lors d’une révision constitutionnelle, le gouvernement fédéral était représenté par Mathieu Bihet, ministre de l’Énergie.

La séance a été présidée par Valérie De Bue, première vice-présidente du Sénat, en l’absence du président actuellement en déplacement à l’étranger.

Lors de la séance, Gaëtan Van Goidsenhoven, chef de groupe, a pris la parole pour réaffirmer le soutien sans équivoque du groupe MR à cette réforme : « Cette révision permet d’aligner les responsabilités managériales dans le pouvoir judiciaire sur les standards de toute haute fonction publique. Il s’agit d’une avancée équilibrée, raisonnable et attendue, qui renforce la confiance dans nos institutions sans remettre en cause l’indépendance du pouvoir judiciaire. »

 

L’intervention complète de Gaëtan Van Goidsenhoven est disponible ci-dessous :

Madame la Présidente,
Monsieur le Ministre,
Chers collègues,

Le groupe MR votera résolument en faveur de cette révision de l’article 151, §6, de la Constitution, qui vise à permettre l’évaluation des chefs de corps de la magistrature.

Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’une réforme nécessaire, raisonnable et attendue depuis longtemps. Elle corrige une incohérence institutionnelle, renforce la gouvernance judiciaire et répond aux attentes légitimes en matière de transparence et de responsabilité.

Aujourd’hui, seuls les magistrats du siège et du parquet – à l’exception des chefs de corps – sont évalués. Ce traitement différencié n’a pas de justification solide, ni sur le plan juridique, ni sur le plan institutionnel. Il est d’autant plus difficile à défendre dans un système démocratique où l’exemplarité est exigée à tous les niveaux de l’autorité publique.

Soyons clairs : cette réforme ne remet nullement en cause l’indépendance du pouvoir judiciaire. Elle ne vise pas les décisions juridictionnelles, mais bien l’exercice de responsabilités managériales. Être à la tête d’une juridiction ou d’un parquet implique des fonctions de coordination, de gestion des ressources humaines, d’organisation du travail, d’animation d’équipe. Ces responsabilités, comme dans toute haute fonction publique, doivent faire l’objet d’un suivi, d’un accompagnement, d’une évaluation.

Ce texte offre enfin une base constitutionnelle claire pour légiférer sur ce point. Il vient combler un vide juridique persistant depuis l’annulation partielle de la loi de 2006 par la Cour constitutionnelle, faute de fondement constitutionnel suffisant.

Cette révision est aussi porteuse d’améliorations concrètes. L’évaluation permettra de soutenir plus efficacement la formation continue, et d’objectiver les décisions liées au renouvellement des mandats. Elle contribuera, à terme, à un meilleur fonctionnement de notre justice.

Nous saluons également le large consensus politique qui s’est construit autour de ce projet. L’adoption à l’unanimité en séance plénière à la Chambre et Commission au Sénat ce lundi témoigne d’un vrai sens des responsabilités.

Enfin, il est important de souligner que cette réforme est soutenue par les plus hautes autorités judiciaires du pays : le Conseil supérieur de la Justice, le Collège des procureurs généraux, le Collège des cours et tribunaux. Ce soutien démontre que cette réforme n’est pas imposée de l’extérieur, mais répond à une demande interne du corps judiciaire lui-même.

Dans un contexte où la confiance dans les institutions est fragile, cette réforme va dans le bon sens. Elle rappelle que l’indépendance judiciaire va de pair avec l’exigence de responsabilité.

Pour toutes ces raisons, le groupe MR soutient pleinement cette initiative. Nous voterons en faveur de cette révision constitutionnelle.

Je vous remercie.