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Notre sénatrice Anne-Charlotte d’Ursel est intervenue pour notre rapport d’information sur la mobilité interrégionale des travailleurs et la coopération des services publics de l’emploi. Ce rapport met en lumière les disparités de chômage entre Flandre, Wallonie et Bruxelles, tout en alertant sur les pénuries de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs.
Elle souligne que pour relever ces défis, il faut miser sur la formation, la maîtrise des langues nationales et l’adaptation des transports. Les 60 recommandations proposent de rapprocher les politiques de formation, faciliter le permis de conduire et améliorer la coopération entre institutions régionales.
Le rapport a été approuvé aujourd’hui au Sénat.
Retrouvez son intervention complète ici :
Monsieur le Président, Chers Collègues,
Au nom de mon groupe, je prends la parole pour défendre mais aussi pour vous rappeler la genèse du « Rapport d’information visant à renforcer la mobilité interrégionale de l’emploi et la coopération entre les services publics de l’emploi ».
S’inscrivant dans la continuité des différents débats sur l’efficacité du marché du travail belge, ce rapport est né d’une demande du groupe MR en février dernier. Sous la conduite de trois co-rapporteurs MM. Diallo et De Roo ainsi que moi-même, la commission des matières transversales – compétences régionales – a auditionné experts, services publics, partenaires sociaux et représentants institutionnels de toutes les Régions de notre pays.
Ce travail de longue haleine, conduit pendant près d’un an, a permis de dresser un état des lieux circonstancié et partagé, aboutissant à l’élaboration de plus de 60 recommandations, fruit d’un dialogue constant et d’une volonté sincère de coopération.
Les nombreuses auditions menées nous ont permis dégager un diagnostic sous formes de constatations à l’aide de l’éclairage d’experts de divers horizons tant du monde académique que du tissu économique de notre pays. Permettez-moi de vous en présenter un condensé
Notre pays reste marqué par des écarts persistants de taux de chômage et d’activité, non seulement entre Régions, mais aussi au sein des bassins d’emploi : des zones urbaines touchées par le chômage sont parfois voisines de zones rurales relativement dynamiques, et l’on observe même, dans un même bassin, des poches où la précarité persiste.
Les derniers chiffres montrent que la Flandre demeure autour de 3,8% de chômage, la Wallonie à 7,5%, et Bruxelles à 11,9%, alors que le taux national est de 6,2%. Si le contraste régional est patent, on observe aussi des fractures internes à chaque entité, ainsi qu’une disparité entre l’offre et la demande locale de compétences.
Une autre réalité saute aux yeux : les pénuries de main-d’œuvre sont généralisées et frappent toutes les régions. Le chevauchement des métiers en tension atteint 61% entre Flandre et Wallonie : construction, industrie, santé, transports, logistique, ce sont les mêmes secteurs qui peinent à recruter de part et d’autre de la frontière linguistique. Or, cette pénurie sera exacerbée dans les années à venir en raison du vieillissement démographique, surtout en Flandre et en Wallonie, où l’on prévoit une vague de départs à la retraite d’ici 2030 dans les métiers techniques, une tendance qui fragilisera encore davantage l’offre de main-d’œuvre qualifiée.
Les auditions menées au sein de la commission ont confirmé que les profils des candidats wallons et bruxellois restent, pour nombre d’entre eux, insuffisamment qualifiés pour intégrer le marché du travail flamand. Ce dernier requiert dans 90% des cas non seulement des compétences techniques, mais surtout une bonne connaissance du néerlandais. Le manque de formation linguistique adaptée constitue dès lors une barrière majeure à la fluidité des parcours professionnels entre nos Régions.
Il est, selon les experts, illusoire de croire que la mobilité interrégionale serait motivée par un différentiel salarial : l’évolution des salaires reste globalement homogène entre Régions. C’est bien la structuration du marché de l’emploi – pénurie des profils adéquats, qualifications techniques, maîtrise des langues – et non l’attractivité des salaires qui façonne la faible mobilité entre bassins.
Les flux de navetteurs se maintiennent à des niveaux élevés, surtout de la Wallonie ou de Bruxelles vers la Flandre, mais leur part dans l’emploi global ne progresse pas. Ces flux, s’ils s’intensifient en nombre absolu depuis 2015, n’entraînent donc pas de reconfiguration majeure du marché de l’emploi ; la rigidité territoriale persiste. Ainsi, les navetteurs wallons sont principalement concentrés dans les couloirs frontaliers tels que Hal-Vilvorde, Courtrai, Louvain, et proviennent de Nivelles, Tournai, Mouscron, Liège – principalement dans l’industrie, le nettoyage, la logistique.
Les navetteurs bruxellois, quant à eux, sont surtout présents dans la périphérie nord (Vilvorde, Machelen, Zaventem), majoritairement dans des métiers de la logistique et du commerce nécessitant une qualification moindre mais un néerlandais opérationnel ; d’autres accèdent à des métiers dans les services administratifs, les professions libérales et l’industrie. On note, par ailleurs, que leurs profils diffèrent selon la destination : vers la Flandre, ils sont plus jeunes, moins qualifiés, parfois issus de l’immigration récente, tandis que vers la Wallonie, ils occupent des fonctions plus qualifiées et techniques.
L’attractivité extérieure de la Belgique évolue, notamment dans ses flux transfrontaliers liés à l’emploi : avec recul des mouvements vers l’Allemagne, mais une croissance très rapide des flux vers le Luxembourg, principalement encouragée par la fiscalité et la demande accrue de travailleurs qualifiés. Depuis la crise sanitaire, ce mouvement tend à ralentir, mais il reste structurant pour certains métiers et bassins d’emploi.
Il a également été souligné que la définition différenciée des métiers en pénurie d’une Région à l’autre demeure un obstacle majeur à la fluidité professionnelle, même si des convergences récentes ont été amorcées entre le Forem, le VDAB et Actiris. Les obstacles ne sont pas que culturels ou linguistiques ; ils sont aussi administratifs et institutionnels, du fait de l’éclatement des compétences et de la multiplication des dispositifs régionaux, qui complexifient indûment le parcours des personnes en situation de mobilité interrégionale.
Néanmoins, la Belgique n’est pas restée inactive : la coopération entre services publics de l’emploi s’incarne depuis près de vingt ans dans des accords interrégionaux concrets. Ceux-ci permettent l’échange d’offres, l’orientation, l’organisation de formations et de cours de langues, sans oublier l’accompagnement des demandeurs d’emploi qui, souvent, entreprennent des démarches transrégionales à leurs risques et périls dans un paysage institutionnel et administratif difficilement lisible. Plusieurs chapitres du rapport détaillent également les collaborations bilatérales intensives – dans certains cas pionnières – entre Services Publics Régionaux de l’Emploi issus de chacune des entités fédérées, pierre angulaire d’un modèle coopératif qui ne demande qu’à être renforcé.
En définitive, ce diagnostic approfondi met au jour un marché du travail belge morcelé où la mobilité reste freinée par des obstacles multiples – institutionnels, administratifs, territoriaux, linguistiques mais aussi socioculturels et informationnels.
Cette réalité doit guider nos choix politiques et inspire le panel étendu de recommandations élaborées par la commission, que je vais maintenant vous exposer.
Sur le plan de la gouvernance, il est essentiel de renouveler les accords de coopération entre les services publics régionaux de l’emploi, en y incluant des objectifs opérationnels concrets en matière de mobilité, de monitoring et de rapportage régulier aux parlements régionaux. Il convient également d’optimiser l’interopérabilité technique avec une meilleure fluidité dans l’échange des données entre plateformes, y compris les offres de stages, ce qui suppose la mise en place d’une base juridique claire pour l’échange des données personnelles liées à l’accompagnement et à la formation.
La création d’équipes interrégionales et de points de contact uniques le long de la frontière linguistique, inspirés des bassins d’emploi, est recommandée, tout comme le renforcement de Synerjob pour piloter collectivement la numérisation et coordonner des projets communs.
Le rapport invite aussi à s’inspirer du projet « Compétences sans frontières » pour bâtir des collaborations sectorielles transrégionales robustes, ainsi qu’à favoriser les partenariats entre services publics et acteurs de proximité, privés et sectoriels, afin de mieux relier formation et insertion professionnelle.
Concernant les métiers en pénurie, le rapport appelle à poursuivre le rapprochement des définitions entre FOREM, VDAB et Actiris, afin d’assurer une meilleure comparabilité et une lecture commune. Il préconise d’ouvrir les dispositifs de formation accessibles pour les métiers en tension, quel que soit le lieu de résidence des candidats, ainsi que de mieux aligner les politiques de formation sur les besoins territoriaux, grâce à un partage d’information dynamique et une cartographie précise des métiers critiques .
Sur le volet de la formation et des compétences, la mise en place d’un accord de coopération intercommunautaire et interrégional devra également permettre de faciliter les formations et stages interrégionaux. Le renforcement de la formation en alternance et de l’apprentissage en entreprise figure au premier plan, ainsi que la garantie d’un soutien linguistique en début de parcours.
Le rapport insuffle également la nécessité d’harmoniser l’accès aux stages interrégionaux pour tous les publics en formation et de reconnaître automatiquement les compétences acquises.
Les horaires de formation doivent être flexibilisés, notamment par des modules du soir, et l’investissement dans les compétences numériques, à travers des plateformes d’apprentissage à distance, est considéré comme prioritaire.
La reconnaissance des diplômes et compétences est un autre chantier majeur. Le rapport plaide pour une harmonisation des titres, certifications et formations entre Régions afin que leur validité soit reconnue sur tout le territoire. L’acquisition de compétences doit pouvoir être validée par des certificats et microcertifications reconnues, et des parcours conjoints de formation qualifiante, avec des passerelles ouvertes entre Régions et Communautés, devraient, selon nous, être mis en place.
Enfin, il est crucial de faciliter l’articulation entre opérateurs de formation régionaux tels que Syntra, ou encore l’IFAPME pour orienter efficacement les candidats.
La question des langues reçoit une attention particulière parmi ces recommandations. Le rapport appelle à stimuler l’apprentissage du néerlandais dès le plus jeune âge, ainsi que du français dans l’enseignement néerlandophone, en imposant l’apprentissage d’une deuxième langue nationale dans l’enseignement obligatoire. L’offre de formations linguistiques doit être intensifiée, incluant programmes d’immersion et coaching sur le lieu de travail. Des modules adaptés aux spécificités sectorielles doivent être développés, et les employeurs doivent être aidés à calibrer leurs exigences linguistiques au plus près des besoins réels.
Enfin, pour lever les obstacles matériels, le rapport insiste sur la nécessité d’un soutien concret à la mobilité : un accompagnement élargi pour l’obtention du permis de conduire B, inspiré des dispositifs Passeport Drive ou Mobil4Job, s’impose.
L’intégration et l’amélioration des transports publics sont également essentielles, comprenant la constitution d’un réseau cohérent, l’adaptation aux horaires atypiques, la mise en place d’un ticket unique et l’harmonisation tarifaire. Le développement des infrastructures dédiées, telles que parkings et desserte des bassins d’emploi en périphérie, est crucial. Pour cela, l’association des employeurs et la mutualisation des dispositifs de mobilité, comme le covoiturage ou les plans d’accès pour les industries isolées, doivent être encouragée.
Monsieur le Président, Chers collègues, je tiens à remercier, une fois encore, les co-rapporteurs, Messieurs Diallo et De Roo pour leur excellente collaboration. De plus, je tiens à rappeler que ce travail important et essentiel n’aurait pas pu être réalisé sans le concours des services du Sénat tant au sein de la commission que les services de traduction et d’interprétation. Je tiens à les remercier tout particulièrement.
Ces derniers mois de travail sur cette thématique se sont révélés des plus éclairants sur la situation de notre pays. J’appelle l’ensemble de mes collègues à soutenir l’adoption de ce document car il est le reflet d’un diagnostic partagé de l’état du marché par de nombreux experts issus de multiples horizons. Ce document, et tout particulièrement ses recommandations, donnera les moyens et les pistes nécessaires afin d’agir de manière solidaire et cohérente pour placer la mobilité professionnelle au cœur de toutes les politiques de développement économique et de relance afin d’en faire un véritable atout. Adopter ce rapport constitue également, pour notre groupe, le choix d’une Belgique du plein emploi et de la coopération institutionnelle plutôt que de la fragmentation et de la défiance.
Je vous remercie.
Gaëtan Van Goidsenhoven : « Tant que le Sénat existe, il doit être utile aux citoyens »
/dans Gaëtan Van Goidsenhoven, Actualités.
De son engagement libéral à sa vision de l’avenir de Bruxelles, en passant par les missions du Sénat, la Francophonie et sa passion pour la protection animale, Gaëtan Van Goidsenhoven se confie sur ce qui guide son action politique, mais aussi sur l’homme derrière le mandat.
Mon intérêt pour la politique remonte à l’enfance. Je me souviens des journaux télévisés que je regardais avec mes parents. Très tôt, j’ai été sensible aux débats de société et à la manière dont les décisions politiques pouvaient influencer notre quotidien.
C’est durant mes études universitaires que cet intérêt s’est transformé en véritable engagement, notamment grâce à ma rencontre avec Hervé Hasquin puis Jacques Simonet et Louis Michel. J’ai découvert le Parti réformateur libéral (PRL), auquel j’ai choisi de consacrer une partie importante de ma vie.
Ce qui me motive aujourd’hui, ce sont d’abord les convictions qui m’ont poussé à m’engager. Dans une société où les populismes, de gauche comme de droite, gagnent du terrain, il est essentiel de continuer à défendre nos valeurs libérales, la responsabilité individuelle et une certaine exigence dans l’action publique.
La politique doit rester un engagement au service des autres, et non une fin en soi.
Il faut distinguer deux choses : le débat sur l’avenir institutionnel du Sénat et le travail que nous avons à accomplir aujourd’hui.
Tant que le Sénat existe, il doit exercer pleinement les missions que lui confie la Constitution. Il conserve des responsabilités importantes, notamment au niveau de la Constitution et des lois spéciale, de certaines désignations, de représentation internationale et de réflexion sur des enjeux qui réunissent Régions, Communautés et Etat fédéral.
Je considère qu’il serait irresponsable de suspendre notre travail au prétexte que l’institution pourrait être supprimée demain.
Notre responsabilité, comme sénateurs, est d’assurer nos responsabilités fixées par la Constitution, de nous saisir des dossiers de fond, de mener des auditions et de formuler des recommandations utiles. C’est ce que nous faisons au sein du groupe MR.
Je pense notamment au travail que nous menons à l’occasion des dix ans des attentats du 22 mars 2016. 10 ans après ces événements qui ont profondément marqué notre pays, il est indispensable de poursuivre le travail de mémoire, mais aussi d’examiner les enseignements que nous devons en tirer.
Un rapport d’information est en cours et nous travaillons également sur une proposition de résolution. L’objectif est de regarder ce qui a changé, ce qui reste à améliorer et comment mieux préparer notre société face à de telles menaces.
D’autres enjeux méritent également notre attention, notamment les nouvelles technologies et leurs conséquences sur nos démocraties. Je pense aux deepfakes, qui posent des questions fondamentales en matière de manipulation de l’information et de confiance dans les institutions.
Le rôle du Parlement est aussi d’anticiper ces transformations, plutôt que de simplement réagir lorsqu’elles deviennent problématiques.
Bruxelles dispose d’atouts extraordinaires, mais nous devons regarder sa situation avec lucidité. Les difficultés financières, les problèmes de sécurité, les enjeux de mobilité ou encore l’accès aux soins constituent autant de défis majeurs.
Nous avons hérité d’une situation budgétaire particulièrement difficile. Cela nous oblige à revoir notre manière de fonctionner. Il faut désormais faire mieux avec moins, lutter contre les gaspillages et concentrer les moyens publics sur les véritables priorités.
Mais redresser les finances ne signifie pas renoncer à investir. Bruxelles a besoin de transports en commun efficaces, de davantage de sécurité, d’un meilleur accès aux soins et de politiques capables de répondre aux problèmes d’addiction et de précarité.
Sur la mobilité, je défends une approche pragmatique : ce qui doit nous guider, c’est l’efficacité des déplacements, pas l’idéologie.
Il est également indispensable de retrouver une véritable ambition économique. Bruxelles ne peut pas miser exclusivement sur les activités tertiaires. La reconversion de sites comme celui d’Audi à Forest doit contribuer à maintenir des activités économiques diversifiées et à créer de l’emploi.
Je reste convaincu que Bruxelles a les ressources pour rebondir. Mais il faut des choix courageux, une gestion responsable et une vision à long terme. Notre objectif doit être de construire une Bruxelles résiliente, capable de surmonter ses difficultés et de restaurer son attractivité autant que sa qualité de vie.
La Francophonie n’est pas seulement une communauté réunie autour d’une langue. C’est un espace de dialogue, de coopération et de solidarité entre des pays qui ont des histoires, des cultures et des réalités économiques très différentes.
Elle offre notamment la possibilité d’un dialogue entre le Nord et le Sud sur un pied d’égalité. C’est une richesse considérable dans un monde marqué par les tensions internationales et les replis identitaires.
Les défis sont nombreux : la paix, le développement économique, la place des femmes, le dialogue entre les cultures et, bien évidemment, la promotion de la langue française.
Il faut aussi que la Francophonie prenne toute sa place dans les grands débats contemporains, notamment celui de l’intelligence artificielle. Les transformations technologiques auront des conséquences profondes sur nos sociétés, nos économies et nos langues.
Le prochain Sommet de la Francophonie, organisé les 15 et 16 novembre à Phnom Penh, devra être l’occasion de renforcer cette ambition et de rappeler que notre espace francophone a un rôle politique, culturel et économique à jouer sur la scène internationale.
La protection animale est une cause à laquelle je suis profondément attaché. Je préside la Société royale protectrice des animaux Veeweyde, un engagement associatif que je tiens à distinguer de mes responsabilités politiques.
J’ai récemment partagé une vidéo consacrée à l’arrivée d’une nouvelle pensionnaire à quatre pattes. Derrière ce moment sympathique, il y avait aussi un message : encourager l’adoption plutôt que l’achat d’animaux.
Lorsque j’ai du temps libre, j’essaie avant tout de le consacrer à ma famille, à mon épouse et à mon fils. J’aime également voyager, lire, particulièrement des ouvrages d’histoire et de littérature, et profiter de la nature à travers de longues promenades.
Ces moments sont essentiels. Ils permettent de prendre du recul et de garder un équilibre par rapport au rythme parfois très intense de la vie politique.
Je lui dirais tout simplement de suivre son envie et d’oser.
Il ne faut pas nécessairement envisager un engagement politique comme un parcours de carrière, avec un plan établi pour les 10 ou 20 prochaines années.
On peut découvrir la politique comme on découvre un art ou une discipline sportive : par curiosité, par passion, avec l’envie d’apprendre et de progresser.
L’essentiel est d’avoir des convictions, de penser que l’on peut apporter quelque chose et d’accepter de se confronter aux idées des autres.
Si vous avez envie de vous engager et que vous pensez avoir quelque chose à apporter à la société, alors lancez-vous. C’est souvent en osant faire le premier pas que tout commence.
Notre résolution sur le Covid long est adoptée ! 1 personne sur 25 est concernée en Belgique
/dans Georges-Louis Bouchez, Gaëtan Van Goidsenhoven, ActualitésLa résolution portée par le groupe MR au Sénat pour améliorer la prise en charge du Covid long a été adoptée en séance plénière ce mardi 13 octobre.
« Le Covid long est une maladie dont les conséquences touchent la santé, mais aussi l’école, l’emploi et la solidarité. Avec ses 53 recommandations, le texte adopté aujourd’hui donne aux gouvernements une feuille de route pour mieux accompagner les patients », souligne Anne-Charlotte d’Ursel, sénatrice à l’initiative de la résolution.
En Belgique, 4,2 % des personnes de 15 ans et plus déclarent souffrir du Covid long, selon l’enquête de santé 2023-2024 de Sciensano. Soit environ une personne sur 25. Derrière ce chiffre, des situations très concrètes : un élève qui ne parvient plus à suivre une journée de cours, un travailleur dont la concentration s’effondre, un parent dont la maladie entrave le quotidien avec ses enfants.
« Pour beaucoup, le Covid appartient au passé. Pour les patients atteints de Covid long, ses conséquences rythment encore chaque journée. Ils doivent être entendus, orientés et soignés. Après plusieurs mois de travaux et d’auditions de médecins, de chercheurs et d’associations de patients, ses 53 recommandations doivent être entendues », déclare-t-elle.
Plus de 200 symptômes ont été recensés : fatigue persistante, essoufflement, douleurs, troubles du sommeil, difficultés de mémoire et de concentration,… Autant de signes différents qui rendent la maladie difficilement détectable entrainant une véritable errance médicale dans le chef des patients déjà fortement affaiblis, souvent stigmatisés et très seuls.
Le Covid long peut réduire l’autonomie, fragiliser les revenus et bouleverser l’organisation familiale. Au travail, il peut entraîner des absences, une réduction des horaires ou une interruption de l’activité professionnelle. Dans son rapport de 2026, l’OCDE relève que les études disponibles suggèrent une perturbation de l’emploi chez environ 1 travailleur atteint sur 5.
La résolution préconise des adaptations progressives des tâches et des horaires, ainsi qu’une meilleure concertation entre le patient, son médecin traitant, le médecin du travail et la mutualité.
« Derrière un arrêt de travail, il y a parfois une personne qui souhaite reprendre mais dont les capacités fluctuent d’un jour à l’autre. Un retour durable suppose un accompagnement individualisé. Les auditions ont montré la nécessité de prendre en compte l’ensemble des conséquences de la maladie, y compris sur les proches », explique la sénatrice.
La proposition de résolution dresse un état des lieux de la maladie, et émet des recommandations précises pour la prise en charge des patients, sur les centres spécialisés en covid long, sur les publics cibles qui méritent une attention particulière (enfants, femmes, personnes en situation précaire et femmes enceintes), sur les parcours de soins, la recherche scientifique, la formation des acteurs de terrain, l’information et la sensibilisation de la population, ainsi que l’impact sur l’emploi et le retour au travail.
Parmi les principales recommandations figurent :
Tous les experts entendus en commission sont d’accord pour dire que le covid long est un enjeu de santé publique majeur qui nécessite urgemment des politiques coordonnées à tous les niveaux de pouvoir.
« Ces recommandations ne doivent pas rester lettre morte. Nous veillerons à ce qu’elles soient traduites dans des propositions de décrets et de loi au sein des différents parlements et en collaboration avec les acteurs de terrain. C’est le meilleur signal que l’on puisse donner aux personnes atteintes du Covid long pour apporter une réelle plus-value à leur quotidien. C’est aussi une marque de respect envers tous les experts entendus en commission », conclut la Sénatrice d’Ursel à l’initiative du texte.
Cliquez ici pour télécharger le texte adopté en plénière
Retrouvez l’intervention complète d’Anne-Charlotte d’Ursel prononcée en séance plénière du 13 octobre :
Monsieur le Président,
Chers Collègues,
Cette proposition de résolution nous tient particulièrement à cœur. Elle vise à répondre aux attentes des ceux qui sont atteints de cette maladie et des nombreux acteurs du monde de la santé qui appellent avec insistance à une réponse politique structurée face à cet enjeu majeur de santé publique que représente le Covid long.
La qualité des auditions menées en commission mérite d’être soulignée. Une dizaine d’experts, de nombreux avis écrits de Belgique et de l’étranger traduisent un investissement de taille. Ces acteurs de terrain ont été pour nous, une source d’enseignements extrêmement riches. Ils nous ont permis de compléter le texte de base avec de nouvelles pistes de travail, des éclairages et témoignages de terrain, une expertise médicale et scientifique de très haut niveau. Qu’ils en soient chacun et chacune remercié.
Cette co-construction des politiques avec les citoyens spécialistes de la matière traitée, dans un climat d’écoute et de respect mutuel, est la façon la plus efficace d’avancer et d’obtenir des résultats.
Je pense notamment à Monsieur Tomaso Antonacci, le président de l’ASBL Long Covid Belgium. Lui-même atteint du Covid long, il est une figure de référence du mouvement associatif consacré à cette maladie. Il a, avec son association, contribué à renforcer les liens de solidarité entre les patients confrontés à des symptômes persistants, tout en participant activement à la réflexion scientifique sur le Covid long. Son engagement a également contribué à porter cette question dans le débat public et auprès des institutions. L’association a notamment mené une enquête sur les conséquences sociales et économiques du Covid long. Il a soutenu chaleureusement l’initiative ici présente au Sénat.
De même que La Docteure Marta Camici de la clinique du Covid long de Rome « qui reconnait l’importance clinique, sociale et sanitaire du covid long et la nécessité de renforcer les parcours de soins pour les patients concernés ».
La professeure Salmon, collaboratrice de la Haute Autorité de la santé à Paris, a qualifié de « très positif le fait que le Sénat se préoccupe de ce problème de société majeur qu’est le covid long et défende, par des propositions avancées et pertinentes, la cause de dizaines de milliers de patients qui souffrent de cette maladie encore insuffisamment diagnostiquée, acceptée et prise en charge ».
La direction générale SANTE s’est réjouie, elle aussi, que « ces résolutions reconnaissent le covid long comme un défi majeur de santé publique et soutient l’accent mis sur une approche scientifiquement fondée et centrée sur le patient ».
La Clinique Post Covid de la Louvière a également accueilli favorablement le texte parce qu’il présente une approche globale, multidisciplinaire et particulièrement attentive à la complexité clinique, fonctionnelle, sociale et humaine de cette pathologie encore en évolution.
Les défis liés à cet enjeu, traduit dans le texte adopté en commission, concernent donc tant la prise en charge des patients (enfants compris bien entendu), l’offre de soins, que le développement d’une base scientifique solide.
Ce vote d’aujourd’hui traduit un signal concret de reconnaissance du parcours et des difficultés rencontrées par les 4,2% de patients atteints du Covid long en Belgique. C’est la reconnaissance des conséquences sociales liées au Covid long. Soit une personne sur 25 en Belgique.
C’est un signal d’alarme notamment lancé par le Docteur Jamoulle, médecin généraliste depuis 1974, qui a évoqué des réalités cliniques inédites depuis l’apparition du Covid. Il nous a fait part de situations particulièrement complexes : des patients qui, selon ses mots, semblent perdre leur identité, leur énergie et leur motivation. Il dénonce un système de santé qui, trop souvent attribuerait leurs symptômes au burn out, et les laisserait sans prise en charge adaptée. Notre système de santé, dit il, n’a pas la résilience nécessaire pour reconnaitre une nouvelle maladie et venir en aide aux personnes atteintes par cette dernière.
C’est aussi un signal d’alerte à tous les niveaux de pouvoirs puisque, selon un récent rapport de l’OCDE, le coût direct et indirect du covid long pourrait atteindre environ 114 milliards d’euros par an au cours de la prochaine décennie.
A ce propos, de nombreux témoignages en commission ont insisté sur la nécessité de renforcer la concertation interministérielle entre les différentes entités institutionnelles du pays.
C’est aussi un signal d’alerte face à la complexité de cette maladie, qui peut s’exprimer par de nombreux mécanismes et plus de 200 symptômes, ce qui la rend souvent difficile à identifier.
Enfin c’est un signal d’alerte parce que tous les patients partagent une expérience commune, un point qui affecte profondément leur vie personnelle. Il a d’ailleurs été très bien décrit en commission par le docteur Jamoulle : c’est celui de la « PERTE ». Perte de compétence, perte d’énergie, perte de mémoire, perte de l’humour, perte de l’équilibre, perte du gout et de l’odorat, perte de la régulation automatique des systèmes de contrôles du corps, perte de sommeil, perte du travail, perte de la relation sociale, de la libido, de la relation avec le couple et les enfants, perte de leur moi profond et parfois aussi perte de confiance en la médecine.
En tant que responsables politiques, nous ne pouvons ignorer ces réalités. Ici au Sénat, nous avons mené un travail de fond conséquent, avec plus de 50 recommandations élaborées sur la base des constats de terrain exprimés lors des auditions et des avis écrits reçus de France, d’Italie et des Pays-Bas.
Cette proposition de résolution examine tous les aspects et conséquences de la maladie : elle dresse un état des lieux. Elle formule des recommandations précises concernant la prise en charge des patients, les centres spécialisés en covid long, les publics qui méritent une attention particulière (enfants, femmes, personnes en situation précaire et femmes enceintes), les parcours de soins, la recherche scientifique, la formation des acteurs de terrain, l’information et la sensibilisation de la population, ainsi que l’impact sur l’emploi et le retour au travail.
Toutes ces pistes de solution constituent une feuille de route concrète pour notre pays. Ce vote n’est qu’une étape du processus.
En effet, je formule le vœu que le travail parlementaire ne s’arrête pas ici, aujourd’hui, dans notre assemblée.
Il est essentiel qu’il se poursuive, avec les acteurs de terrain, avec les gouvernements, avec les parlementaires du fédéral, des communautés et des régions pour aller jusqu’au bout du processus et apporter une réelle plus-value à nos concitoyens, notamment par le dépôt et l’adoption de propositions ou projets de lois, d’ordonnances et de décrets.
Ce serait, je le crois, la plus belle reconnaissance que nous puissions adresser aux patients atteints du covid long. Cela nous permettrait de leur apporter une réponse durable et adaptée à leurs besoins.
Je remercie mes collègues de la Commission (COMGECOM) de l’intérêt qu’ils ont manifesté pour cette question de santé publique ainsi que les collaborateurs qui ont travaillé, avec nous, sur les 149 amendements déposés pour aboutir à un texte complet et cohérent.
Merci enfin aux services du Sénat pour le travail minutieux de coordination qu’implique un dossier de cette ampleur.
Merci chers Collègues pour votre attention.
Attentats du 22 mars 2016 : 10 ans après, le MR s’engage pour les victimes et pour une réponse publique à la hauteur
/dans Georges-Louis Bouchez, Gaëtan Van Goidsenhoven, ActualitésIl y a 10 ans, les attentats de Zaventem et de Maelbeek ont frappé notre pays au cœur. 32 vies perdues, plus de 300 blessés, des familles brisées, une société durablement éprouvée. Ce deuil, nous le portons ensemble.
Face à ce traumatisme, une commission d’enquête avait été mise en place, près de 200 témoins entendus, des recommandations unanimes adoptées. Une promesse de long terme faite aux victimes et à l’ensemble des Belges.
Aujourd’hui, par la voix de la sénatrice Valérie De Bue, le groupe MR a obtenu le lancement d’un rapport d’information pour faire le point, sereinement et collectivement, sur ce chemin parcouru. Parce que les blessures, elles, sont encore là : près de 1.800 personnes ont dû introduire des demandes auprès de Medex pour faire reconnaître leurs séquelles, dont plus de 1 000 pour de nouvelles affections apparues au fil des années.
Ce rapport n’est pas une mise en cause. C’est un acte de responsabilité partagée. Il permettra de mesurer ce qui a été accompli, d’identifier ce qui peut encore être amélioré, et d’adapter nos outils face à une menace terroriste qui, aujourd’hui, a changé de visage.
« 10 ans après, nous devons être au rendez-vous que nous avons fixé aux victimes et à leurs familles. Ce rapport, c’est notre façon de leur dire : nous n’avons pas oublié, et nous continuons à agir », déclare Valérie De Bue.
Cette démarche se veut rassembleuse, au-delà des clivages politiques. La mémoire des victimes, la sécurité des citoyens et la résilience de notre démocratie sont des responsabilités que nous partageons tous.
Retrouvez ici son intervention complète prononcée lors de la séance plénière du vendredi 10 juillet
Monsieur le Président,
Chers collègues,
Le 22 mars 2016, notre pays a été frappé au cœur par les attentats de Zaventem et de Maelbeek, qui ont fait trente‑deux morts et plus de trois cents blessés, laissant un traumatisme durable pour les victimes, leurs proches et pour l’ensemble de la société belge. Face à ces événements, la Chambre des représentants a constitué une commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner les circonstances des attentats, l’aide aux victimes, le fonctionnement des services compétents, l’architecture de sécurité, la gestion de crise et les causes du radicalisme violent.
Entre 2016 et 2017, la commission a entendu près de deux cents témoins. Elle a organisé ses travaux autour de trois axes principaux :
À l’issue de ses travaux, elle a adopté à l’unanimité un ensemble particulièrement important de recommandations. Elle soulignait déjà un enjeu essentiel : la valeur de ces recommandations dépend de leur mise en œuvre effective dans la durée. À ce titre, elle proposait également la création d’une commission de suivi.
Dix ans après les faits, force est de constater que ce suivi n’a pas été mené jusqu’à son terme de manière pleinement satisfaisante. Des travaux de contrôle ont été engagés, une commission de suivi a été mise en place, des tableaux de suivi ont été élaborés, mais les documents disponibles montrent que la mise en œuvre est restée fragmentée, partielle et trop souvent descriptive, sans toujours permettre une évaluation transversale et complète des suites données aux recommandations parlementaires.
Par ailleurs, le paysage de la menace a évolué. L’Organe de coordination pour l’analyse de la menace souligne que la menace terroriste est aujourd’hui plus diffuse, plus fragmentée, plus hybride, ce qui exige une adaptation permanente de notre approche. Les recherches universitaires, notamment celles de l’UCLouvain, nous rappellent que les attentats de Bruxelles s’inscrivent dans une dynamique transnationale, et que la réponse ne peut se limiter à la seule répression : elle doit intégrer la prévention, la détection précoce des vulnérabilités, la cohésion sociale et la coopération entre niveaux de pouvoir.
Surtout, les chiffres les plus récents montrent que les conséquences humaines des attentats sont encore bien présentes : l’administration Medex (SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement) a reçu quelque 1 800 demandes émanant de victimes, dont plus de mille premières demandes d’évaluation de nouvelles affections, et une large part des dossiers clôturés a abouti à la reconnaissance d’un taux d’invalidité significatif. Cela signifie que, dix ans après, les attentats continuent de produire des effets administratifs, médicaux, psychologiques et sociaux de long terme ; les victimes attendent encore des réponses lisibles, rapides et cohérentes.
C’est dans ce contexte que nous soumettons aujourd’hui au Sénat une demande d’établissement d’un rapport d’information. L’objectif de ce rapport est clair : il ne s’agit pas de rouvrir l’enquête, mais de reprendre la chronologie du suivi depuis 2017, de mesurer ce qui a été pleinement mis en œuvre, ce qui ne l’a été que partiellement, ce qui a été différé ou abandonné, et d’identifier ce qui doit être actualisé à la lumière de l’évolution de la menace et du cadre juridique.
Le mandat proposé au Sénat comporte plusieurs volets complémentaires.
Il s’agit d’abord de reconstituer l’ensemble des recommandations adoptées à la suite des attentats du 22 mars 2016 et de distinguer celles qui ont été exécutées, celles dont la mise en œuvre reste partielle, celles qui ont été différées et celles qui n’ont pas trouvé de traduction suffisante dans l’action publique, en identifiant les recommandations devenues obsolètes.
Il s’agit ensuite d’examiner les instruments de suivi mis en place depuis 2017 – mécanismes parlementaires, administratifs, organes de contrôle – et de vérifier s’ils ont réellement permis d’assurer, dans la durée, la continuité de l’évaluation et de la mise en œuvre des recommandations.
Le rapport devra accorder une attention toute particulière à la situation des victimes, en évaluant concrètement l’effectivité des dispositifs d’information, d’accompagnement, de reconnaissance, de suivi administratif, de soutien psychologique, de réparation et d’indemnisation.
Il analysera la coordination entre les services compétents et entre les différents niveaux de pouvoir, à la lumière des constats déjà posés, des rapports de contrôle ultérieurs et des évolutions récentes de la menace, des technologies et des méthodes de coopération.
Enfin, il appréciera dans quelle mesure les recommandations doivent être actualisées, compte tenu de l’évolution de la menace terroriste, des transformations technologiques, des enjeux liés au traitement des données et des exigences de résilience démocratique. Au terme de ces travaux, le Sénat sera invité à formuler toute recommandation utile pour renforcer la sécurité, la coordination institutionnelle, la prise en charge des victimes et la capacité de l’État à prévenir, gérer et surmonter durablement de telles crises.
Chers collègues,
Ce projet n’est pas un texte de circonstance, ni un texte de division. Il ne vise pas à opposer les services ou les niveaux de pouvoir ; il vise, au contraire, à renforcer la cohérence de notre action et la transparence de nos institutions. Il ne cherche pas à rouvrir des polémiques, mais à assumer, dans la durée, la responsabilité que le Parlement a prise en 2016 en formulant des recommandations ambitieuses : celle de vérifier ce qu’il en est advenu et de corriger ce qui doit l’être.
Pour toutes ces raisons, je souhaite que cette demande de rapport d’information puisse être soutenue le plus largement possible dans cet hémicycle, au‑delà des clivages habituels entre majorité et opposition. La lutte contre le terrorisme, la protection de nos concitoyens, l’attention aux victimes et la résilience de notre démocratie ne sont pas des enjeux partisans ; ce sont des responsabilités partagées, qui appellent un consensus solide et durable.
Je vous invite dès lors à approuver cette demande d’établissement d’un rapport d’information et à permettre au Sénat de jouer pleinement son rôle d’assemblée de réflexion, de contrôle et de réforme. C’est un signal important que nous pouvons envoyer aujourd’hui aux victimes, à leurs familles et à l’ensemble de la société : celui d’une assemblée qui ne se contente pas de commémorer, mais qui continue à se remettre en question et à améliorer les politiques publiques au service de tous.
Je vous remercie.
Valérie DE BUE
Anne-Charlotte d’Ursel : « Nous ne pouvons pas continuer à ignorer la réalité du Covid long qui touche 1 belge sur 25 »
/dans Georges-Louis Bouchez, Gaëtan Van Goidsenhoven, ActualitésDepuis octobre 2025, le groupe MR au Sénat, à l’initiative de la sénatrice Anne-Charlotte d’Ursel, porte une proposition de résolution pour assurer une prise en charge efficace des patients atteints de Covid long. Cette semaine, nous continuons d’avancer avec des auditions d’experts au sein de la Commission des matières transversales.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon Sciensano, entre 300.000 et 400.000 personnes souffrent du Covid long en Belgique.
Plus de 200 symptômes différents ont été identifiés : fatigue chronique, brouillard mental, douleurs, troubles respiratoires, troubles cognitifs, anxiété. Des hommes, des femmes et des enfants qui, du jour au lendemain, ont perdu leur capacité à travailler, à vivre normalement, et qui se retrouvent seuls face à une maladie que beaucoup ne reconnaissent pas encore à sa juste mesure. Cette réalité, nous ne pouvons pas continuer à l’ignorer.
« Des milliers de Belges attendent depuis trop longtemps une réponse à la hauteur de ce qu’ils vivent. Le MR a pris l’initiative de ce travail parlementaire, et nous irons jusqu’au bout. » affirme Anne-Charlotte d’Ursel, sénatrice MR.
Car le constat est accablant : il n’existe, dans notre pays, aucun centre spécialisé dédié au Covid long, là où d’autres nations européennes, comme les Pays-Bas, ont déjà pris leurs responsabilités. « La convention INAMI en vigueur depuis juillet 2024 va dans le bon sens, mais elle reste trop peu connue, trop peu appliquée, et le suivi multidisciplinaire qu’elle prévoit reste largement sous-exploité. Les patients, eux, continuent d’errer de médecin en médecin, souvent incompris, parfois stigmatisés. Ce n’est pas acceptable. »
C’est pourquoi nous avons souhaité entendre ceux qui connaissent cette maladie au plus près. En ce début mai, la commission a auditionné :
« Notre proposition demandera au gouvernement de reconnaître le Covid long comme un enjeu majeur de santé publique, de créer des parcours de soins multidisciplinaires et personnalisés, d’initier des formations pour les médecins, de soutenir la recherche scientifique et l’accès aux traitements innovants, d’améliorer la collecte de données, et d’accompagner les patients, en particulier les femmes, davantage exposées, et les jeunes. Ce sont des mesures concrètes, réalisables, et urgentes. »
Le MR ne formera jamais de majorité, même ponctuelle, avec les extrêmes, de gauche comme de droite
/dans ActualitésLa révision de l’article 195 de la Constitution, n8-127 adopté en séance plénière ce vendredi 3 avril au Sénat n’est pas un ajustement technique. Elle constitue les premiers actes d’une transformation profonde de l’architecture de notre État fédéral. Pourtant, depuis le début de la législature, les partenaires néerlandophones de la majorité ont souhaité avancer à marche forcée sur ce dossier. Le groupe MR du Sénat s’est toujours montré loyal à l’accord de majorité Arizona. Toutefois, la méthodologie employée dans ce dossier a multiplié les zones d’incertitude, jusqu’à créer une situation inacceptable : le risque que cette réforme ne soit adoptée qu’avec le soutien des partis extrêmes.
Nous l’avons dit, répété et dénoncé à plusieurs reprises. Cette incertitude de dernière minute n’est pas une surprise : elle est la conséquence directe d’une méthode de travail que nous avons contestée tout au long du processus.
Le MR a une tradition historique immuable : il refuse de s’allier aux extrêmes pour faire adopter un texte, quel qu’il soit. L’accord de gouvernement est d’ailleurs explicite à ce sujet : les réformes institutionnelles doivent être adoptées sans l’appui des voix des extrêmes.
Comme l’a encore rappelé le président du MR Georges-Louis Bouchez ce jeudi à la Chambre, cette ligne rouge est non négociable. C’est précisément pour cette raison que le groupe MR du Sénat a pris la décision de s’abstenir.
« En aucun cas le MR ne peut être associé à un vote rendu possible par les voix des extrêmes. Notre abstention est un signal fort à nos partenaires de majorité : on ne gouverne pas avec les extrêmes, ni de près ni de loin. » Gaëtan Van Goidsenhoven, chef de groupe MR au Sénat
Jean-Paul Wahl, sénateur MR, souligne : « Au-delà du vote lui-même, le MR entend fixer des balises claires pour la suite du processus :
Le groupe MR appelle les partenaires de l’accord d’Arizona à revenir à une méthode de travail constructive, respectueuse des principes démocratiques et des engagements qui fondent notre coalition. L’abstention du groupe MR est un signal politique fort : nous respectons nos engagements, mais nous exigeons en retour méthode, cohérence et respect mutuel.
La voix des femmes afghanes, la force de la résistance
/dans Georges-Louis Bouchez, Gaëtan Van Goidsenhoven, Actualités.
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Sous le parrainage de la sénatrice MR Viviane Teitelbaum, le Sénat de Belgique a accueilli ce 17 mars un colloque consacré au rôle des femmes au sein de l’opposition démocratique afghane, plaçant la notion d’« apartheid de genre » au centre des débats.
Depuis la prise de pouvoir des talibans en août 2021, « la vie en Afghanistan est devenue insupportable, en particulier pour les femmes », bannies de la vie publique au nom d’un système que de plus en plus d’acteurs qualifient désormais d’apartheid fondé sur le genre. Dans ce contexte, Viviane Teitelbaum a rappelé que « nous ne parlons plus de discrimination, mais d’apartheid sexuel (…) qui donc est un crime contre l’humanité », martelant qu’« il n’y a pas de démocratie sans femmes » et « pas d’avenir politique légitime fondé sur leur exclusion ».
Le colloque, organisé avec l’Afghanistan Women’s Diplomatic Network fondé par Nigara Mirdad, la European Foundation for Democracy et l’organisation Independent Diplomat, a réuni dirigeantes afghanes, figures de l’opposition démocratique, parlementaires belges et partenaires européens afin de mettre en lumière la résistance des femmes afghanes, d’explorer les voies vers un gouvernement inclusif et de renforcer le soutien de l’Union européenne aux forces démocratiques afghanes.
Dans son mot de bienvenue, la vice‑présidente du Sénat Valérie De Bue a dénoncé un ordre social qui « porte atteinte aux droits fondamentaux » des Afghanes avec une brutalité telle qu’« il paraît difficile d’en ressentir à distance toute la cruauté », tout en soulignant que « donner la parole à ces femmes (…) nous paraît dès lors un devoir moral ». Elle a rappelé que le Sénat a déjà demandé au gouvernement fédéral d’activer tous les leviers diplomatiques appropriés pour soutenir leurs droits et a invité les participants à prendre connaissance de la résolution relative à l’apartheid fondé sur le sexe ou le genre votée le 28 mars 2025.
Viviane Teitelbaum a développé la notion de gender apartheid en montrant comment les talibans ont construit une véritable « architecture juridique de domination » : une nouvelle réglementation pénale qui « transforme des pratiques arbitraires en normes juridiques », minimise les violences domestiques, criminalise l’autonomie des femmes, fait du fait de quitter son domicile sans permission un crime et expose à l’emprisonnement celles qui cherchent refuge, y compris dans leur propre famille. Derrière chaque article de loi, a‑t‑elle insisté, se cache « une fillette qui ne retournera jamais à l’école, une femme qui ne peut quitter sa maison sans peur, une mère qui doit apprendre à sa fille à baisser les yeux, non par modestie, mais pour survivre ».
Les Afghanes ne sont pas des victimes passives mais « des actrices de résistance, des leaders, des voix qui portent l’avenir de leur pays — souvent au péril de leur vie ». Elles ont salué le courage des intervenantes afghanes – qu’il s’agisse de militantes pour une éducation de qualité, de responsables de coalitions pour la justice ou de représentantes de la résistance nationale – qui, en Afghanistan comme dans la diaspora, « continuent de s’organiser, de plaider, de documenter les abus et de maintenir l’Afghanistan à l’agenda international ».
La lutte des femmes afghanes est à la fois un combat pour leur pays et un test pour la crédibilité du droit international. « Nous n’accepterons pas que les femmes afghanes soient le prix à payer pour des calculs géopolitiques. Pas en notre nom. Pas au détriment des femmes. Pas au détriment de la dignité », a résumé Viviane Teitelbaum, appelant l’Europe à garantir que les Afghanes soient présentes partout où se décident les politiques qui les concernent, car « quand l’inégalité devient loi, le silence devient complicité ».
Santé publique : réduire les risques du cancer du sein
/dans Georges-Louis Bouchez, Gaëtan Van Goidsenhoven, Actualités.
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En séance plénière du Sénat, Viviane Teitelbaum est intervenue au nom du groupe MR sur la résolution visant à mieux prendre en compte les facteurs environnementaux dans la lutte contre le cancer du sein.
Dans son intervention, Viviane Teitelbaum a rappelé que, si certains cancers sont d’origine génétique, une grande part résulte de notre environnement et de nos modes de vie. Réduire les substances nocives, informer les citoyennes, dès la grossesse, et impliquer les professionnels de santé : tels sont les leviers d’une vraie politique de prévention.
Retrouvez ici son intervention complète
Chers Collègues,
Tout d’abord, nous remercions nos collègues du parti socialiste de nous avoir permis de nous pencher, en cette assemblée, sur un sujet de société qui touche particulièrement les femmes. Encore une fois, le sénat, par ses débats et ses auditions, a permis une prise de conscience de chacun à l’égard d’ un défi de santé publique majeur.
La cancer du sein en Belgique, c’est 11.255 nouveaux cas dépistés chaque année (sur un total de 37.255 cancers dépistés). C’est chaque jour, 31 personnes qui reçoivent un diagnostic de cancer du sein et chaque jour, 6 personnes qui décèdent de cette maladie.
La question centrale à nos débats en commission des affaires générales communautaires, était : est-ce que le cancer du sein est lié à une exposition à des facteurs environnementaux ?
Les auditions nous ont démontré que la réponse est oui, tout simplement parce qu’une grande partie des cancer du sein ne sont pas héréditaires. Seuls 5 à 10% de ces cancers sont liés à des mutations génétiques, ce qui signifie que l’environnement mais aussi notre mode de vie jouent un rôle important.
En effet, les expositions aux polluants chimiques, aux pesticides, aux rayonnements ionisants, à la pollution de l’air, mais aussi au tabac et à l’alcool, influencent ce risque en modifiant l’ADN et en perturbant les hormones. Ce n’est donc pas uniquement l’agriculture souvent injustement pointée du doigt, mais une multitude de facteurs qui interagissent.
Le point positif de cette situation est que, contrairement aux facteurs génétiques, les facteurs environnementaux peuvent être réduits ou évités, même cette exposition toxique commence tôt dans nos vies. Elles concernent en outre différentes périodes sensibles de notre existence, telles que la grossesse, l’enfance et la puberté. C’est donc un enjeu de santé publique que de réduire ces expositions environnementales par des campagnes de sensibilisation d’envergure pour réduire le nombre de cas, réduire le nombre de traitements lourds et limiter l’impact sur l’économie et la sécurité sociale.
Par le dépôt de nos amendements, nous avons souhaité insister sur l’impératif d’une réduction des substances à la source, dès la fabrication et la mise sur le marché, conformément aux principaux enseignements des études disponibles.
Le caractère multiple, cumulatif et souvent invisible des expositions nuisibles pour l’être humain nécessitent des recherches scientifiques d’envergure. Cette situation invite également l’Europe à revoir les règles de traçabilité, à évaluer et renforcer lorsque cela est nécessaire ses normes relatives à l’exposition, aux composants, à la qualité du sol, de l’air et de l’eau.
Nous souhaitons que , dès la période pré conceptionnelle et durant la grossesse, une information complète et transparente soit de mise auprès des mères sur l’exposition aux substances nocives.
Cet accompagnement est à poursuivre à chaque étape du développement de l’enfant, de la petite enfance à l’adolescence.
La population dans son ensemble doit d’ailleurs faire l’objet de mesures préventives pour éviter l’exposition aux substances néfastes grâce à des informations accessibles au plus grand nombre et des directives pratiques, avec également une approche par groupe cible fondée sur une communication et un accompagnement spécifiques.
Les professionnels de santé de première ligne (médecins généralistes, infirmières, pharmaciens) ont également un rôle essentiel à jouer pour réduire l’impact d’une exposition globale aux substances nocives.
Les employeurs sont aussi des acteurs de premiers plans dans le cadre de la prévention environnementale, sachant que certaines professions exposent davantage le personnel à des substances nocives, que certains vivent dans des environnements plus pollués, et que d’autres disposent d’un accès plus limité à l’information et à la prévention.
Pour répondre à tous ces défis, nous soutenons le ministre fédéral de la Santé publique dans son projet de nouveau plan cancer interfédéral en cours d’élaboration. Ce plan dotera enfin notre pays d’une dimension conjointe avec les Régions avec une stratégie transversale claire et ambitieuse.
Chers Collègues,
Le cancer du sein ne touche pas que le corps des femmes principalement touchées. Il impacte leurs relations sociales, leur travail, leur santé mentale et leurs projets de vie . Je vous propose dès lors de profiter de cette journée pour marquer de notre soutien toutes ces femmes qui développent une grande résilience, qui trouvent un autre sens à leur vie malgré la maladie.
En l’honneur de toutes ces femmes , le sénat, invite le pays par cette résolution à faire de la prévention du cancer, notamment du cancer du sein, une grande cause nationale notamment grâce à la journée mondiale contre le cancer du 4 février, à celle du 19 octobre dédiée au cancer du sein, ainsi qu’au mois d’Octobre Rose pour rappeler, encore et encore, les conseils de prévention, de détection et de lutte contre la stigmatisation.
Je vous propose aujourd’hui de les applaudir comme il se doit.
Merci pour votre attention
Notre résolution sur le don d’organes approuvée à l’unanimité !
/dans Georges-Louis Bouchez, Gaëtan Van Goidsenhoven, ActualitésCe vendredi, lors d’une séance plénière en plein air, le Sénat a adopté à l’unanimité la résolution du groupe MR relative au don d’organes, défendue par les sénateurs Gaëtan Van Goidsenhoven, Viviane Teitelbaum et Stéphanie Thoron.
Cette résolution, issue d’un long travail en commission des affaires transversales et communautaires, formule 43 recommandations concrètes destinées au gouvernement fédéral et aux entités fédérées. L’objectif ? Mieux informer, sensibiliser et encourager le don d’organes en Belgique, afin de sauver davantage de vies.
Malgré un cadre légal fondé sur le consentement présumé, seuls 4 % des Belges sont enregistrés comme donneurs ; 1 500 personnes sont actuellement en attente d’un organe, et 77 sont décédées en 2024 faute de greffe à temps. Pour le MR, il est essentiel de rompre les tabous et d’engager une réflexion collective autour de ce geste de solidarité.
« Le Sénat a montré sa capacité à se rassembler autour d’un enjeu commun : sauver des vies et renforcer la confiance dans le don d’organes. Merci à tous les collègues pour ce travail collectif et constructif. » Stéphanie Thoron, sénatrice MR.
Découvrez ci-dessous l’intervention complète de Stéphanie Thoron, prononcée en séance plénière au nom du groupe MR.
Monsieur le Président,
Chers Collègues,
Le Sénat a encore une fois montré sa capacité à se rassembler autour d’une thématique qui concerne tous les citoyens de ce pays. C’est en effet à l’unanimité que la proposition de résolution relative aux dons d’organes que nous avons mise sur la table a été votée en commission des affaires transversales et communautaires.
Je tiens à remercier les collègues actifs dans cette commission pour les riches débats menés lors des auditions. En effet, la pertinence des interventions des personnes de terrain et la qualité des questions qui leur ont été posées, ont permis d’apporter une vrai-plus-value au texte initial avec le dépôt de 67 amendements par les différents groupes.
Ensemble, avec nos collaborateurs, nous avons abouti à pas moins de 43 recommandations concrètes à l’attention du gouvernement fédéral et des entités fédérées.
Ce sont 43 recommandations, pas nécessairement couteuses, qui encouragent le don d’organes au sein de la population, qui associent davantage les proches dans la démarche du don,
qui renforcent les équipes médicales et la recherche scientifique qui permettront d’assurer un meilleur encadrement de la phase post-transplantation, pour donner à la greffe un maximum de chances de réussite.
Le travail des services de la commission est également à souligner. Les rapports des auditions, la relecture des amendements déposés, la compilation des votes dans le tableau récapitulatif sont des atouts incontestables qui ont permis la réussite et l’aboutissement de notre travail parlementaire.
Le don d’organes, c’est encore aujourd’hui, à l’heure où nous parlons, des chiffres interpellants :
Seulement 4% de la population belge sont inscrits comme donneurs potentiels.
1500 personnes sont encore en attente d’un don dans notre pays cette année.
En 2024, 77 personnes sont mortes faute d’un organe reçu dans les temps.
Plus de 200.000 personnes ont expressément fait la démarche de refuser tout don de leurs organes dans notre pays.
Les personnes qui par contre expriment préalablement et formellement leur volonté de faire dons de leurs organes, enlève, on le sait, un poids pesant pour les familles. En effet, dans ce cas de figure, la décision vient de la personne directement concernée. Elle en prend dès lors l’entière responsabilité. Malgré cela, à l’heure actuelle, aucun médecin ne va légitimement à l’encontre de l’avis de la famille. De ce fait, ce sont 25% des donneurs potentiels qui sont perdus à cause d’ une opposition des proches. C’est beaucoup trop. Cette situation traduit l’indispensable accompagnement des familles puisque ces refus sont souvent liés à un contexte de décès brutal ou au temps trop bref nécessaire entre la mort et le prélèvement qui génère beaucoup de stress.
Il est donc essentiel de sensibiliser davantage la population à cette thématique pour augmenter les dons et ainsi répondre davantage à la demande.
Comment ? En tapant sur le clou encore et encore, grâce aux journées dédiées, par la diffusion à la télévision, en radio, sur les réseaux sociaux et dans la presse écrite, de témoignages de médecins et de patients au sujet de dons réussis.
Les communes ont un rôle à jouer à ce niveau. Un recensement sur un portail des politiques menées au niveau des pouvoirs locaux serait très utile, tout comme une sensibilisation des citoyens via leur bulletins communaux et site internet, tout comme par une formation des agents communaux des services population pour une action au quotidien et le jour des élections.
Dans le domaine médical, la nécessaire collaboration des médecins généralistes, souvent en première ligne, a été à plusieurs reprises soulevée. Elle pourrait être très efficace via la check list du dossier médical globalisé et par une meilleure communication à l’égard des familles.
Il est important aussi de reconnaitre la formation des infirmiers coordinateurs des transplantations, de renforcer la collaboration entre les hôpitaux et les équipes spécialisées dans la transplantation, tout comme de sensibiliser de manière ciblée les services d’urgence dans les hôpitaux.
Une attention particulière doit être portée sur les responsables religieux influants, les femmes et les populations allochtones, sachant que les caractéristiques des organes varient d’un sexe et d’un continent à l’autre.
Les écoles sont en outre des partenaires privilégiés pour informer les jeunes avec des supports percutants et adaptés à leur âge grâce à des moyens de communication modernes. A ce propos, les jours blancs notamment, constituent une excellente occasion de les impliquer.
Le secteur associatif actif en la matière est lui aussi un relais qui pourrait s’avérer très utile au SPF Santé publique.
La Belgique pourrait en outre développer sa collaboration avec les autres pays pour les dons croisés et développer les techniques de transplantations grâce à des programmes de recherche scientifique ambitieux et internationaux.
Autre aspect qui a retenu notre attention : le suivi post transplantation du patient pour en assurer la pleine réussite, tout comme une prévention en matière de santé publique qui joue également un rôle essentiel pour réduire le besoin d’organes. Bouger plus, manger mieux, ne pas fumer. Les campagnes sont en effet à renforcer là aussi.
Et enfin, sachant que le cout d’une transplantation varie entre 30.000 et 100.000 euros, nous sollicitons le KCE d’analyser la possibilité d’une prise en charge de certains examens complémentaires liés à l’âge avancé du patient, et d’un accompagnement multidisciplinaire, parce qu’une greffe est une épreuve qui peut s’adoucir si elle est accompagnée par un psychologue ou un kiné.
Chers collègues, le don d’organes, c’est un acte de solidarité et d’altruisme qui fait encore trop l’objet de tabous. C’est sauver des vies, réduire les listes d’attente, améliorer la qualité de vie des malades dans un cadre médical très strict et rassurant. Parce qu’un jour, n’importe qui d’entre nous pourrait avoir besoin d’une greffe : un ami, un proche ou soi-même.
Encourager et mieux encadrer le don, c’est se protéger collectivement. C’est cette dynamique transversale que le sénat a voulu insuffler et nous vous remercions de l’avoir soutenue avec nous.
Don d’organes : le Sénat adopte à l’unanimité la résolution du MR pour sauver davantage de vies
/dans Georges-Louis Bouchez, Gaëtan Van Goidsenhoven, Actualités.
Ce vendredi, la commission des matières transversales – compétences communautaire du Sénat a adopté, à l’unanimité, notre proposition de résolution visant à mieux informer et sensibiliser la population au don d’organes.
Un texte fort, initié par les sénateurs MR Gaëtan Van Goidsenhoven, Stéphanie Thoron et Viviane Teitelbaum, qui formule 43 recommandations concrètes pour encourager le don et sauver davantage de vies.
Aujourd’hui encore, les chiffres interpellent : seulement 4 % des Belges sont enregistrés comme donneurs potentiels, tandis que 1 500 personnes sont en attente d’une greffe. En 2024, 77 patients sont décédés faute d’un organe reçu à temps. Pourtant, en Belgique, la loi repose sur le principe du consentement présumé : chacun d’entre nous est considéré comme donneur, sauf en cas d’opposition formelle.
Dans les faits, 25 % des dons sont perdus parce que la famille s’y oppose, souvent faute d’une discussion préalable sur la volonté du défunt.
« Beaucoup de familles refusent encore le don d’organes, non par opposition de principe, mais parce qu’elles ignorent la volonté du proche disparu. Exprimer sa position est donc primordial », souligne Gaëtan Van Goidsenhoven. « Il s’agit d’un acte de responsabilité, qui soulage aussi la douleur des proches et renforce la solidarité ».
Notre résolution propose une série d’actions ciblées pour mieux informer les citoyens :
« Le don d’organes ne doit plus être un sujet tabou. C’est un geste profondément humain, porteur d’espoir et de vie », rappelle Stéphanie Thoron. « Pour sauver davantage de vies, il faut informer sans relâche, parler, témoigner et convaincre ».
Outre le don d’organes, la résolution insiste sur la prévention : bouger davantage, manger sainement, éviter le tabac… autant de comportements qui diminuent le risque nécessitant une transplantation. « Le don d’organes, c’est une double solidarité : entre celui qui donne et celui qui reçoit, mais aussi envers soi-même et la société tout entière », conclut Viviane Teitelbaum.
« Parce qu’un jour, chacun de nous peut être concerné, il est important d’agir collectivement ».
Par cette résolution, le MR réaffirme son engagement en faveur d’une société plus solidaire, où chaque don peut redonner la vie.
Anne-Charlotte d’Ursel : Approbation du rapport d’information sur la mobilité professionnelle
/dans Georges-Louis Bouchez, Gaëtan Van Goidsenhoven, Actualités.
Notre sénatrice Anne-Charlotte d’Ursel est intervenue pour notre rapport d’information sur la mobilité interrégionale des travailleurs et la coopération des services publics de l’emploi. Ce rapport met en lumière les disparités de chômage entre Flandre, Wallonie et Bruxelles, tout en alertant sur les pénuries de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs.
Elle souligne que pour relever ces défis, il faut miser sur la formation, la maîtrise des langues nationales et l’adaptation des transports. Les 60 recommandations proposent de rapprocher les politiques de formation, faciliter le permis de conduire et améliorer la coopération entre institutions régionales.
Le rapport a été approuvé aujourd’hui au Sénat.
Retrouvez son intervention complète ici :
Monsieur le Président, Chers Collègues,
Au nom de mon groupe, je prends la parole pour défendre mais aussi pour vous rappeler la genèse du « Rapport d’information visant à renforcer la mobilité interrégionale de l’emploi et la coopération entre les services publics de l’emploi ».
S’inscrivant dans la continuité des différents débats sur l’efficacité du marché du travail belge, ce rapport est né d’une demande du groupe MR en février dernier. Sous la conduite de trois co-rapporteurs MM. Diallo et De Roo ainsi que moi-même, la commission des matières transversales – compétences régionales – a auditionné experts, services publics, partenaires sociaux et représentants institutionnels de toutes les Régions de notre pays.
Ce travail de longue haleine, conduit pendant près d’un an, a permis de dresser un état des lieux circonstancié et partagé, aboutissant à l’élaboration de plus de 60 recommandations, fruit d’un dialogue constant et d’une volonté sincère de coopération.
Les nombreuses auditions menées nous ont permis dégager un diagnostic sous formes de constatations à l’aide de l’éclairage d’experts de divers horizons tant du monde académique que du tissu économique de notre pays. Permettez-moi de vous en présenter un condensé
Notre pays reste marqué par des écarts persistants de taux de chômage et d’activité, non seulement entre Régions, mais aussi au sein des bassins d’emploi : des zones urbaines touchées par le chômage sont parfois voisines de zones rurales relativement dynamiques, et l’on observe même, dans un même bassin, des poches où la précarité persiste.
Les derniers chiffres montrent que la Flandre demeure autour de 3,8% de chômage, la Wallonie à 7,5%, et Bruxelles à 11,9%, alors que le taux national est de 6,2%. Si le contraste régional est patent, on observe aussi des fractures internes à chaque entité, ainsi qu’une disparité entre l’offre et la demande locale de compétences.
Une autre réalité saute aux yeux : les pénuries de main-d’œuvre sont généralisées et frappent toutes les régions. Le chevauchement des métiers en tension atteint 61% entre Flandre et Wallonie : construction, industrie, santé, transports, logistique, ce sont les mêmes secteurs qui peinent à recruter de part et d’autre de la frontière linguistique. Or, cette pénurie sera exacerbée dans les années à venir en raison du vieillissement démographique, surtout en Flandre et en Wallonie, où l’on prévoit une vague de départs à la retraite d’ici 2030 dans les métiers techniques, une tendance qui fragilisera encore davantage l’offre de main-d’œuvre qualifiée.
Les auditions menées au sein de la commission ont confirmé que les profils des candidats wallons et bruxellois restent, pour nombre d’entre eux, insuffisamment qualifiés pour intégrer le marché du travail flamand. Ce dernier requiert dans 90% des cas non seulement des compétences techniques, mais surtout une bonne connaissance du néerlandais. Le manque de formation linguistique adaptée constitue dès lors une barrière majeure à la fluidité des parcours professionnels entre nos Régions.
Il est, selon les experts, illusoire de croire que la mobilité interrégionale serait motivée par un différentiel salarial : l’évolution des salaires reste globalement homogène entre Régions. C’est bien la structuration du marché de l’emploi – pénurie des profils adéquats, qualifications techniques, maîtrise des langues – et non l’attractivité des salaires qui façonne la faible mobilité entre bassins.
Les flux de navetteurs se maintiennent à des niveaux élevés, surtout de la Wallonie ou de Bruxelles vers la Flandre, mais leur part dans l’emploi global ne progresse pas. Ces flux, s’ils s’intensifient en nombre absolu depuis 2015, n’entraînent donc pas de reconfiguration majeure du marché de l’emploi ; la rigidité territoriale persiste. Ainsi, les navetteurs wallons sont principalement concentrés dans les couloirs frontaliers tels que Hal-Vilvorde, Courtrai, Louvain, et proviennent de Nivelles, Tournai, Mouscron, Liège – principalement dans l’industrie, le nettoyage, la logistique.
Les navetteurs bruxellois, quant à eux, sont surtout présents dans la périphérie nord (Vilvorde, Machelen, Zaventem), majoritairement dans des métiers de la logistique et du commerce nécessitant une qualification moindre mais un néerlandais opérationnel ; d’autres accèdent à des métiers dans les services administratifs, les professions libérales et l’industrie. On note, par ailleurs, que leurs profils diffèrent selon la destination : vers la Flandre, ils sont plus jeunes, moins qualifiés, parfois issus de l’immigration récente, tandis que vers la Wallonie, ils occupent des fonctions plus qualifiées et techniques.
L’attractivité extérieure de la Belgique évolue, notamment dans ses flux transfrontaliers liés à l’emploi : avec recul des mouvements vers l’Allemagne, mais une croissance très rapide des flux vers le Luxembourg, principalement encouragée par la fiscalité et la demande accrue de travailleurs qualifiés. Depuis la crise sanitaire, ce mouvement tend à ralentir, mais il reste structurant pour certains métiers et bassins d’emploi.
Il a également été souligné que la définition différenciée des métiers en pénurie d’une Région à l’autre demeure un obstacle majeur à la fluidité professionnelle, même si des convergences récentes ont été amorcées entre le Forem, le VDAB et Actiris. Les obstacles ne sont pas que culturels ou linguistiques ; ils sont aussi administratifs et institutionnels, du fait de l’éclatement des compétences et de la multiplication des dispositifs régionaux, qui complexifient indûment le parcours des personnes en situation de mobilité interrégionale.
Néanmoins, la Belgique n’est pas restée inactive : la coopération entre services publics de l’emploi s’incarne depuis près de vingt ans dans des accords interrégionaux concrets. Ceux-ci permettent l’échange d’offres, l’orientation, l’organisation de formations et de cours de langues, sans oublier l’accompagnement des demandeurs d’emploi qui, souvent, entreprennent des démarches transrégionales à leurs risques et périls dans un paysage institutionnel et administratif difficilement lisible. Plusieurs chapitres du rapport détaillent également les collaborations bilatérales intensives – dans certains cas pionnières – entre Services Publics Régionaux de l’Emploi issus de chacune des entités fédérées, pierre angulaire d’un modèle coopératif qui ne demande qu’à être renforcé.
En définitive, ce diagnostic approfondi met au jour un marché du travail belge morcelé où la mobilité reste freinée par des obstacles multiples – institutionnels, administratifs, territoriaux, linguistiques mais aussi socioculturels et informationnels.
Cette réalité doit guider nos choix politiques et inspire le panel étendu de recommandations élaborées par la commission, que je vais maintenant vous exposer.
Sur le plan de la gouvernance, il est essentiel de renouveler les accords de coopération entre les services publics régionaux de l’emploi, en y incluant des objectifs opérationnels concrets en matière de mobilité, de monitoring et de rapportage régulier aux parlements régionaux. Il convient également d’optimiser l’interopérabilité technique avec une meilleure fluidité dans l’échange des données entre plateformes, y compris les offres de stages, ce qui suppose la mise en place d’une base juridique claire pour l’échange des données personnelles liées à l’accompagnement et à la formation.
La création d’équipes interrégionales et de points de contact uniques le long de la frontière linguistique, inspirés des bassins d’emploi, est recommandée, tout comme le renforcement de Synerjob pour piloter collectivement la numérisation et coordonner des projets communs.
Le rapport invite aussi à s’inspirer du projet « Compétences sans frontières » pour bâtir des collaborations sectorielles transrégionales robustes, ainsi qu’à favoriser les partenariats entre services publics et acteurs de proximité, privés et sectoriels, afin de mieux relier formation et insertion professionnelle.
Concernant les métiers en pénurie, le rapport appelle à poursuivre le rapprochement des définitions entre FOREM, VDAB et Actiris, afin d’assurer une meilleure comparabilité et une lecture commune. Il préconise d’ouvrir les dispositifs de formation accessibles pour les métiers en tension, quel que soit le lieu de résidence des candidats, ainsi que de mieux aligner les politiques de formation sur les besoins territoriaux, grâce à un partage d’information dynamique et une cartographie précise des métiers critiques .
Sur le volet de la formation et des compétences, la mise en place d’un accord de coopération intercommunautaire et interrégional devra également permettre de faciliter les formations et stages interrégionaux. Le renforcement de la formation en alternance et de l’apprentissage en entreprise figure au premier plan, ainsi que la garantie d’un soutien linguistique en début de parcours.
Le rapport insuffle également la nécessité d’harmoniser l’accès aux stages interrégionaux pour tous les publics en formation et de reconnaître automatiquement les compétences acquises.
Les horaires de formation doivent être flexibilisés, notamment par des modules du soir, et l’investissement dans les compétences numériques, à travers des plateformes d’apprentissage à distance, est considéré comme prioritaire.
La reconnaissance des diplômes et compétences est un autre chantier majeur. Le rapport plaide pour une harmonisation des titres, certifications et formations entre Régions afin que leur validité soit reconnue sur tout le territoire. L’acquisition de compétences doit pouvoir être validée par des certificats et microcertifications reconnues, et des parcours conjoints de formation qualifiante, avec des passerelles ouvertes entre Régions et Communautés, devraient, selon nous, être mis en place.
Enfin, il est crucial de faciliter l’articulation entre opérateurs de formation régionaux tels que Syntra, ou encore l’IFAPME pour orienter efficacement les candidats.
La question des langues reçoit une attention particulière parmi ces recommandations. Le rapport appelle à stimuler l’apprentissage du néerlandais dès le plus jeune âge, ainsi que du français dans l’enseignement néerlandophone, en imposant l’apprentissage d’une deuxième langue nationale dans l’enseignement obligatoire. L’offre de formations linguistiques doit être intensifiée, incluant programmes d’immersion et coaching sur le lieu de travail. Des modules adaptés aux spécificités sectorielles doivent être développés, et les employeurs doivent être aidés à calibrer leurs exigences linguistiques au plus près des besoins réels.
Enfin, pour lever les obstacles matériels, le rapport insiste sur la nécessité d’un soutien concret à la mobilité : un accompagnement élargi pour l’obtention du permis de conduire B, inspiré des dispositifs Passeport Drive ou Mobil4Job, s’impose.
L’intégration et l’amélioration des transports publics sont également essentielles, comprenant la constitution d’un réseau cohérent, l’adaptation aux horaires atypiques, la mise en place d’un ticket unique et l’harmonisation tarifaire. Le développement des infrastructures dédiées, telles que parkings et desserte des bassins d’emploi en périphérie, est crucial. Pour cela, l’association des employeurs et la mutualisation des dispositifs de mobilité, comme le covoiturage ou les plans d’accès pour les industries isolées, doivent être encouragée.
Monsieur le Président, Chers collègues, je tiens à remercier, une fois encore, les co-rapporteurs, Messieurs Diallo et De Roo pour leur excellente collaboration. De plus, je tiens à rappeler que ce travail important et essentiel n’aurait pas pu être réalisé sans le concours des services du Sénat tant au sein de la commission que les services de traduction et d’interprétation. Je tiens à les remercier tout particulièrement.
Ces derniers mois de travail sur cette thématique se sont révélés des plus éclairants sur la situation de notre pays. J’appelle l’ensemble de mes collègues à soutenir l’adoption de ce document car il est le reflet d’un diagnostic partagé de l’état du marché par de nombreux experts issus de multiples horizons. Ce document, et tout particulièrement ses recommandations, donnera les moyens et les pistes nécessaires afin d’agir de manière solidaire et cohérente pour placer la mobilité professionnelle au cœur de toutes les politiques de développement économique et de relance afin d’en faire un véritable atout. Adopter ce rapport constitue également, pour notre groupe, le choix d’une Belgique du plein emploi et de la coopération institutionnelle plutôt que de la fragmentation et de la défiance.
Je vous remercie.