Comme de coutume, une année sur deux, le Sénat a accueilli la Fête du Roi le jeudi 15 novembre. L’occasion pour la Présidente Christine Defraigne de rendre hommage à l’action du Roi Albert Ier lors de la Première Guerre mondiale et, un siècle plus tard, à celle du Roi Philippe.
Chaque année, la Fête du Roi est célébrée au Parlement fédéral, avec une alternance entre la Chambre et le Sénat. Pour l’édition 2018, c’est ce dernier qui a accueilli l’événement.
La Présidente Christine Defraigne a, comme l’induit sa fonction, pris la parole en ce 15 novembre devant Albert II, la Princesse Astrid et son époux l’Archiduc Lorenz. Sans oublier plusieurs personnalités politiques comme Charles Michel, Didier Reynders, François Bellot, Daniel Bacquelaine, Françoise Schepmans, la cheffe de groupe MR au Sénat Anne Barzin ainsi que les sénateurs MR Jacques Brotchi et Olivier Destrebecq.
Avec, pour commencer, un retour en arrière d’un siècle et le souvenir du Roi Albert Ier et de son action durant la Première Guerre mondiale. Cela avant de souligner le rôle joué aujourd’hui par son arrière-petit-fils le Roi Philippe.
« Sire,
Madame,
Monseigneur,
Mijnheer de Voorzitter van de Kamer van volksvertegenwoordigers,
Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames et Messieurs,
Dames en heren,
J’ai l’honneur de vous souhaiter la bienvenue au Sénat. Selon une tradition désormais établie, le Parlement organise le quinze novembre la Fête du Roi. Cette année, elle est naturellement placée sous le signe du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.
En 1914, le Roi Albert 1er avait promis la victoire à ses soldats. Il leur avait dit : « Vous triompherez car vous êtes la force mise au service du droit. » Lorsque l’Armistice entra en vigueur le 11 novembre 1918, cette périlleuse mission était accomplie.
Tienduizenden zijn moedig gestorven in de strijd. Maar door hardnekkig te weigeren om het Belgisch leger te laten deelnemen aan de dodelijke massaoffensieven, heeft de Koning het leven van talloze soldaten gered.
Elf dagen na de wapenstilstand sprak de Koning hier, in dit parlement, de Verenigde Kamers toe. Het zou een historische toespraak worden die een nieuw België aankondigt, een België dat resoluut kiest voor meer democratie en sociale rechtvaardigheid
Mais, avant d’esquisser les contours de cette Belgique nouvelle, le Roi expliqua au Parlement la ligne politique qu’il avait suivie pendant les quatre années écoulées: « D’une part, remplir, en restant toujours dans le domaine du possible, la plénitude de nos obligations internationales et sauvegarder le prestige de la Nation, devoirs auxquels tout peuple qui veut être considéré veut rester fidèle ; d’autre part, ménager le sang de nos soldats, assurer leur bien-être matériel et moral, alléger leurs souffrances. »
Quant à la Reine Élisabeth, elle s’est révélée l’organisatrice infatigable des hôpitaux du front.
Cet humanisme dans la conduite des affaires de l’État, Nos Souverains l’ont forgé il y a un siècle, dans les circonstances les plus tragiques. Depuis lors, la Famille royale n’a cessé de le promouvoir vigoureusement.
Il y a quelques mois, le Roi Philippe s’est exprimé devant l’Assemblée générale à New York. Le Roi a rappelé que notre territoire avait été jadis ravagé par des conflits armés majeurs, et servi longtemps de champ de bataille pour les grandes puissances. Ce passé douloureux a engagé la Belgique dans le processus de construction européenne et dans l’édification de l’ONU, « deux projets de paix durable fondés sur le dialogue, la solidarité et le respect d’autrui ». Le Roi y ajoutait que la paix durable à laquelle nous continuons à aspirer, outre l’absence de guerre ou la création d’institutions, c’est la mise en place d’un cadre respectueux de la dignité humaine.
In januari 2016 werd Koningin Mathilde benoemd tot pleitbezorger van de Duurzame Ontwikkelingsdoelstellingen van de Verenigde Naties. Dat was een internationale erkenning voor haar eigen rol, en die van ons land, in de strijd tegen armoede, onrecht en de gevolgen van de klimaatverandering. In die hoedanigheid heeft de Koningin onlangs een toespraak gehouden in New York, tijdens een conferentie over kinderen in gewapende conflicten. Zij heeft er een briljant pleidooi gehouden voor de re-integratie van kindsoldaten.
De geschiedenis leert ons dat vrede nooit definitief verworven is. Aan vrede moet onophoudelijk worden gewerkt. Op 22 maart 2016 teisterden aanslagen opnieuw ons land, met drieëndertig doden en honderden gewonden tot gevolg. Een jaar later wijdde de Koning een monument in ter ere van alle slachtoffers van terrorisme. Hij greep deze gelegenheid aan om ieder van ons aan te sporen om bij te dragen tot een menselijkere en rechtvaardigere maatschappij, en om te durven teder te zijn voor elkaar.
Je voudrais rendre un hommage particulier aussi aux membres des forces de l’ordre blessés cette année en service commandé : à Grand-Bigard le 19 janvier, à Bruxelles le 17 septembre, à Saint-Trond le 12 octobre, à Jalhay deux jours plus tard, et aux policières liégeoises Lucile Garcia et Soraya Belkacemi, tombées le 29 mai.
Lorsqu’il apprit le meurtre de l’inspecteur principal Amaury Delrez dans la nuit du 26 août, le Roi se rendit immédiatement au commissariat de Spa. Il y réconforta les collègues et amis de la victime de manière très émouvante.
Comme le Roi Albert 1er était autrefois présent aux côtés de ses soldats, le Roi Philippe est aujourd’hui attentif au travail de nos policiers et militaires.
Mesdames et Messieurs, j’aimerais évoquer ici une initiative du Sénat à l’occasion de la commémoration de la fin de la Première Guerre mondiale. Jeudi prochain, le Roi Philippe inaugurera au Sénat une exposition interactive, dont la pièce maîtresse est la tapisserie Le retour victorieux du Roi Albert à Bruxelles. Elle figure mille scènes autour du Souverain à cheval, devant le Palais de la Nation. C’est une œuvre de la Manufacture Gaspard De Wit à Malines. Son carton est dû à l’artiste symboliste montois Anto-Carte. Je vous invite à découvrir cette exposition aujourd’hui, en avant-première. »

77.000 germanophones

Des festivités qui, depuis 1990, coïncident avec la Fête de la Communauté germanophone. Ce que Christine Defraigne n’a pas oublié. Elle qui a salué les quelque 77.000 habitants de cette partie du Royaume au travers d’une partie de son discours.
« Dames en heren, aangezien 15 november ook de feestdag is van de Duitstalige Gemeenschap, breng ik een warme groet aan onze medeburgers uit Ostbelgien, a-t-elle rappelé. Na de Eerste Wereldoorlog heeft België een Duitstalige bevolking verwelkomd. De autonome instellingen van de Duitstalige Gemeenschap staan nu ten dienste van haar 77.000 inwoners. Ons land mag er trots op zijn, ten aanzien van de hele wereld en van de Geschiedenis. »
Pour conclure, Christine Defraigne a cité l’écrivain Herbert George Wells (La guerre des mondes, la machine à explorer le temps…) ainsi que le philosophe néerlandais Baruch Spinoza.
« Le Britannique H. G. Wells a appelé la Première Guerre mondiale  »la guerre pour mettre fin à la guerre ». Même pendant la Première Guerre Mondiale, l’expression a rencontré un certain degré de scepticisme ; le politicien Britannique David Lloyd George est d’ailleurs réputé avoir dit que  »Cette guerre, comme la prochaine guerre, est une guerre pour mettre fin à la guerre ».
Maar toch leeft in ieder mens altijd dat geloof in een duurzame vrede. De grote Nederlandse filosoof Baruch Spinoza schonk ons wellicht één van de mooiste definities van de vrede:
 »rede is niet de afwezigheid van oorlog. Het is een deugd, een geestesgesteldheid, het is de dispositie voor goede daden, vertrouwen en recht. » »