La vaccination, un geste individuel et collectif essentiel !

Le Groupe MR du Sénat a déposé une proposition de résolution demandant notamment de mieux informer et de sensibiliser la population sur l’utilité de la vaccination mais aussi d’analyser l’opportunité d’une révision des vaccins obligatoires.

Enjeu majeur de santé publique par excellence, la vaccination se trouve au centre de la proposition de résolution que le Groupe MR a déposée et qui a été prise en considération lors de la séance plénière du 14 février.

L’objectif de ce texte ? Rappeler que la vaccination est un geste individuel et collectif essentiel dans une communauté mais aussi remobiliser le monde politique sur ce sujet afin d’in fine, ouvrir le débat sur les moyens destinés à augmenter le taux de couverture dans la population. Celui-ci est en effet largement perfectible et tend à diminuer avec l’âge.

Les causes de ce phénomène sont de divers ordres. L’ignorance de certains parents, le manque d’information, les craintes quant à la composition des vaccins, l’oublis des rappels, la perte de confiance en la médecine… voire même la connivence de certains professionnels de la santé.

14% des Belges trouvaient les vaccins risqués

« Paradoxalement, on pourrait affirmer que c’est l’efficacité de vaccination qui est la cause de tous ces maux, pointe la proposition de résolution. En effet, la plupart des maladies potentiellement mortelles telles que la rougeole, la coqueluche, la diphtérie ou le tétanos semblent appartenir à un lointain passé dans notre imaginaire collectif. S’il est scientifiquement prouvé que la mise sur le marché des vaccins à contribué à leur disparition, le lien de causalité n’apparaît aujourd’hui plus clairement, laissant place à une certaine insouciance. »

Dans les chiffres, une étude de l’Unicef publiée en avril 2019 déclarait que 14% des Belges trouvaient les vaccins risqués. Un pourcentage qui montait même à 41% en France, quelques mois après que le gouvernement de l’Hexagone ait décidé de rendre obligatoire onze vaccins pour les moins de deux ans.

A titre de comparaison, en Belgique, seul le vaccin contre la poliomyélite est légalement obligatoire. D’autres sont toutefois fortement recommandés voire obligatoires dans des circonstances bien précises : pour les 0-3 ans qui fréquentent les milieux d’accueil agréés par l’ONE (par exemple) ou encore pour les travailleurs qui exercent divers métiers les exposant à un risque accru de contracter ou transmettre une maladie.

Une baisse de la couverture vaccinale n’est malheureusement pas sans conséquence. On observe, par exemple, une résurgence de la rougeole depuis quelques années dans le Royaume. Quelque 400 cas ont d’ailleurs été enregistrés en 2019. Sans parler de la recrudescence de la coqueluche ou de la tuberculose ou encore du taux de vaccination pour la grippe saisonnière (une maladie à l’origine de plus de 3.000 décès chaque année en Belgique).

Les six demandes du MR

C’est conscient de toutes ces réalités que le Groupe MR du Sénat a, par l’entremise des signatures de Gaëtan Van Goidsenhoven, Sabine Laruelle, Véronique Durenne, Philippe Dodrimont, Georges-Louis Bouchez et Alexander Miesen déposé sa proposition de résolution (également soutenue par le groupe Open VLD).

Un texte qui met en avant six grandes demandes adressées aux différents gouvernements concernés par la problématique :
1- Relancer une campagne d’information, de sensibilisation et de lutte contre les fake news à l’attention du grand public et des personnes à risque quant à la nécessité, l’efficacité et la composition des vaccins.
2- S’il existe des raisons sérieuses qui impliqueraient une extension de l’obligation de vaccination (comme une baisse du taux de couverture par la vaccination volontaire dans certains sous-groupes de la population ou des indications réelles d’une épidémie grave), prendre les initiatives nécessaires, après avis du Conseil supérieur de la santé, qui conduisent à une extension de la vaccination obligatoire.
3- Mieux préparer, dans leur formation comme dans leur travail au quotidien, les professionnels de la santé afin qu’ils puissent répondre adéquatement aux questionnements des parents.
4- Développer un carnet médical en ligne permettant un meilleur suivi vaccinal des enfants et des adultes.
5- Analyser la possibilité de collaborer avec les pharmaciens pour la vaccination contre la grippe saisonnière via le développement de projets pilotes.
6- Aider les pays en développement à améliorer leur couverture vaccinale.
Reste désormais à attendre que cette proposition de résolution aboutisse en commission et que les Sénateurs puissent travailler dessus.