Des applis médicales en attente de remboursement

Le Sénateur et chef de groupe MR Gaëtan Van Goidsenhoven s’est inquiété auprès de la ministre De Block de l’actuelle absence de remboursement de nombre d’applications médicales mobiles, avec des conséquences sur les patients, les entreprises créatrices et la Sécurité sociale.

Des millions d’euros. C’est l’économie que permettraient de faire de nombreuses applications médicales mobiles… si elles étaient reconnues et donc remboursées par l’Inami. Une situation actuellement problématique que le chef de groupe MR au Sénat Gaëtan Van Goidsenhoven a mise en avant par le biais d’une question écrite adressée à Maggie De Block (Open VLD), la ministre des Affaires sociales, de la Santé publique, de l’Asile et de la Migration.

« Aujourd’hui, les applications sont développées par milliers à travers le monde, constate-t-il. Les avancées technologiques permettent désormais à quiconque d’utiliser ces applis médicales afin de bénéficier d’un accompagnement ou d’un diagnostic personnalisé. Il est notamment possible pour des patients ayant subi une intervention chirurgicale d’être accompagnés par des applis proposant des exercices adaptés de revalidation. »

Le Sénateur anderlechtois pointe également la possibilité pour les utilisateurs de mesurer de nombreux paramètres et de détecter plus rapidement d’éventuelles arythmies cardiaques ou insuffisances respiratoires. Le champ de ces nouvelles technologies est donc très large, comme le montrait déjà le rapport d’information du Sénat consacré à la santé mobile, dans lequel le Sénateur MR Jacques Brotchi s’était particulièrement investi.

Financièrement parlant, aussi, les avantages pourraient être manifestes. Nombres d’applis pourraient faire faire de substantielles économies à la Sécurité sociale ainsi qu’aux utilisateurs en évitant, par exemple, des déplacements vers les hôpitaux, des visites médicales… Sans parler du bien-être du personnel hospitalier, qui serait moins sollicité.

« En Belgique, toutefois, malgré la création d’un cadre légal organisant le contrôle en trois niveaux des applications (en vue de l’obtention de l’agrémentation et du remboursement du patient), il n’est toujours pas possible de se faire rembourser auprès de l’Inami, constate avec regret Gaëtan Van Goidsenhoven. Outre les coûts pour le patient qui utilise ces applis médicales, l’absence de remboursement est également préjudiciable pour les firmes qui les élaborent. Celles-ci sont aujourd’hui au nombre de treize sur le territoire belge. Vu l’absence de remboursement, elles se voient contraintes de se tourner vers les marchés étrangers. »

Et le chef de groupe MR de soumettre ses interrogations à la ministre.

« Pouvez-vous nous informer de l’évolution de la situation relative à l’organisation du remboursement des applications médicales au niveau de l’Inami ? Un calendrier précis a-t-il été adopté ? Quels sont les facteurs expliquant le blocage en cours concernant cette organisation du remboursement des applications médicales ?
Mettez-vous en place de quelconques solutions en vue de retenir les entreprises créatrices d’applications médicales qui s’intéressent de plus en plus aux marchés étrangers ?
 »

La réponse de la ministre est attendue théoriquement le 2 janvier au plus tard.